Les Nouveaux Héros D'Elendra

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 Harmonie. Naissance de Shadeas

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Shadeas

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MessageSujet: Harmonie. Naissance de Shadeas   Ven 15 Avr - 17:31

Si, je puis me permettre, accompagnez votre lecture de musique New Age. Durant mon écriture, j'aime particulièrement écouter du Era (Era - The Mass ou Era - classics)

C'est au fin fond des galeries souterraines de l'Outreterre que se déroule mon histoire. Histoire empreinte de sang et tristesse. A l'image de nombreux drow, ma vie fut teintée de rouge et de noir, du sang et des ténèbres.

Prologue.

A l'aube du monde, alors que le Lorndor n'existait pas encore, que l'Alliance et la Horde ne comptaient pas encore leurs morts, et que les dieux influençaient le Destin de chaque Héros, des elfes furent corrompus par la sainte déesse Araignée Lloth. Leurs cœurs furent obscurcis par la Haine et le désir de Mort.


Lloth fut bannie du royaume des dieux pour son atteinte à l'équilibre du Monde. Les autres dieux firent la totalité de ce qui était en leur pouvoir pour réguler le déséquilibre. Mais la graine avait été semé. La déesse déchue emmena ses elfes chaotiques à l'abri, sous terre, dans les galeries de l'Outreterre et scella l'unique entrée. Le contact avec la déesse Araignée, le royaume exigüe des galeries, les ténèbres omniprésentes en firent des drows, des "ilythiiri". Leur peau s’assombrit, leurs yeux s'accoutumèrent à l'obscurité, leurs sens se développèrent de façon inouïe...
Le peuple drow se multiplia, puis ils fondirent une société matriarcale, alors que Lloth repartait au royaume des dieux, son bannissement de mille ans étant terminé. Cette société était cruelle et dirigée d'une main de fer par une hiérarchie implacable.

Un jour, des galeries naines débouchèrent sur le royaume de l'Outreterre. D'abord stupéfaits, ces nains furent attirés par toutes les richesses possédés par les drows, accumulées durant leur séjour sous-terre, puis des pactes furent signés entre les deux peuples, quelques points communs ayant été trouvés. Mais la cupidité des nains et le machiavélisme des drows compromirent les pactes, et dans les galeries, les carnages se multiplièrent, les nains se défendirent, mais leur sang coula. Les nains furent exterminés, un véritable génocide.
Plusieurs centaines de guerriers drows, mâles et femelles allèrent même dans les galeries propres aux nains, où quelques réfugiés du génocide se terraient. Les drows tuèrent jusqu'à la moindre petite résistance. Alors qu'ils allèrent retourner dans leur royaume, les nains, dans un dernier baroud d'honneur firent sauter la jonction entre les deux royaumes.

Le peuple drow fut alors scindé en deux, sans aucun moyen de communication. Ceux de l'intérieur au fil des années oublièrent les anciens guerriers, leurs actions contre les nains furent juste consignés dans des livres puis rangés dans la Bibliothèque ilythiiri.
Ceux de l'extérieur, eux, parcoururent les galeries souterraines, ébahis de la taille monumentale de ces sous-sols. Ils finirent par déboucher sur un grand escalier, majestueux. De par leur curiosité et de leur avidité de découvertes, ils l'empruntèrent.
Ils débouchèrent sur les flancs d'une montagne aux neiges éternelles. Le Dehors. La légende devint réalité.


Les drows se dispersèrent par petits groupes, ou par Familles, s'intégrant dans la masse. Le Monde était devenu le Lorndor, un monde en guerre, quelques illuminés, quelques extrémistes, beaucoup d'attentistes et une foule de guerriers ou de magiciens en quête de gloire. Les drows vivaient reclus, au fil des générations, les gros groupes furent refoulés des terres fertiles. Chacun du s'isoler pour survivre, volant, tuant dans l'Ombre. Les drows étaient devenus des assassins, des voleurs de la pires espèces. Certains intégrèrent ou fondèrent des sectes, d'autres des groupes extrémistes.

1. Naissance

Ce fut un soir de brume, sans lune ni étoile. Un elfe noir du nom de Szordynh guettait sa proie. Une elfe. D'une grande beauté, des cheveux d'ébène encadraient un visage pâle aux grands yeux violets. Avec comme unique arme un arc, elle chevauchait une belle jument musclée. Le drow s'était fondu dans le décor, dans les fougères et les hautes herbes. La cavalière n'allait pas tarder à passer devant lui...
Il dégaina son arme, un sabre recourbé, et attendit, parfaitement immobile et silencieux, comme une araignée tissant sa toile. La jument passa devant lui.
Il bondit sur sa cible, d'une main experte, il trancha les tendons et les ligaments de la monture, et d'un coup d'épaule désarçonna s'elfe qui tomba sur une pierre et sombra dans l'inconscience.
Lorsque des villageois la retrouvèrent, elle était nue, à côté de sa jument éventrée.
Neuf mois plus tard, je naissais. Ma mère, du doux nom de Lhaliûnnh, me rejeta, tel le monstre que j'étais. Un elfe à la peau aussi noire que la nuit et au cœur teinté de ténèbres.

Jusqu'à l'âge de mes dix dans, on faisait des efforts pour m'intégrer, tentant de me faire devenir un elfe comme les autres. Mais au fond de moi, je savais que j'étais différent, mes camarades chuchotaient en me regardant en coin. D'autres me montraient du doigt ou encore me jetaient des pierres... Je du cacher mes émotions, mes sentiments, comment auraient-ils pu comprendre ? Ce n'étaient que des enfants, inconscients de leurs actes et de la souffrance qu'ils infligeaient. Puis vint le jour où je jouais sans vraiment m'amuser avec une camarade humaine.

Je méprisais son innocence et haïssais son immaturité. Je la fis malencontreusement chuter dans un trou, où elle se brisa les chevilles. Le cri qu'elle poussa me fit sourire. Je l'aidai à remonter, et la déposait au sol. Je la vit gémir et pleurer comme l'enfant qu'elle était, clouée à terre par ses chevilles cassées. Je la regardai avec candeur. Les humains étaient-ils aussi faible que cela ?

Je m'emparais d'une pierre et lui jeta sur le visage. Son nez éclata dans une gerbe de sang. Un rire névrosé jailli de ma bouche. Je pris une ronce et lui lacéra le visage. Plus elle hurlait, plus mon rire dément s'intensifiait. Puis, lassé que son visage soit aussi déformé, je brisai lentement chacun de ses membres, très lentement chacun de ses doigts, riant à chaque fois du bruit provoqué et du cri de douleur juste derrière...
Le corps mutilé n'était plus agité que de soubresaut, accroché à la vie. Je posais mes mains tranquillement sur sa bouche et sur son nez. Et attendis que son cerveau ne soit plus irrigué.

Lorsque que le corps de la jeune fille fut retrouvé, le village fit immédiatement la corrélation avec le sang qui entachait mes vêtements et mes mains. La peine de Mort par pendaison fut annoncée le lendemain à l'aurore. Cette fin ne me faisait pas peur, au contraire. Elle me délivrait de tous les regards haineux qu'on me lançait, des insultes prononcées à mon égard.
Cependant, enfermé dans ma cellule, mes pensées dérivèrent vers mon père. Pourquoi m'avait-il abandonné ? Pourquoi m'avait-il créé ? Savait-il au moins que j’existais ? M'aurait-il protégé de tous ces villageois ?... Les larmes me vinrent aux yeux. Si seul... Depuis ma naissance, la solitude avait été ma meilleure amie, celle qui écoutait mon désespoir, la tristesse de mon existence. Je lui avais confié toute la rancœur que j'éprouvais. La Lune et les étoiles, elles seules étaient en harmonie avec moi.
Témoins muettes de ma vie, elles savaient tout.


Dernière édition par Shadeas le Mer 7 Sep - 5:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Harmonie. Naissance de Shadeas   Lun 18 Avr - 1:52

Si, je puis me permettre, accompagnez votre lecture de musique New Age. Durant mon écriture, j'aime particulièrement écouter du Era (Era - The Mass ou Era - classics)

Des centaines d'yeux globuleux étaient fixés sur moi. Tous avides des mots que je prononcerais, ou que je ne prononcerais pas. Les humains n'étaient que des voyeurs gobant sans relâche chaque ragot ou nouvelle qui feront ricaner leur mâchoire pendant plusieurs mois. La lassitude m’envahit malgré mon très jeune âge, mais comment ces miséreux auraient-ils pu comprendre ? Mes pensées et ma réflexion fleurissaient différemment de celles des simples mortels.
Je n'avais que dix ans.
Mais j'allais mourir.
Quelques gamins dans les jupons de leurs mères me lançaient des regards larmoyants. Crainte ? Fascination ? Un mélange des deux sans doute, ils n'étaient sous doute pas habitués à ce que quelqu'un de leur âge torture jusqu'à la Mort l'une d'entre eux.

Je balayais la populace des yeux, n'y quêtant rien, juste pour m’écœurer un peu plus de ces gens plus hypocrites les uns que les autres. Je croisai les yeux de ma mère. Des grands yeux violets, dont j'avais hérité, mais qui n'apparaissaient seulement que dans mes moments de tendresse. Je vis alors dans ses prunelles de l'amour. L'Amour d'une mère pour son enfant. Une larme perla du coin de ses yeux. Jamais encore de toute ma petite existence je ne l'avais vu me regarder comme ça et pleurer pour moi. Maman m'aimait.
Une boule me monta dans la gorge. Maman me pardonnait de n'être qu'un monstre, d'être différent des autres enfants. J'étais le fruit de ses entrailles, et qui que soit mon père, une partie de moi était d'elle.

Mes lèvres tremblèrent tandis qu'un nœud broyait mon petit ventre. Je n'avais que dix ans. Et j'allais mourir. Cette idée me rongea l'esprit. Je ne voulais plus quitter ce monde. Je voulais courir faire un câlin à maman et lui dire que je l'aimais.
Des bras me soulevèrent et me posèrent sur un tonneau. Et on passa une corde autour de mon frêle cou. De petites larmes commencèrent à couler sur mes joues. Le Destin existait t-il ? Étais-je prédestiné à souffrir au bout d'une corde de longues minutes, avant que mes poumons ne me brûlent et que mon cerveau ne soit plus oxygéné ?
Un homme en aube rouge vint vers moi, en psalmodiant entre ses lèvres. Il dirigea vers moi une icône. Qu'étais-je censé faire ? On me demanda si je voulais me repentir avant d'aller aux Enfers. Pourquoi ? Quel intérêt ? Une icône était-elle vraiment représentative des Enfers ? Pouvait-on s'y confier ? Ou n'était-ce qu'une illusion ? Un rite, une superstition humaine ?
Je ravalais mes larmes et détournais les yeux de cette image.

Un officiel se plaça à côté de moi et déclama à la foule, en grandes pompes, mes actes de barbarie, mon cœur obscurci et mon âme teintée de ténèbres.

J'entonnais un petit chant, seul plaisir laissé au condamné avant de rejoindre le pays des morts...

Parce que la Mort n'est rien
Parce que votre destin en est écrit
Ainsi va le monde car tout est fini
Ainsi est la Mort car tout est sien...

Certains la sentent d'autre non
Alors que la Mort n'a pas d'odeur
Elle n'a qu'une description, qu'un nom
La mort, fin de vie, la votre, la mienne, la leur...

Pourquoi tant de rage et de haine?
Alors que Thanatos, l'ombre s'approche
Pourfendant l'air, l'eau et la roche
Ma mort est sur sa liste prochaine...

Je n'ai que dix ans, mais je vais mourir,
Triste monde, ma petite vie, je vais finir.


Ma voix teintée de mélancolie et de tristesse s'échappait avec difficulté de ma gorge. Comment chanter juste quand vous savez que vous allez mourir ?...
Le dernier phonème mourut sur mes lèvres.

Ce fut alors le Chaos. Quelqu'un avait hurlé. Et courrait vers le bourreau.
C'était ma mère.
Elle dégaina un petit couteau, qu'elle projeta sur la corde, la tranchant net. Un murmure parcouru la foule, ce n'était pas la première fois que quelqu'un craquait.
Trois flèches fusèrent et se plantèrent profondément dans le cœur de ma mère. Le bourreau et l'officiel, eux, tentaient de calmer la foule, habituée à ce manège.
Ma mère me regarda une dernière fois, avec une tendresse infinie, avant de tomber dans l'abime irréversible de la Mort.
Maman était morte.
Ce fut alors que des bras me tirèrent en arrière.


2. Maturité

Plus rapide. Plus fort. Plus agile. Autonomie, persévérance, puissance. C'était les maîtres mots de la guilde à laquelle j'appartenais. Huit ans étaient passés depuis la mort de ma mère. Des gens m'ont raconté qu'elle avait comploté ma fuite, sachant qu'elle n'arriverait à rien seule, elle avait contacté des individus capables de m'aider à m'échapper. Elle savait qu'elle mourrait.
Le Chaos. Ma vie ne perdure que grâce à lui, et j'ai décidé d'y consacrer toutes mes forces. De ceux qui composaient la guilde s'y retrouvaient une majorité d'humains, quelques elfes et nains. Et une elfe noire, Lynnhwë.
Ne faisons pas d'amalgame entre le Chaos et l'Anarchie. Le Chaos est un sentiment pur, digne d'être prôné, et on n'y prend gout qu'en le touchant du doigt.
Pas de domination.
Pas de soumission.
Liberté. Mais seule la guerre pouvait mener au Chaos éternel. Je m'y étais plongé complètement.
Entre Lynnhwë et moi, c'était un sentiment étrange, plus que la meilleure amitié, plus que le sentiment amoureux. Nous étions devenus complémentaires. Nous avions le même âge et étions rentrés dans la guilde à quelques jours d'écarts. Un duo fusionnel, une moitié pour une moitié. Harmonie. La Lune et les étoiles me regardaient, témoins muettes de ma vie.
Pendant huit ans je vécu heureux, auprès de ma moitié. Un beau jour, elle m'annonça qu'elle était enceinte de plusieurs mois . J'avais fondé une famille, c'en était dur à croire. Je me voyais encore petit enfant, la corde au cou, pleurant ma mère... J'en avais hurlé de joie.

Aujourd'hui, j'en hurle de douleur. Au cour d'une mission, un commando allianceux avait égorgé Lynnhwë, et par delà elle, notre enfant, encore dans son ventre.



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MessageSujet: Re: Harmonie. Naissance de Shadeas   Lun 13 Juin - 12:25

Je vécu dans la solitude la plus extrême durant des décennies, ombre parmi les ombres. Errant telle une âme en peine. On me regardait du coin des yeux, se demandant quelle tristesse pouvait être aussi immense pour annihiler ainsi l'esprit d'un drow. Quelques uns avaient eu vent de Lynnhwë, et me lançaient quelques mots d'encouragement. Mais je n'entendais plus rien, hormis Dame la Mort qui me murmurait de douces phrases au creux de l'oreille et qui m'attirait doucement dans ses bras glacés.

La guilde prit peur de ma présence en leur sein. Pourtant habituée à côtoyer de nombreux meurtriers et assassins, j'avais une aura terrifiante et mon regard provoquait un malaise certain à ceux qui le croisait. On y lisait autant de souffrance que de haine à l'état brut. Sans explication, on m'envoya en mission à l'autre bout du pays, pour m'éloigner de leur place centrale.

Il apparut que des frères me croisèrent durant mon voyage, mais hormis quelques points commun du à notre sang, ils étaient complètement différent de moi. L'esprit vicié et vicieux, ils ne connaissaient ni l'Amour ni la souffrance de perdre des êtres chers. Ils ne se battaient que pour eux, sans cause. Même la notion de Chaos leur était inconnu.
Je continuais mon chemin vers l'ouest, là où le soleil se couche. Nombre de brigands de grands chemins et d'assassins tentèrent de me tuer. Ma route fut teintée de rouge, et ce, pour le plus grand bonheur des corbeaux. J'étais encore seul. je commençais à m'y accoutumer, comment aurais-je pu faire autrement ?
Ma mission était d'espionner une nouvelle milice de paix humaine de grande ampleur qui murissait entre plusieurs villes voisines.
Observer.
Analyser.
Fissurer.
Annihiler.
Tel était ne cheminement inexorable de la guilde du Chaos. Anéantir toute forme de paix et d'autorité pour qu'il n'y ai ni soumission ni domination. Harmonie.
Me coulant dans la nuit, mes lames frappèrent à plusieurs reprises. Les têtes pensantes de la milice roulèrent à terre.
De la poix fut déversée de ma main tout autour de la caserne. Une torche. Un brasier. Immense. Plus de trois cents corps brulèrent dans ces flammes dignes des Enfers. Un rictus tordit mon visage. Pourquoi ne comprenaient-ils pas que seul le Chaos, et l'harmonie issue de ce Chaos pouvait les sauver ? Puis je reçu une lettre de la guilde. On me demandait de ne plus revenir. Il paraitrait que pendant mon acte, désormais qualifié de "terroriste", des individus aient vu mon visage, ce qui est contraire au Code de la guilde.
Le Code. Des chaotiques à mon image qui me dictent des ordres.
Des autorités.
La lassitude m'envahit. Ainsi même la guilde succombait au Jeu de la bureaucratie et des têtes biens pensantes, à l'inverse même des principes dictés par le Chaos... Comment pourraient-ils le diffuser si même le cœur de la guilde était pourrit par l'Ordre ? Était-ce le Destin du Chaos de faillir ?
Tous pour ce dont je me serais battu n'aurait donc mené à rien...
La lassitude fit place à une colère sans borne.
Un hurlement intérieur fit bouillonner mon sang. Un cri irréel fit trembler la bâtisse, où dans les fondations, je m'étais dissimulé.
Jamais. Jamais. Jamais. Je me mis à courir. Plus vite que le vent, plus vite que l'orage, plus vite que le temps qui passe. La guilde du Chaos avait chuté, mais comment ? Étaient-ils tous morts ?L'Ordre avait-il fini par corrompre le cœur de nos vils chaotique ?
Nous étions nous entretués ? Ce risque n'était pas à prendre à la légère, tous avaient le sang chaud, et seul un objectif nous maintenait unis.

En quelques heures, j'étais revenu à la capitale, ramollie par un ordre désormais bien en place. Un rictus de dégoût voila mon visage.
Une porte explosa sous mes coups. Une des multiples entrées de la guilde se révéla à mes yeux.

Mon souffle me manqua pendant quelques secondes. Je n'étais partis que durant quelques semaines. Mais durant ce laps de temps, ces lieux autrefois bouillonnant d'activités, de lames tirées, de murmures inaudibles, de voleurs et d'assassins étaient devenus une place où régnait...L'Ordre. Tous étaient avachis dans des coussins ; des tonneaux de bières et des plats couteux à portés de main. Je reconnu un ancien ami - bien qu'ami soit un mot trop fort - postillonnant des morceaux de poulet en rigolant grassement aux invectives que lui lançait un nain vautré dans une flaque de bière et de pisse.
Le silence arriva progressivement quand me vit, moi, l'unique drow de cette guilde dans l'encadrement de la porte éclatée. On me somma de dégager immédiatement. Des gnomes - désormais acceptés en ces lieux - me hurlèrent de leur petites voix pré-pubères de partir de cet endroit où je n'étais plus le bienvenu depuis longtemps.
Leurs phrases finies, des dagues, cachées dans les repris de mes vêtements, volèrent de mes mains expertes qui allèrent trancher leurs visages. Des monceaux de fragments d'os et de cerveaux tombèrent sur le sol.
Un silence s'installa.
Pesant.
Total.
Je crachai sur les cadavres et sorti.
La guilde du Chaos n'était plus.
Les étoiles et la Lune me regardèrent. Témoins muettes de ma vie, elles savaient tout.



3. Drow tu es né, drow tu seras


Dernière édition par Shadeas le Mer 7 Sep - 5:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Harmonie. Naissance de Shadeas   Mer 7 Sep - 5:01

Le vent souffla fort cette nuit là. J'aimais beaucoup ces brises rafraichissantes, qui balayent toutes mauvaises idées. Assis sur le toit du temple, adossé contre le clocher à la peinture défraichie, je pensais. C'est étrange cette notion de penser, ce sont juste les neurones qui interagissent entre eux et projettent des images et des mots dans nos têtes, Et pourtant.... Je caressai machinalement le métal de mon couple d'épées. Elles étaient si parfaites, si tranchantes. Même les idéologies leurs succombaient.
Que faire ? J'étais à nouveau seul. Mon père, ma mère, ma femme, mon enfant, mes compagnons, mes connaissances. Tous étaient morts ou avaient du disparaitre de mon âme. Si seul.

Je regardai les étoiles et le fin croissant de Lune quand l'un des astres clignota subitement, comme s'il me faisait un clin d’œil... Je me relevai d'un bond, et alors que mes idées se remettaient en place, un cri d'horreur jailli du sol.
Un homme en habits religieux était tombé à plat ventre sur le sol et agitait fébrilement un talisman en direction du temple sur lequel j'étais.
Après le sentiment de solitude vint le sentiment de lassitude. Je bondis juste devant lui, le faisant sursauter de terreur. Il leva lentement vers moi des yeux implorant. Il me supplia de l'épargner, il m'avoua sa peur de la Mort. Il me débectait. Si faible... Mon pied le cueillit au niveau du nez, qui se brisa sous l'impact dans un arc de sang. Un cri strident s'échappa de sa gorge. Il tenta de ramper pour survivre, s'éloigner de moi, quitter le démon que j'étais au plus vite. Ses pensée s’arrêtèrent instantanément quand mes épées lui tranchèrent la tête au niveau des yeux. Je brisai le talisman sous mon talon. Seule la Sainte déesse Llolth méritait d'être vénérée.

Je revins contempler l'intérieur du temple dans lequel j'étais passé quelques heures auparavant. Sous les clefs de voutes, étaient pendus des centaines de corps, écorchés et étripés. J'avais rassasié Llolth. Un rire candide sortit de ma gorge. Que les gens sont stupides ! Si crédules ! Si inutiles ! Leurs idées étaient si stériles...
Je commençai à repartir quand je me mis soudain à suffoquer, à cracher, à chercher de l'air. Mes poumons me brûlaient, que se passait-il ? Une main invisible commença à me broyer le cœur et à me tordre les poumons. Les larmes me montèrent aux yeux, je m’écroulai sur le sol, des points noirs apparaissant devant mes yeux, mourir comme ça ? Juste après avoir fait un sacrifice pour ma Sainte Déesse ? Par pitié, non... Puis soudain je compris, tout devint limpide comme de l'eau de roche. Puisant dans mes dernières forces, je me précipitai dans le temple et me laissait tomber dans l'immense mare de sang, l'avalant par grandes goulées, respirant à nouveau.

Le Panthéon des dieux m'avait maudit, j'étais un meurtrier, L'innommable, qui menaçait l'équilibre du monde ; ils avaient cherché à m'anéantir. Llolth m'avait sauvé, mais en contrepartie, j'étais devenu dépendant de sang...
Je raillai les dieux... Un drow vampire... Un drow buveur de sang. Quoi de plus terrible ? Ils m'avaient maudit, mais ils avaient maudit tous ceux qui me rencontreront.
Je m'essuyai le menton qui dégoulinait encore de ce dont je venais de m'abreuver. Crétins de dieux. Llolth m'avait encore sauvé.
Je mis le feu au temple en son honneur et partis. Marchant le long des routes, campant dans la forêts, me dégustant des animaux sauvages, et même parfois d'êtres humains quand le gibier manquait. L'humain est délicieux, le plus ennuyeux reste de le vider de ses entrailles. Le meilleur morceau est le biceps, si gouteux sur la langue... J'ai même gouté un enfant, mais le manque de maturité de sa musculature le rendait fade sous la dent.

Nombreux furent les mercenaires engagés pour m'éliminer, j'étais la réincarnation du Chaos, véritable menace pour l'Ordre désormais installé. Tous ces mercenaires moururent comme des chiens. Stupides animales aveuglés par l'attrait de l'argent. Égorgés ou torturés jusqu'à la mort, tous regrettèrent d'avoir tenté de mettre fin à ma vie.
Jusqu'au jour où c'est une mercenaire drow qui posa sa lame sur ma gorge le premier. Elle possédait une célérité hors du commun et une capacité d'empathie incroyable.
Je ne connaissais pas son nom mais elle m'avait déjà séduit. Et pourtant chaque jour, chaque heure, chaque minute s'impose à moi le visage ensanglanté de Lynnhwë, celle pour qui mon cœur s'embrase, celle pour qui j'affronterais le monde entier, celle pour qui je tuerais des dieux . Mais le temps passe, et certaines blessures finissent par cicatriser. Le temps... Encore un sujet qui mérite réflexion. Je suis immortel, alors qu'est ce que le temps, sinon la vitesse à laquelle s'écoule le sang versé par ma lame ? Court ? Long ? Mille ans, est-ce long ? Aurais-je oublié Lynnhwë d'ici là ?
Elle rengaina sa lame et m'adressa un sourire.
Lynnhwë.
Je lui souris en retour et tournai les talons.
Lynnhwë.
Elle m'interpella et me proposa de partager sa couche pour la nuit.
Lynnhwë...
Je déclinai sa proposition et commençai à partir.

Elle m'interpella de nouveau, mais sur un ton plus sec et plus dur. Le chuintement d'une lame qu'on tire de son fourreau se fit entendre.
Je restai immobile. J'allais rejoindre mon aimée d'un moment à l'autre. Les étoiles apparaissaient sous la voute céleste. témoins muettes de ma vie, elles savaient tout. Elles allaient voir ma Fin. La Fin d'un drow.
Mes yeux se tournèrent vers la lame meurtrière qui allait transpercer mon cœur. Elle m'hurla d'être un drow, de me comporter comme tel, pas d'être un couard, comme ces humains ou ces tafioles en collant. Elle me frappa la pommette du plat de sa lame. Elle envoya valser son talon dans mon entrejambe, ce qui me fit tomber à genoux de douleur. Je lui jetai un regard haineux. Mes iris devinrent noirs et j'entamai une danse macabre de ma lame avec l'elfe noire.
Quelques échanges. De la gorge tranchée s'écoula des flots de sang. La drow tomba au sol et murmura dans un dernier souffle que j'étais un drow et que je devais me comporter comme tel.
C'était une envoyée de Llolth. Du moins c'était comme ça que je l’interprétai.
Je n'en revenais pas. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais plus. Mon esprit était si confus. La drow m'avait menacé uniquement pour refaire jaillir mon âme de drow ? M'étais-je compromis aux yeux de ma déesse adorée en abandonnant le combat dès qu'il avait tourné en ma défaveur et en regrettant encore aujourd'hui Lynnhwë ?

L'elfe noire avait sacrifié sa vie pour que la mienne reprenne un sens. Comment avais-je pu concevoir ne serait-ce qu'une seconde ma Fin ? J'avais un rôle à jouer, en bien ou en mal. J'avais un rôle à jouer pour le règne du Chaos. Je bu le sang noir de la morte. Cela n'avait aucun goût, ce n'était ni bon ni mauvais. J'en étais presque soulagé. Les drows restaient les seuls individus qui pourraient me comprendre ici-bas.
Debout sous la Lune, j'étais un drow à nouveau. Drow au delà de la simple couleur de peau.


De sous les arbres apparurent des centaines de drows, mâles et femelles, appelés en ce lieu par la voix sacré de la déesse araignée. Des visages graves m'observaient. Des murmures inaudibles étaient à peine perceptibles. Je n'en revenais pas. Des centaines de drows, là, juste pour moi, moi à présent l'un des leurs.
Et ensemble, pour fêter ma récente conversion, nous allâmes égorger tous les anciens chaotiques de ma guilde. Ce fut sans remord, sans sentiment. Ces faux chaotiques avaient tenté de me tuer à de nombreuses reprises. Les corps furent brûlés et le sang fut versé en l'honneur de Llolth.
J'étais devenu un drow du peuple drow. Un peuple prônant le Chaos sous une forme particulière et qui m'avait séduite...
Le Chaos...

Étoiles et Lune. Seules témoins de ma vie depuis le commencement, elles savaient tout.




4. Tcherno et Argowal, prophètes du clan Drow.





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