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 Cycle second : Danthorïn, Parlansia

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Danthorïn

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MessageSujet: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:37

Cycle Second
Parlansia


Personnages

Maison Perlander Griffon enflammé sur fond gris
- Erwin Perlander, Roi actuel du sud et vainqueur de la guerre de dix ans
- Wilfrid Perlander, frère cadet de Erwin Perlander et seigneur du fief familial, Parmalie, depuis le couronnement de son Roi de frère. Banneret et conseiller de Erwin Perlander.
- Lydia Perlander (née Parwell), première épouse de Sire Erwin Perlander et mère de sa fille ainée. Morte pendant la guerre de dix ans.
- Julia Perlander (née Hightower), seconde épouse de Sire Erwin Perlander et mère de ses cinq autres enfants. Morte en donnant naissance à son dernier fils Rickard
- Rickard Perlander, dernier né de Erwin Perlander et promis à la garde Royale
- Kardock Perlander, fils ainé de Erwin Perlander et héritier du trône du sud

Maison Hightower Donjon jaune sur fond rouge
- Ronald Hightower, Seigneur de Haute-Marée et banneret du roi du sud Erwin Perlander. Mourant dans son fief
- Randwell Hightower, fils ainé de Ronald Hightower et promit à sa succession. Mort lors d'un accident de joute peu après la guerre de dix ans
- Selmy Hightower, fils cadet de Ronald Hightower et membre du saint ordre des Mestre. Mort de maladie trois années avant le début du récit
- Julia Hightower (Perlander), fille de Ronald Hightower

Maison Parvell Hallebarde et épée croisées sur fond bleu et or
- Randyll Parvell, seigneur de Fort-Condor et banneret de Erwin Perlander
- Lydia Parvell (Perlander), soeur de Randyll Parvell

Maison Donor Aspic beige sur fond bleu pailleté d'or
- Finlan Donor, ancien seigneur de Largenham mort peu après la guerre de dix ans
- Herman Donor, seigneur de Largenham et banneret de Erwin Perlander
- Yvus Donor, fils ainé de Herman Donor et héritier de Largenham

Maison Roosheart Faucon sur un poing, fond vert
- Richard Roosheart, Seigneur de Solothan et Banneret de Erwin Perlander
- Dani Roosheart (Garrack), sœur de Richard Roosheart, femme de Hyvon Garrack et reine du nord

Maison Garrack Ours blanc sur fond noir
- Hyvon Garrack, Roi actuel du nord et vainqueur de la bataille sauvage
- Dani Roosheart (Garrack), femme de Hyvon Garrack et reine du nord
- Lancel Garrack, fils ainé de Hyvon Garrack et héritier du nord
- Elaïde Garrack, fille cadette de Hyvon Garrack

Maison Ferwick Hache noire plantée dans un morceau de roc, sur fond vert et jaune
- Jol Ferwick, seigneur de Port-Parbot et banneret de Hyvon Garrack

Maison Kardhon Chouette à plumage blanc, sur fond rouge et jaune
- Ralf Kardhon, seigneur de Grisgivre et banneret de Hyvon Garrack

Maison Roose Larme bleu sur fond rouge
- Daniel Roose, seigneur de Haute-Reine et des terres du lac bleu. Banneret de Hyvon Garrack
- Ariella Roose, seconde fille de Daniel Roose.

Guilde des assassins Représenté par une tête de mort sur fond noir
- Lleyane, elfe noire, femme d'une rare beauté mais tueuse et espionne reconnue

La Garde Grise Reconnus à leurs capes grises, les membres ne possèdent nul blason
- Hurdan Velt, chef actuel de la garde
- Grand Jon, solide guerrier, second de Hurdan Velt
- La lame gelée, ou Evangelina dans le village de Douceneige. Jeune femme qui sert de second commandant à Hurdan Velt au sein de son unité

Peuple nain de Parlansia
La percée Griffon d'or sur fond bleu foncé
- Firmïn VI, Seigneur de la percée
- Tharbïn I casque de bronze, créateur de la percée

Inconnus de Parlansia
- Danthorïn, nain, héros de l'alliance en Lorndor ayant perdus ses pouvoirs magiques et à la recherche d'un nouveau but à donner à sa vie
- Jolundarg, guerrier nain originaire du village de Thornbalgard au nord du Lorndor, ancien mercenaire
- Vivian Snow, jeune garçon, et bâtard de père inconnu, ayant des pouvoirs magiques de feu
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Danthorïn

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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:37

Chapitre 1 : Nouvel horizon

Un petit frisson couru le long du corps du nain, Danthorïn. Le nain à barbe et chevelure blanche, gênée juste de quelques reflets roux, se tient juste aux abords d'une de ces falaises qui bornent la région de Lornsoth, au sud.

Lornsoth est une région de taille modeste et pauvre de richesses que ce soit sur le plan culturel, minier, ou même sur la qualité de son sol cultivable. La région est en effet principalement désertique et couvre une large bande de terre au sud du Lorndor, Lorndor qui est lui un véritable continent bien plus connu et attirant d'avantage les voyageurs.

L'intérêt de la présence du nain en ces lieux n'est donc probablement pas de venir y vivre. Non c'est tout simplement le même que les quelques rares voyageurs qu'il avait pu côtoyer tout au long du chemin et avec lesquels il partageait le pain depuis quelques jours, il s'ait du port de Port-Esperanz.
Ce port, qui porte bien son nom aux yeux de notre nain, est en fait la seule vraie ville de Lornsoth. Elle compte prêt de trois milles âmes en comptant les pêcheurs qui, bien entendus, passent tout de même le plus clair de leur temps en mer. Mais ces marins sont allègrement remplacés, pour ce chiffre de population, par les voyageurs de passage.

La richesse du port tient à la pêche, connue comme " miraculeuse " à ses alentours et au fait que sa position le place en étape presque obligée pour tous voyages depuis le grand continent de Lunargorn, à l'ouest, à celui de Parlansia, à l'est (ou dans le sens opposé). Qui dit voyageurs dit bien entendus richesses, et qui dit richesses entend riche et comprend dépenses et gains.

Le commerce fait bon train à Port-Esperanz, et si vous ne pouvez vous permettre les hautes boutiques de la Rue Royale, vous trouverez surement votre bonheur dans les commerces obscurs, et non contrôlés par les autorités, des bas entrepôts. A condition bien sûr de ne pas craindre les voleurs et les charlatans.
Vous trouvez des esclaves de premières qualité, si c'est là ce que vous cherchez, du côté du grand théâtre Saint Bhégran, auquel on accède de la place du Grand Temple de R'Mah, le dieu marin, que vous ne sauriez le rater.

Pour les touristes en quête de culture, la plus grande parties des anciens palais du Roi de Lornsoth sont ouverts à la visite. Le royaume étant devenus démocratique suite à la mort du dernier Roi, Bhara'han VI sans héritiers, il y à quelques cent-quarante deux ans maintenant, et à la volonté du souverain de donner le pouvoir au peuple. Le peuple choisit depuis le dirigeant de la ville par vote, ouvert aux mâles majeurs, l'âge de majorité dépendant des races, résidants de la cité portuaire depuis dix ans au moins.

Du haut de sa falaise, Danthorïn observait l'océan azur qu'il voyait pour la première fois de sa vie. Port-Esperanz se tenait devant, resplendissante dans sa couleur d’or. Il avait rêvé de la voir dès le premier jour qu’il en avait entendus parler, c'était de part son maître Trosken, il y avait de cela plus d'un siècle, et la voilà qu'il tenait, de loin, dans sa main. Deux lieux encore et il pénétrerait dans la grande cité.

Il entra par la grande porte en compagnie de ses camarades de route. Il s'agissait d'humains pour la plupart mais il y avait aussi deux elfes bleus, des elfes du sud. Les humains étaient d'ailleurs, leur teint bronzé en témoignant, de Lornsoth eux aussi. De fait Danthorïn avait quitté tous les habitants du Lorndor dès lors qu'il avait passé la frontière, au sud des terres elfiques, un peu plus d'une semaine auparavant.
Après s'être séparés, le nain remerciant chaleureusement ses camarades pour leur compagnie et pour l'avoir guidé, il se mit en quête d'un gîte. Il avait évidement emmené toutes ses réserves financières avec lui, le tout transformé soigneusement en or à la banque naine avant qu'il ne quitte le royaume. L'or étant une monnaie d'échange universelle quand la monnaie du Lorndor n'avait plus court une fois ses frontières passées.

Il se dénicha bientôt une tranquille petite auberge, un bâtiment plutôt simple de deux étages, ayant un toit plat et étant crépis d'une sorte de sable couleur crème qui, à la surprise de Danthorïn, tenait parfaitement aux murs. Après avoir réservé une chambre, déposé ses affaires et s'être désaltéré avec un alcool régional, Danthorïn entreprit de rejoindre le port.

Ce fut chose bien moins aisée qu'il ne l'eut crut. Les ruelles nombreuses et labyrinthiques du port l'amenèrent régulièrement dans des culs-de-sac, sa taille n'était pas un avantage au milieu de la foule ambiante composée de toutes sortes de peuples. Si les humains étaient nettement majoritaires, il croisait régulièrement des nains, des elfes bleus, verts ou même noirs, des gnomes commerçants et des Taurens.
En approchant, par erreur, des bas fonds du port, il put même apercevoir quelques orcs et un troll. Nulle trace de morts-vivants mais, il le savait, les morts-vivants étaient la plaie du Lorndor et très peu nombreux hors de ses frontières. Ces êtres ténébreux étaient d'ailleurs chassés et mis à morts dans les flammes par la plupart des peuples septentrionaux.

Ce n'est donc qu'alors que le soleil touchait l'océan que Danthorïn atteignit enfin les docks. Le nain eu donc la joie d'assister à son premier couché de soleil au bord des eaux... Les nains n'aiment pas l'eau, c'est bien connu, mais Danthorïn n'avait jamais été vraiment un nain pour ce qui était de ses phobies, ayant été élevé comme un petit homme dans sa prime jeunesse. Et puis avec sa phobie des araignées, datant d'une mauvaise expérience quelques années auparavant, il en était arrivé à aimer le contact de l'eau que ces insectes fuient.

Le nain prit la direction de la capitainerie où, il le savait, il pourrait trouver des renseignements au sujet des transports quittant le continent. Les transports pour Lunargorn, le plus grand continent du monde civilisé, étaient naturellement les plus accessibles et nombreux, mais c'est Parlansia qui l'intéressait. Il avait entendus d'un barde de passage, il y avait de cela quelques années, des récits épiques concernant les multiples rois de Parlansia, de la guerre qui avait finalement uni en deux ce qui avait été une vingtaine de royaumes. Danthorïn ne se souvenait plus du nombre exact de royaumes unis lors de ces événements mais il se souvenait bien du prince Perlander de Grundet et du roi Hyvon Garrack, aussi appelé foudre du nord, qui avaient unis respectivement le sud et le nord du continent sous leurs bannières respectives.
Il n'y avait aucun doute sur le caractère des plus imaginaires que devait avoir ces récits de barde, mais ils n'en avaient pas moins captivé l'attention de toute la foule et de Danthorïn le premier, à l'époque.

Danthorïn avait, depuis son départ de chez les siens, rapidement prit du poids et de la carrure, il était désormais un nain tout à fait comparable à ses congénères croisés dans Port-Esperanz et ce même s'il lui manquait encore quelques charges, habituellement dues à la bière chez ses congénères et du fait que lui n'en avait pas eu beaucoup à se mettre dans le gosier ces dernières semaines. Il allait, de plus, vers son cent quatre vingt dixième anniversaire et, à ce titre, imposait une certaine image de respectabilité. Les guerriers nains irrespectueux sont biens connus pour leur moindre longévité...

Aussi lorsqu'il entra dans la pièce, c'est par un sourire que l'accueillit le marin occupé à mettre à jour la liste des navires au départ le lendemain. Une demi-heure plus tard, et quelques piécettes ayant changé de main, le nain était enregistré parmi les passager du bateau " La sirène joyeuse " au départ pour Port-Parbot, au nord-ouest de Parlansia, le lendemain à l'aube.

Ce soir là il rejoint tant bien que mal son auberge où il s'endormit, rêvant déjà de sa future patrie.

Réveillé avant le cri du coq, Danthorïn mis un temps record à s'habiller et ceindre sa ceinture, avant de se jeter son sac sur le dos. Il était finalement en avance pour l'embarquement. Heureusement pour lui, il n'eut pas à patienter sur les quais puisqu'un marin joyeux l'accueillit pour le faire monter à bord, dès que notre nain eu montré son passe. Il posa son sac sur le bord des rambardes et s'installa pour regarder Port-Esperanz en cours d'éveil. Après quelques instants son regard se déporta sur un autre passager, dans la même posture émerveillée que lui mais plus loin sur le bastingage. C'était également un nain, plus chevelu que lui, d'une crinière brune abondante pour autant qu'il put le constater. Une crinière qui ne lui était pas inconnue.


« Jolundarg, serais-ce toi ? » Dit-il en s'approchant du voyageur.
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Danthorïn

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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:38

Chapitre 2 : Nuit noire

Région du fléau, Parlansia. La nuit est tranquille ce soir, la lune est bleue. En Parlansia, lors des pleines lunes, un phénomène particulier provoque un éclat bleu de l'astre lunaire. Phénomène expliqué de façon diverses en fonction des différentes peuplades et attribués généralement à un dieu quelconque ou, même, à la vie d'un être lunaire. Toujours est-il que lors des nuits de lune bleue, le petit peuple a coutume de ne pas sortir de chez lui. Mais tous n'avaient pas respecté cette règle apparemment.

La région du fléau porte son nom du fait de la forme de fléau que compose sa péninsule dans l'océan central. Plutôt chaude, étant océanique, cette région n'en est pas moins au nord de Parlansia et, de ce fait, la végétation est assez dense et composée majoritairement d'arbres et de plantes robustes. C'est donc au milieu d'une forêt de chênes qu'une ombre apparu.

Le gamin qui courrait ainsi dans la nuit devait avoir une quinzaine d'années, de taille et de carrure moyenne il était revêtu de vêtements sombres guère identifiables dans la nuit, vêtements régulièrement pris et abimés par les ronces dans lesquels il se jetait sans même réfléchir.


« - Il est là !
- Où donc ?
- Là à droite abruti !
- Mais bon sang dépêchez vous ou le Ser va encore nous engueuler !
- Si j'étais toi je me la ramèn'rais pas, s'pas toi qu'a fini trois jours au pain et à l'eau pour avoir prit l’fille du meunier l'mois dernier !
- J'y peux rien si t'es pas capable de t'maitriser crétin, pis ç'a rien à voir...
- Mais vous allez vous la fermer vous deux ? Courrez lui après où je lâche les chiens sur vous ! Ils ont peut-être prit un coup dans l'nez avec les étincelles de l'autre, mais vous chuis sûr qu'ils vous manqueront pas !
- Ouais, ouais, ça va... Squ’on n’est pas obligé dfaire pour des sorcier dmes... »

Le jeune homme, poursuivi pas les reîtres, glissa le long d'une pente boueuse, se prit les jambes dans une racine pour mieux se relever avant de sauter, sans hésiter, dans un ruisseau, dont la température devait avoisiner le gèle en cette saison, pour gagner un peu de temps sur ses poursuivants.

Lorsqu'il eu rejoint l'autre embranchement du chemin deux autres cavaliers accouraient déjà et il reprit à travers les fougères, haletant. Un reître sauta sur lui depuis un arbre bas sur sa droite, à son passage, et il s'effondra.


« Ptit cul terreux, laisse toi faire et j'te promet qu'on t'prendra qu'une main avant de t'amener à la noblaille ! »

Pour toute réponse, et tandis que l'autre cherchait à le tenir les bras en arrière, le gamin lui envoya son pied droit dans l'appareil reproductif avant de se remettre à courir, laissant également derrière lui sa cape boueuse à laquelle s'attachait toujours son adversaire, prostré au sol.

« Et voilà » Pouvait-il se dire. « Ça m'apprendra à vouloir montrer un tour à des gamins pour épater une fille. Mais bon sang pourquoi avait-il fallut qu'un de ces nobles se promène justement dans cette auberge ? Pourquoi avait-il fallu qu'il tourne la tête juste à ce moment là bon sang !? »

Son crime ? Avoir voulus faire le malin et gagner sa croute. Et puis bien sûr être né différent des autres.
Sa propre mère l'avait jeté du hameau familial, lorsqu'elle lui avait découvert la capacité de créer des étincelles juste avec ses mains. Des étincelles ? Rien d'utile, même pas capable de s'allumer un feu pour se réchauffer le long des routes. Mais en Parlansia les magiciens et magiciennes ou plutôt, comme ils y sont appelés, sorciers et sorcières, ne sont rien d'autre que des démons issus des contes pour enfant. Des créatures maléfiques justes bonnes à causer des ennuis.

Pas un mois ne passait dans les grandes villes, sans qu'un de ces " monstres " ne soit capturé et mit à morts, sans véritable procès, des manières les plus abominables possible. Le plus souvent c'était brûlés vifs qu'ils étaient. Comme ce serait approprié dans son cas, sans doute pourrait-il lui même allumer la paille sous ses pieds ? Des étincelles devraient suffire à ça au moins…

Il y a bien longtemps, les sorciers étaient rassemblés et envoyés au delà des mers. Il se disait chez les petites gens qu'un continent avait été colonisé par eux, au delà de l'océan, et qu'il y vivait un peuple où tous possédaient de l'énergie magique, où certains étaient même de vrais mages de guerre !
Sornettes, sans avoir à en douter, pourtant c'était de ces terres que rêvaient tous les semblables du garçon.

Là, devant lui, il voyait apparaître l'orée de la forêt. Encore un petit effort et la lune bleu lui éclairerait le chemin au milieu des champs. Il atteignit effectivement, à peine la lisière des arbres dépassée, une petite clôture de bois qu'il enjamba sans demander son reste. Des champs d'herbe verte s'étendaient devant lui et il y couru de toutes ses forces, toutes les forces qu'il lui restait.
Les cavaliers ne pouvaient se permettre de le suivre dans la forêt, non, ces hautes personnes ne sauraient salir leurs nobles montures pour une petite déjection comme lui. Il avait donc sa chance de s'en sortir si tant est qu'il évite de tomber sur un chemin.

Se retournant pour regarder si les reîtres le suivaient encore, il eu la bonne surprise de les avoir semé. Pour le moment en tous cas. D'ici quelques minutes les limiers seraient à nouveau en état et c'est de morsures qu'il aurait à s'inquiéter, non pas des petites dagues de ces crapules qui les dirigeaient. Il se permit alors d'arrêter sa course juste un instant, pour reprendre son souffle. Sa vue était brouillée dans l'air humide de cette nuit, il avait plu la plus grande partie de la journée et, outre le sol boueux, l'air était encore saturé d'humidité ce qui ne facilitait guère tout efforts physiques.
Après un instant il vit que des lumières apparaissaient à sa gauche. Vu leur importance ce devait être une de ces grandes fermes isolées, sans doutes le fermier dont il foulait les terres. Les fermiers ainsi isolés étaient pour la plupart des opposants de ces riches seigneurs, le plus souvent ils les haïssaient tant qu'il y avait tout à parier que s'il leur demandait de l'aide, ces braves gens n'hésiteraient pas à le cacher, au mépris même des allégations des reîtres selon lesquels il serait un sorcier.

Des aboiements se firent entendre derrière lui. Pas le temps d'hésiter, il reprit sa course en direction de la bâtisse. Une centaine de pieds encore, vingt, dix... Et la porte. Le gamin courut au milieu des poules affolées et frappa à grand coup sur la porte. Un bruit de chaise, quelqu'un se lève pesamment mais les limiers, eux, aboient de plus en plus fort et ils se rapprochent.
Le jeune garçon frappe encore, de plus en plus fort et, au comble de la peur, la porte s'ouvre enfin sur un homme dans la force de l'âge. Habillé comme tout fermier entrain de roupiller et que l'on lève en pleine nuit, il lui jeta derechef un regard méfiant mais, étrangement, comme désolé.


« Et bien mon garçon, que me veux tu au beau milieu de la nuit ? Tu ferais bien mieux de passer ton chemin, je ne suis vraiment pas d'humeur ! »Lui envoya-t-il immédiatement.
« Pitié m'sieur, je suis poursuivi par des nobles qui veulent s'amuser du pauvre voyageur que je suis, ils ont lâché leurs limiers sur moi, pitié aidez moi !
- Qu'est ce donc que ces histoires ? Si c'est pour me voler mon blé dès le pas de la porte passé va t'en de là immédiatement !
- S'il vous plaît ! Vous entendez bien les aboiements ! »

Et l'homme les entendait effectivement, mais c'est à contrecœur qu'il sembla, finalement, le laisser entrer et ferma la porte derrière eux. Le jeune garçon remarqua bien les traces de pas boueuses au sol, mais il ne les jugea qu'issues d'une promenade tardive du fermier dans ses étables.

« Quel est ton nom mon garçon ? » Lui demanda l'homme.
« Je me nomme Vivian, Vivian Snow. Je vous remercie m'sieur !
- Un bâtard ? Hum, je suis... Désolé Vivian, je me souviendrai de ton nom. »

Le dénommé Vivian n'eut guère le temps de se questionner sur les paroles du vieux fermier qu'une douleur à la nuque le paralysait et il s'affalait au sol, la saveur du sang dans la bouche. Il releva la tête, dans un effort qui lui parut infernal, pour voir apparaitre devant lui un homme couvert de maille, un solide combattant, probablement chevalier.

« Que faisons de lui Ser ? » Demanda l'homme qui lui avait probablement asséné un coup de bâton.
« Ligotez moi ça et mettez le sur un cheval. On a assez perdu de temps, il fera bien l'affaire pour une petite fête sur la place de Port-Parbot. Voilà un moment que l'on avait plus eu de feu de joie et la populace a bien besoin de se changer les idées par les temps qui courent. En plus un gamin ça crie toujours bien quand on y flanque le feu ! »

La dernière chose dont Vivian Snow eut le souvenir était le grand rire de l'homme en maille, puis des pas à côté de lui et tout devint noir.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:38

Chapitre 3 : Le petit prince

« Messire ! Messire ! S'il vous plaît revenez ici, les rebords des toits sont trop dangereux ! Et Sire votre père vous attend depuis longtemps déjà pour déjeuner ! »

En Grundet, l'une des régions les plus au sud de Parlansia, se trouve la haute ville de Thorg-Réal. La plus grande cité de tout Parlansia, bâtie sur les bords du Thorg, le plus grand fleuve du continent qui se divise en deux pour former l'équivalent de douves colossales autour des murs, immenses, de la ville.
La capitale du sud possède une enceinte de prêt de soixante pieds de haut, le tout dans un granit blanc d'une pureté incroyable, comme on ne sait plus travailler la pierre aujourd'hui. Ces murs auraient, selon les légendes, été battis par des nains des montagnes qui, une fois l'ouvrage achevé, l'ont trouvé si beau qu'ils se jugèrent indignes d'y vivre et décidèrent d'offrir la cité au premier Roi de Grundet.
Mais si les murailles, en dehors du temps, sont magnifiques, la cité royale qui se déroule derrière les éclipse totalement. La route royale, pavée de pierres aux multiples couleurs et formant, vues du haut des bâtiments, mille et une créatures de légendes et mythes, mène au milieu de bâtiment plus grands et majestueux les uns que les autres, jusqu'au palais du Roi de Grundet et du sud. Le palais du Roi Erwin Perlander.
Ce palais, connu pour être le plus grand de tout Parlansia, et ce bien que le palais nordique de Varben soit de taille semblable, représente la fierté du peuple de Grundet. Construit d'abord pour résister aux assauts d'où qu'ils viennent, y compris de l'intérieur de la ville, avec des murs d'enceinte intérieurs. Il possède tout ce qui peut être envisagé en termes d'architecture défensive. De ses remparts les alchimistes ont des fosses afin de déverser les effluves démoniaques qu'on leur connaît, les tours de garde et les chemins de rondes sont cachés à la vue des citoyens ou des assaillants par des murs compacts, de manière que tous les archers et combattants sont protégés lorsque, des innombrables meurtrières, ils déversent carreaux et flèches.
Mais c'est moins pour son invulnérabilité que pour son confort que le palais de Thorg-Réal est reconnu. Les salles de réceptions sont de tailles suffisantes pour accueillir deux cents convives. La grande salle dite « Royale » peut en accueillir plus du double ! Son réseau de cheminées est des plus complexes, allant jusqu'à une cinquantaine de foyers dans cette dernière grande salle. Les plafonds si haut dans le palais qu'un cavalier pourrait y pénétrer sans se même prendre la peine de se jeter au bas de son cheval, mais les sols sont couverts de mosaïques, marbre ou planchés de chêne de sorte que ce serait là un gâchis. Les murs sont couverts de tapisseries de luxe, tapis des peuplades orientales de Parlansia ou représentant des scènes mythiques.
Les entrepôts des cuisines recèlent de quoi nourrir toute la ville pendant plusieurs semaines, tandis que les cuisines elles mêmes emploient pour chaque repas une cinquantaine de chefs cuisiniers et dix fois plus de serviteurs.

C'est tout naturellement qu'Erwin Perlander avait choisit Thorg-Réal pour capitale, à la suite à la guerre de dix ans. Guerre qui lui avait donné l'autorité et le trône sur tous les territoires au sud du fleuve Heteth, qui divise en deux Parlansia.
Erwin Perlander est un Roi de cinquante huit ans autant aimé de son peuple qu'honni de ses ennemis. Honni aussi de ces quelques autres seigneurs qui avaient lutté pour le pouvoir, il y a vingt ans, et qu'il avait défaits. Seigneurs qui pourtant l'entouraient aujourd'hui à sa cour. « Garde tes amis prêt de toi, et tes ennemis plus prêt encore » l'entendait-on souvent répéter à ses enfants.

Erwin Perlander avait quatre fils et deux filles. Sa première fille, il l'avait eu de sa jeune femme, Lydia née Parvell, morte pendant la guerre de dix ans deux décennies plus tôt. Les autres enfants il les devait à sa seconde épouse, et sa reine, Julia née Hightower, de trois ans sa cadette mais morte en couche pour son dernier fils, Rickard. Depuis le Roi avait depuis repoussé toute les tentatives de ses conseillers visant à lui faire prendre une nouvelle femme, jeune et fertile, pour garantir l'étendue de son sang et veiller à ce que jamais sa lignée ne puisse manquer d'héritiers.

Rickard Perlander, le dernier né, a aujourd'hui onze ans. Et c'est avec fougue qu'il s'évertue à éviter les conseils de son père et à faire tourner en ridicule les septons de la citadelle.
Destiné, dès sa naissance, à rejoindre l'ordre austère des gardes de la citadelle, chevaliers droits et complètement dévoués au trône, il se montrait moins intéressé par le royaume que par les vues plongeantes du haut des tours du palais et les promenades dans les quartiers les plus malfamés de Thorg-Réal. Quartiers qui lui étaient pourtant formellement défendus si bien par son père que par ses percepteurs, cela va de soit.

Son père, évidement, il ne le voyait guère. Trop occupé par les affaires du royaume et par l'éducation de son fils ainé, Kardock, qui était promis au trône, pour s'occuper d'un gamin récalcitrant aux études et, en sus, responsable de la perte de sa femme adorée.
Rickard ne le voyait que quand sa majesté le faisait convoquer pour un repas. Le plus souvent ce n'était que prétexte pour le rappeler à l'ordre lors qu'il avait, encore, fait des siennes.

Rickard Perlander, pourtant, n'était pas un cancre, loin de là. Lui qui était destiné à une vie par l'épée était d'ailleurs le plus doué dans les armes parmi les jeunes nobles de son âge. Que ce soit épée, lance ou travaux équestres, il excellait.
Il remportait systématiquement les tournois des jeunes gens, quoique aidé probablement par son sang royale. Qui oserait faire chuter un prince de Thorg-Réal ?

Mais plutôt que le bruit des salles d'armes, ou celui des feuilles qui se tournent dans les bibliothèques où les septons lui imposaient, de l'aube au repas de la mi-journée, des travaux d'esprit, Rickard préférait le murmure du vent. Il préférait observer le monde alentour, le monde dont il rêvait, tandis que le sien se limitait aux murs de ce palais, de cette prison dorée à ses yeux.


« Messire, je vous en conjure, descendez maintenant ou je devrais rapporter votre manque de respect au grand septon. Sire votre père serait encore une fois fort en colère après vous !
- Sire mon père, vous n'avez que ce mot là à la bouche mestre Falk. C'est bon je descends. » Répliqua le jeune prince, tiré de sa rêverie.

Il suivit alors le mestre de la citadelle vers le bas de la tour de garde où il était monté, son poste d'observation favori puisque donnant sur toute la ville basse.
Le temps était beau et chaud aujourd'hui, seuls quelques nuages blanc venaient, de ci de là, cacher le bleu azur du ciel. Le soleil ne parvenait pas à rendre la température réellement chaude en cet automne, mais elle était néanmoins agréable.
Les deux individus traversèrent la grande cours du palais en son centre. A droite, vers l'entrée principale, se trouvait le centre d'entrainement à l'arme de poing. On pouvait entendre des bruits de métaux s'entrechoquant encore, bien que le zénith fût atteint et que la logique voulu que tous furent à table. A gauche on remarquait sans mal, à la vue du sol, que les écuries royales se trouvaient un peu plus loin. Et droit devant, bien sûr, les portes du donjon bleu, la partie principale du palais, celle où résidaient Roi et cour.

Rickard et le mestre Falk passèrent devant le garde à l'entrée du donjon qui ne fit pas même un geste à leur intention. Ils grimpèrent d'un pas soutenu les marches menant à la salle à manger royale où, enfin, on introduit le jeune Rickard tandis que le vieux mestre retournait à son travail.

Le prince remarqua tout de suite que quelque chose clochait. Toujours, lorsqu'il mangeait en compagnie de son père, se trouvaient aussi ses frères et sœur. Plus particulièrement lorsqu'il devait être sermonné, son père savait combien il avait honte de ses exactions devant sa grande sœur Lysa, la plus proche de lui parmi ses frères et sœurs en âge, elle n'avait que treize ans.
Mais là non, des serviteurs se tenaient en retrait pour amener les plats, les gardes royaux habituels postés à toutes les issues de la salle, fenêtres comprises, et dans leurs mutismes habituels. Sinon personne d'autre que père.

Il approcha néanmoins de Sire Erwin Perlander, conscient que de toute manière s’il devait y avoir quelque chose, il ne saurait l'éviter.

« Bonjour père » Dit il en faisant une légère révérence.
« Te voilà donc Rickard, sais-tu que cela fait bien une demi-heure que je t'ai mandé ?
- Excusez-moi père, j'étais fort occupé à...
- Regarder corbeaux ou pigeons se battre pour quelques grains ? Observer le menuisier qui rentre chez lui, après une matinée de travail ? Épargne-moi donc tes excuses et viens t'assoir.
- Oui père »Au moins son père était comme toujours.
« J'ai quelque chose à te demander » Lui dit son père tandis que les serviteurs amenaient le premier plat, des salades et du gigot de faon. Comme ses automatismes bien rôdés le lui criaient Rickard répondit derechef.
« Je suis toujours prêt à faire votre volonté père.
- Bien entendus. Rickard mon fils je sais que tu aspire à voir le monde hors de ces murs. Tu va désormais le pouvoir, car tu va partir pour la ville de Haute-Marée, où messire Hightower, ton grand père, souhaite ta présence. Il est fort âgé et n'a plus guère d'espoir de voir le prochain été. Il a demandé ta présence afin de l'aider dans ses dernières affaires. Ce travail devrait parfaitement te convenir pour compléter les apprentissages auprès des septons qui, semble t-il, ont un peu de mal à te garder complètement éveillé. »

« Les septons lui ont dit que je m'étais encore assoupis ces derniers jours, lors de leurs enseignements, mais lui ont-il dit à quel point ils sont ennuyeux ? » Se dit en lui même le jeune Rickard. Ces paroles prononcées n'auraient qu'attisé la lassitude de son père il le savait. Mais voilà qu'il l'expédiait dans un château de campagne, fut-il la principale place forte du sud après Thorg-Réal, pour passer son temps à rédiger des textes auquel il ne comprenait rien et tenir la main d'un vieil homme qui ne savait plus à qui il avait à faire. Ce n'était certainement pas le vieux seigneur Hightower qui le demandait à son chevet, c'était bel et bien père qui lui imposait un repentir.
Mais en cela comme en toute chose, une seule réponse pouvait convenir dans sa bouche.


« Ce sera avec plaisir, père. Je vous remercie. »

A ces quelques mots succéda le bruit des couverts dans les plats et deux jours plus tard un navire quittait Thorg-Réal en battant pavillon royal, les armoiries de la maison Perlander, griffon enflammé sur fond gris.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:39

Chapitre 4 : L'ombre assassine

« Dit Simon, t'as entendus ce qu'à dit Septon Charles l'autr' jour ?
- Qu'est ce qu'y a encore l'autre ivrogne ?
- Hé, fait gaffe à pas t'mettre les dieux à dos aussi. Parait djà que t'as des assassins aux trousses...
- Bah, t'sais mon vieux Tom, la guilde des assassins c'est plus ce que c'était au bon vieux temps. Ils n'ont plus de types capables de se glisser derrière des braves comme nous sans qu'on les remarque. S’ils ont encore des clients c'est uniquement grâce à ces ivrognes, comme ton septon tient, qui se retrouve avec une prime sur leur tête.
- Mais tu sais, j'ai entendus que...
- Oh ça va, lâche moi avec ça tu veux ? L'affaire s'est parfaitement déroulée, j'ai récupéré l'or, le gamin et le père ne diront plus un mot. Ce n’est pas cette bonne femme et son sale fric qui va les venger. Et puis t'es lourd, je vais me coucher si t'veux bien. »

Le plus gras des deux hommes accoudés au comptoir du " Taureau Rouge " se leva, pesamment, pour se diriger vers les escaliers grinçants du fond de la salle.
Le Taureau Rouge n'est rien d'autre que l'une des plus miteuses et sombres tavernes de Haute-marée, le fief des fameux Hightower.
La ville de Haute-Marée n'est guère comparable par sa taille, et sa population, aux cités les plus connues de Parlansia telles la capitale du sud, Thorg-Réal, ou la capitale du nord, Fortelmett. Même des villes commerciales telles que Port-Dunvell au sud et Port-Parbot au nord, sont plus importantes que Haute-Marée. En revanche, de tous temps la renommée des terres Hightower a été étendue de part les exploits de sa glorieuse chevalerie, les talents de ses forgerons qui, selon les rumeurs, sont les meilleurs de tout Parlansia, et enfin par l'importance de sa citadelle.

Le château des Hightower est le plus important du sud après celui de Thorg-Réal. Il recouvre une surface plus importante même que la ville de Haute-Marée qui se trouve au bas de ses murs et ses murailles, justement, sont connues pour ne jamais avoir cédé devant aucun ennemi.
Lors la guerre de dix ans, ce n'est qu'après la prise de Thorg-Réal par Erwin Perlander que le vieux Messire de Haute-Marée avait choisit de se soumettre à la couronne unie du sud, et cela seulement après que Erwin Perlander se soit engagé à prendre sa fille unique, Julia Hightower, pour royale épouse.
Messire Ronald Hightower, seigneur de Haute-Marée, avait alors déjà dépassé les soixante-dix printemps, et on comprend dès lors pourquoi son décès est si attendus par la populace, même s'il fut de l'avis de tous un excellent seigneur. Certains le voient bien devenir centenaire mais les mieux informés, eux, savent qu'il est plus proche que jamais du trépas. Son décès est aussi attendu que crains, cela dit, car Ronald Hightower se trouve aujourd'hui sans héritier direct.

Randwell Hightower, son fils ainé, tout comme Selmy Hightower, son fils dernier né, l'ont devancé dans les cryptes royales. Il n'avait eu par ailleurs qu'un autre enfant, Julia. Si Selmy avait embrassé les ordres et était devenus Mestre, prononçant alors des vœux l'empêchant de jamais procréer, celui qui devait hériter et donner des héritiers à la lignée Hightower, Randwell, avait péri d'une mauvaise chute de cheval, lors d'une joute quelques années à peine après la guerre de dix ans.
Ronald Hightower avait eu beau passer des années à l'en supplier, jamais Selmy n'avait accepté de renoncer à ses vœux pour devenir son héritier. Et finalement il était mort de maladie, contractée auprès de l'un de ses patients. Ronald ayant toujours été un homme pieux et droit, il s'était autant refusé à un nouveau mariage après la mort de sa première femme, qu'à se faire des bâtards. Et le voilà, aujourd'hui, qui doit voir sa lignée s'éteindre avec lui.

Mais bien loin de cette noblesse, et des affres de la succession, notre gras Simon, lui, sort de sa poche une clef rouillée avant de l'insérer dans une serrure, celle de sa chambre. Il lui faut bien insister un peu avant que la porte ne s'ouvre mais, finalement, le bois de hêtre laisse passer l'homme qui claque la porte derrière lui et s'en va s'affaler sur un lit aux draps violacés et délavés.
Il se passe quelques instants avant qu'il ne se lève, d'une traction Simon passe sa chemise beige par dessus sa tête de ses bras boudinés et, tout à coup, s'immobilise. Voilà qu'une voix sombre et mystérieuse se fait entendre.


« La " bonne femme " m'a demandé de vous transmettre ses plus cordiales salutations messire »

Simon a le temps de penser à prendre son poignard, suspendu sur son côté, mais a peine a t-il levé le petit doigt qu'un liquide chaud coule le long de sa nuque, en dessous d'un froid mortel.
La lame finit de lui trancher le cou d'une oreille à l'autre avant que le vieux Simon ne s'effondre. Encore quelques soubresauts et puis, plus rien, rien d'autre qu'une flaque rouge ne cessant de s'étendre autour de lui.

Sans même lui condescendre un de ses rouges regards, Lleyane prend le temps d'enlever le sang qui maculait sa lame d'acier noir, à l'aide de la chemise du pauvre Simon. Ensuite elle ouvre la porte et sort, dans un silence tel que même la souris qui était occupée, sur un bout de pain rassis devant la porte de la chambre d'en face, ne broncha pas.

Lleyane la sombre, Lleyane la cruelle, Lleyane la démone. Que de noms qui lui étaient associés dans les tavernes et les guildes, à travers Parlansia. Des noms attribués par d'innombrables énergumènes qui ne l’avaient seulement entraperçue. Ceux qui l’avaient fréquenté l'appelaient d'avantage Lleyane la belle, mais peu d'entre eux étaient encore en vie pour chanter ses louanges.
Lleyane n'est, en fait, rien d'autre que l'un des meilleurs membres de la guilde des assassins de Parlansia. La plus discrète, la plus habile à la dague, la meilleure espionne. La plus ancienne aussi. Peu d'elfes vivent aujourd'hui en Parlansia. Ces terres occupées majoritairement par la race des hommes, des hommes qui arborent la magie plus que tout, les elfes dont la majorité des représentants possèdent des pouvoirs ont toujours été mal vus. Même ceux comme Lleyane n'ayant d'autres pouvoirs que son agilité, même les lumineux elfes des forêts qui vivent sur l'île des fée, au centre du lac Gelband d'où s'écoule le fleuve Heteth, le fameux fleuve qui divise en deux le continent. Les hommes sont en outre jaloux de la longévité des elfes.
Lleyane, cela dit, ne mériterait pas les honneurs du peuple sylvain. Elle n'a guère vécu parmi eux et ces derniers la mettrait à mort à la première occasion, cela était certain. Lleyanne est issue de la plus noire des familles elfes de Parlansia, les elfes noirs qui vivent tout au nord du continent, dans les glaces sacrée du Mont de feu. Des terres interdites aux hommes et où, dit-on, sont cachés les plus sombres secrets du monde.
Les rares elfes noirs à s'être aventuré dans les terres habitées de Parlansia ont tous eu de sombres destinée et le plus souvent connu, pour leurs aventures, de funestes fin. Lleyanne était l'un des rares représentants de sa race à avoir sut se trouver une vie parmi les hommes et les autres races qui peuplaient ces terres. Une vie sombre, peut-être, mais une vie.

En sortant de la pièce elle prit d'un air sûr la direction opposée de celle conduisant au vieil escalier et à la salle à manger. Droit vers la fenêtre entrouverte au fond du couloir. Un bruit l'arrêta cependant, venant de la dernière chambre du dit couloir, une voix d'homme mûr reconnu-elle et il n'était pas seul. « La curiosité est un vilain défaut ma grande, tu t'es déjà attiré bien assez d'ennuis par le passé... » Se dit elle calmement, non sans porter discrètement l'oreille à portée de voix.


« Alors, quelles sont les nouvelles de la citadelle ?
- Ce n'est plus qu'une question de jours maintenant. Le vieux Hightower va bientôt lâcher prise sur la vie, et il a déjà perdu celle sur la raison. Il passe son temps, lorsqu'il émerge, à parler d'une certaine Amanda. Personne n’a jamais connus de " Amanda " dans son entourage, pas même le vieux Mestre Harfyn.
- Et le garçon ?
- Le roitelet ? Il veille presque constamment au chevet du vieux. Il a même demandé à être servi en vivres dans cette chambre. Qui sait, il se voit peut-être déjà seigneur des lieux à la place du vieux. Il veut peut-être déjà prendre ses aises dans ce qui doit être sa future chambre ?
- Cela m’étonnerait fort. Je doute même que ce gosse se soit rendus compte de l'utilisation que son père a fait de lui, pour s'assurer de garder le contrôle de Haute-Marée. Mais il fera un bon otage, au cas où. Des nouvelles de Ser Waldon ?
- Il signale que tout est prêt, que le vieux meure et tout se mettra en marche. Criss
- Qu'est-ce que c'était ce bruit ?
- Ça venait de la porte... »

L'homme qui venait de parler se déplaça instantanément vers la porte de la chambrette, aussi vite que sa lourde maille le lui permettait, avant de tirer violemment la porte vers lui. Une fois sur le pas de la porte, force fut de constater qu'il n'y avait rien de suspect dans le couloir.

Criss

Encore le même bruit, un regard à sa gauche et l'homme d'arme était complètement rassuré.

« Ah, ce n'est rien, juste la fenêtre du couloir qui s'est ouverte. Peut-être un chat. Je la ferme et retourne au château avant qu'on ne s’aperçoit de mon absence ! »
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:39

Chapitre 5 : Sacrifice

Mouvement à droite, mouvement à gauche, choc, tentative d'estoc, blocage...

« Aie ! Tu ne m’avais pas appris ça bon sang !
- Hé, si tu attends de ton adversaire qu'il se batte toujours de la même manière...
- Oui, bon, je sais... Mais le glissement de la hache sur la lame...
- Hum...
- D'accord, d'accord, mais je pense que ça suffit pour aujourd'hui. Je suis éreinté et en plus j'ai une coupure à la main maintenant. Je ne serais pas contre une bonne bière... Sauf que ces satanés loups de mer refusent que je m'approche seulement des stocks faits à Port-Esperanz. »

Voilà deux semaines que Danthorïn s'est embarqué à bord de la sirène joyeuse et, selon le capitaine, le voyage devait se terminer le lendemain. Le voyage avait été plutôt calme et agréable. A part une petite poussée de vent le troisième jour, nulle tempête, nul vaisseau de bandits, la pêche avait été bonne et les réserves de vivres du bord plus que suffisantes. N'importe qui eut été ravi du voyage. Enfin n'importe qui d'autre qu'un nain qui, bien évidement, n'aime pas l'eau et moins encore la mer. Même Danthorïn ne pouvait cacher son appréhension vis à vis de l'élément liquide sous les planches qu'il foulait.

Par chance il n'était plus seul, Jolundarg était là lui aussi. Ce solide nain est originaire du nord du Lorndor, plus précisément du village de Thornbalgard. Il s'agit d’un village où Danthorïn fut accueilli lors de son retour des pics Daimonïn.
Jolundarg, Danthorïn l'avait bien connu lors de son passage là bas. Bien qu'il ait une cinquantaine d'année de moins que l'ancien prêtre, et qu'il n'ait jamais eu la moindre connaissance de magie ou de mythes quels qu'ils soient, Jolundarg avait montré alors une sagacité qui avait tout de suite plu à Danthorïn. Deuxième fils du forgeron de Thornbalgard, Jolundarg avait toujours vécus au milieu de l'acier trempé, mais contrairement à son père, le jeune nain avait toujours préféré le contact d'une hache finement modelée dans la paume que celui du tisonnier.

Déjà au temps du passage de Danthorïn au bas des Monts Brumeux, Jolundarg était l'un des meilleurs combattants parmi les siens. Il avait déjà été déclaré vainqueur de bien des tournois de lutte, armée ou non, qui étaient organisés entre les villages gelés. Compétitions connues pour leur dureté compte tenu de l'apparence massive de ces nains nordique, devant supporter le froid dès leur naissance.
Jolundarg avait, après le départ de Danthorïn, passé quelques années en tant que chasseur pour le village. Puis il était parti en quête de découvertes, ne supportant plus guère de rester dans son village isolé. Il a alors rejoint les terres à l'est du Lorndor, des terres plutôt pauvres étant renommées pour leurs peuplades barbares. Il y trouva bien des défis pour son caractère combattif et un emploi pour ses compétences armées. C'est justement dans ce cadre qu'il avait dû partir à nouveau. S'étant engagé comme mercenaire auprès d'un petit seigneur, il avait été amenée à tuer le seigneur rival en combat singulier, et cela n'avait semble t-il pas plu à ses sujets... Son commanditaire s'était alors empressé le relever de son service et de l'expédier au loin. Plutôt que de rentrer chez lui au nord, Jolundarg avait choisit le sud.

Jolundarg ne faisait pas exception chez les siens pour ce qui est du physique. S'il cédait un demi-pied de haut à Danthorïn, il le lui prenait en large ! Ses bras étaient aussi musclés que ceux de Danthorïn... Meurtris par ses entrainements avec lui.
Il avait une chevelure brune abondante, lui retombant sur les épaules, et sa barbe tressée lui tombait sur la bedaine.
Pour ce qui était de ses vêtements, ils n’avaient rien de bien particuliers en apparence, une cape sombre, sans doute brune à la base mais beaucoup trop délavée, lui recouvrait des vêtements d'une laine noire de mauvaise qualité. Il cachait toutefois derrière cette laine une solide cotte de maille. Plus impressionnant que ses vêtements étaient ce qui lui tenait dans le dos et sur les côtés. Il portait en effet deux haches à une main à droite et à gauche d'une ceinture de cuir bouilli, une bandoulière dans la même matière tenait habituellement une lourde hache en mithril de trois pieds de haut dans son dos, une hache qui touchait presque le sol quand il se tenait debout.
Rien que cette dernière hache faisait de lui un nain qu'il fallait traiter avec respect. L'arme valait le prix d'une maison auprès de bien des peuples et il n'est pas nécessaire de développer les effets qu'elle pouvait avoir, maniée par un nain de la carrure d'un Jolundarg.

Ces deux dernières semaines, la surprise des retrouvailles passées, avaient donc servis au mieux les intérêts de l'ancien mage. Sa force physique avait bien évolué et désormais il avait atteint ce qui serait sans doutes le physique qu'il garderait jusqu'à la fin de ses jours. Il se surprenait à être capable de déplacer des tonneaux pleins de marchandises et à grimper aux mats du navire de la force seule de ses bras... Quoiqu’il ne le fit qu'une fois. Mais cette force physique, sans rien d'autre, ne lui offrirait il le savait bien rien d'autre qu'un poste d'aide dans une ferme quelconque en Parlansia. Au mieux.
La présence à ses côtés de Jolundarg changeait tout et, le lendemain de l'embarquement, on pouvait les observer manier la dague, d'abord, puis la hache à une main. Danthorïn tenta même une fois un combat à la hache à deux mains, mais perdit en l'espace quelques instants la hache de mithril, face au bout de bois tenu par Jolundarg, et l'hilarité des marins qui les observaient le découragea d'une nouvelle tentative.

Rapidement il s'avéra que le passé de Danthorïn lui conférait un avantage d'agilité sur son ami et, après une semaine de travaux physique, il battait une fois sur deux Jolundarg au maniement de la dague ou de l'épée courte.
La majeure partie du temps, toutefois, c'est à la hache que les deux nains s'entrainaient. La fierté des nains ayant toujours résidé dans l'emploi de ces armes, il semblait logique qu'il apprit à s'en servir. Aussi Danthorïn ne se refusait pas à l'effort. Tenant l'une des deux haches de corps de Jolundarg et son adversaire l'autre, ils passaient leurs journées à ferrailler au milieu des marins qui s'affairaient à garder le navire à flot. Marins qui tentaient aussi d'éviter de se prendre les armes des deux nains dans la figure, ou de les empêcher d'abimer quelque chose.

Ce soir là, Danthorïn avait encore perdu tous ses duels.


« Tu progresse, mon vieil ami, tu progresse. D'ici peu tu auras les même résultats avec la hache qu'avec la dague face à moi ! »

Danthorïn se contenta d'un grognement à titre de réponse aux encouragements et se dirigea vers sa cabine. Peu de temps après, il rejoignait la table où il conversa joyeusement avec l'équipage, le souvenir de ses défaites déjà oublié. La nuit passerait vite, demain arrivée à Port-Parbot !

L'aube était à peine passée que Danthorïn et Jolundarg débarquaient à quai. Le ciel était brumeux mais la journée s'annonçait agréable.


« Parlansia nous voilà ! Déclara Jolundarg ravi.
- C'est immense ici, regarde on ne voit pas le bout des quais ! » Fit remarquer son compère.
« Port-Parbot est la troisième plus grande ville du Nord vous savez, et l'une des plus riches en marchandises de tout Parlansia ! » Déclara le capitaine de la sirène joyeuse, se présentant derrière eux. « C'est ici que nous nous séparons alors. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bon vent mes amis de petite taille. Ce fut très agréable pour tout l'équipage de vous avoir à bord, et vous manquerez surement à ce vieux Fill ! »

S'il y avait une chose de sûr, c'est que le " Vieux Fill " ne les regretterait pas. Ce jeune homme avait pour mission principale, à bord, d'astiquer le plancher du pont. Hors évidement avec leurs entrainements on ne comptait plus le nombre de fois où l'un des nains l'avait renversé, lui ou son matériel.

Remerciant encore chaleureusement le capitaine, et lui remettant au passage une pièce d'or de pourboire pour la traversée, les deux nains s'en furent dans le dédale des ruelles de Port-Parbot. Les quais semblant plutôt mal famés, et ayant vus des Taurens qui les regardaient de travers dans la ruelle de gauche, il leur fut facile de choisir leur route à la découverte du centre ville.


« Messieurs, jetez donc un œil à nos bijoux ! Vous trouvez là tous le bonheur de votre dame ! » Disait un commerçant par là.
« Poissons frais ! Poissons frais ! »Semblait lui répondre le poissonnier d'en face.

C'est un peu plus loin que les deux nains trouvèrent leur bonheur. Juste à côté d'un armurier, dont la bicoque menaçait sérieusement de tomber en ruine, se trouvait un marchand d'armes qui inspirait confiance. Pas comme les cinq autres commerces où les prix avaient faillit leur arracher le cœur.
Danthorïn ressortit de chez le marchant avec une hache de combat à une main qui pendouillait à ses cotés, soutenue par une ceinture semblable à celle de Jolundarg. La dague qu'il avait emmené de chez les NAINS restait attachée à l'intérieur de sa cape de voyage brun-gris tandis qu'il avait prit deux haches de jets, fixées sur sa gauche. Danthorïn ne maîtrisait pas encore le maniement des armes de jet mais s'était promis d'apprendre.

Après avoir regagné la ruelle, les deux nains se retrouvèrent embarqués par une foule compacte qui semblait en délire. Voilà que la ville devenait folle ? Un grondement se fit entendre, un cor reconnu Jolundarg, et le mouvement s'accéléra encore tant et si bien que, quelques instants plus tard, ils étaient poussés vers le premier rang d'un attroupement sur la place du temple.
Le temple, Danthorïn ne sus pas à quel dieu il était dédié. A aucun de ceux vénérés en Lorndor dans tous les cas. On pouvait observer, au dessus de sa porte massive, une sorte de serpent géant sortant des mers. Un dieu marin, c'était évident, après...

Ses songes furent arrêtés nets par un mouvement de foule de l'autre côté. Puis la foule des gens s'ouvrit en une allée laissant passer des gens d'armes et un homme à cheval. A son allure et sa cotte finement forgée, brillante d'argent, il était évident qu'il s'agissait là de quelqu'un d'important. Un autre homme, râblé, presque chauve et empêtré dans une sorte de robe grise, monta sur l'estrade placée au centre de la place et prit la parole, tandis que le noble s'arrêtait entouré de ses gens, sur le côté.


« Aujourd'hui, en l'an de grâce dix de l'ère des Garrack, sa grandeur Messire Jol Ferwick.... » La populace commença à acclamer le noble, qui fit un petit mouvement de bras pour encourager le héraut à poursuivre. « Messire Jol Ferwick vous offre l'exécution d'un suppôt du démon. Un démon qui rôdait autour de notre ville, projetant de l'incendier mais que nos valeureux hommes d'armes ont arrêté à temps. Il voulait donner vos maisons aux flammes de son maître, nous renverront son corps par le feu ! »

Alors que l'homme cessait de parler, Danthorïn saisi enfin ce qu'était ce tas de bois et de paille au centre de la place. Un bûcher. Un homme devait être mis à mort et a peine l'avait-il compris que, déjà, on entrainait le " coupable " vers le lieu de son exécution.

« Mais ce n'est là qu'un gamin ! » S'esclaffa t-il.
« Prudence mon ami, les gens d'ici n'apprécieront sans doutes pas que l'on remette en cause leur jugement alors que l'on vient à peine d'arriver. En plus on ne sait rien des raisons de sa condamnation. Il l'a surement mérité, même si le feu est une mise à mort bien sévère pour un jeune garçon. » Tempéra Jolundarg.
« C'est un démon ! » Fit alors l'homme qui se tenait derrière eux et qui les avait, de toute évidence, entendu deviser. « Je le sais, j'ai un frère dans la garde de Messire Ferwick. Il a été vu entrain de faire apparaître des flammes de ses mains. On dit qu'il a cramé le pauvre patron de la taverne où il était, pas'qu'il voulait pas lui donner à boire. Même qu'il se serait ensuite évaporé dans un nuage de flamme ! »

« S'il est capable de se téléporter dans le feu, chose dont j'étais incapable à mon meilleur niveau, comment diable se serait-il fait attraper ? » Pensa Danthorïn et au regard de Jolundarg qu'il croisa, il sut que son ami partageait son avis.
En revanche c'est avec un air désemparé que Jolundarg voyait Danthorïn foncer dans les hommes d'armes tenant le gamin, au moment où ces derniers passaient devant lui. D'un air consterné qu'il vit Danthorïn esquiver la lame du guerrier qui tenait derrière le prisonnier, avant que la dague du nain ne lui traverse la nuque de part en part profitant que l'homme n'ait pas encore relevé son arme.


« Voilà comment on se bat ! Pourquoi tu ne m’as pas fait ça sur le bateau ? »

Et Jolundarg détacha sa hache de mithril de la bandoulière avant de foncer droit dans la mêlée.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:40

Chapitre 6 : Le début du chaos

Comment s'appelait-il déjà ? Bill ? Ou était-ce Tom ?

Le jeune Rickard ne sait que faire, là, au dessus du cadavre du garde qui, en le conduisant à sa chambre peu de temps auparavant, lui avait encore glissé en souriant un petit pain récupéré aux cuisines. Un garde Hightower à la gentillesse aussi importante que la bedaine. Mais là, sa bedaine était percée de part en part par une lance. Il ne souriait plus. Il ne sourira plus.

Si l'homme qui avait tué le garde ne lui avait seulement accordé un regard, Rickard n'était que trop conscient que cela ne durerait pas. On se battait dans la cours, il ne reconnaissait que trop le tintement caractéristique des épées qui s'entrechoquent, le bruissement des sabots sur les pavés de marbres à l'entrée de la citadelle.

Pourquoi ? Qui étaient ces gens armés semblant sortis tout droit d'un repaire de bandits ? Pourquoi la garde ne les avaient-elle pas stoppés à l'entrée ?

Tant de questions et plus encore se bousculaient dans la tête du jeune garçon et il courrait à présent, sans savoir où il devait se rendre. Son instinct lui disait de monter, de retrouver les toits qui lui étaient si familiers. Et il courut vers les escaliers en colimaçon, vers la tour de Mestre Harfyn. Mestre Harfyn, le vieil homme si sage, lui il saurait ce qui se passait. Il était si gentil lui aussi. Et son regard l'avait si bien compris, lors qu'il passait une dernière fois ses mains sur les yeux de Messire Hightower.

Un grand bruit se fit entendre plus bas, la porte du donjon a cédé, comprit Rickard, et il reprit l'ascension de plus belle. Arrivé face à la porte du Mestre, en haut de la tour ouest du donjon central, dans la citadelle de Haute-Marée, il l'ouvrit en trombe pour se précipiter à l'intérieur.

Rickard souffla une exclamation devant le spectacle qui s'offrait alors à lui. Le vieux Mestre se trouvait assis, comme toujours, prêt de sa table de chevet mais sa tête... Sa tête se trouvait à ses pieds, et trois hommes d'armes se trouvaient devant lui. Trois hommes que Rickard connaissait. Trois gardes de son grand père, le blason des Hightower, donjon jaune sur fond rouge, ornait leur maille. L'un d'entre eux se trouvait prêt du Mestre, sa lame laissait couler du sang, le second était entrain de fermer à la volée les cages des colombes de Harfyn, les colombes qui servaient à communiquer entre les cités, et le troisième... Le troisième s'était déjà placé derrière Rickard pour lui couper la retraite, avant même que le garçon ne puisse le réaliser.


« Holà votre grâce, vous ne comptez pas déjà nous abandonner tout de même ? » Dit le troisième garde avec un regard de carnassier.
« Mestre Harfyn, vous l'avez... » C'est tout ce qui vint à la bouche du garçon, cela et quelques larmes qui se dessinaient derrière ses prunelles bleu azur.
« C'est sa faute. On nous l'avait bien dit, tiens, qu'il allait s'empresser de courir à ses colombes avertir le Roi. Mais on ne veut pas du Roi dans nos affaire nous. Si il s'était tenu tranquille on aurait tèt' pu le laisser en vie... Quoique le m'sire l'aurait probablement tué lui même, plus tard...
- Quel messire ? De l'horreur et la tristesse Rickard passait à la stupéfaction. Mon grand père est mort !
- Ouais, aussi mort qu'on peut l'être. Et on peut dire qu'il aura prit son temps. Lui répondit le second garde qui revenait vers lui, les bras quelque peu lacérés par les serres des oiseaux. Mais maintenant Haute-Marée a un autre seigneur beaucoup plus intelligent. On va te le présenter, tu verras il s'occupera bien de toi. »

Trop conscient qu'il ne pouvait rien faire seul, et ne comprenant pas tout ce qui se passait, Rickard se laissa prendre par le troisième garde qui lui enserra les poings avant que le premier des gardes, épée sanglante remise au fourreau, ne lui serre des cordes autour. Et ils poussèrent le jeune homme dans le couloir puis dans le colimaçon dans la direction d'où il venait.
Pendants qu'ils arpentaient tous les quatre les couloirs du donjon il croisa, de ci de là, des cadavres. Certains horriblement mutilés, tantôt morts de toute évidence au combat et tantôt égorgés par derrière. Si certains des corps lui étaient parfaitement inconnus et portaient des accoutrements des plus disparates, la majorité était ceux des gardes seigneuriales. Ceux des hommes qu'il avait côtoyés au cours de ce dernier mois à Haute-Marée.

Arrivé dans la cours, le spectacle étant plus intenable encore. Outre le nombre de cadavres entassés sur le côté, on voyait à présent des hommes en tenue sombres qui s'empressaient de pendre aux tours d'autres gardes et chevaliers. La fine fleur de Haute-Marée pendue par des scélérats ?
On marchait, il l'avait compris à présent, vers la salle de conseil des Hightower. Mais de Hightower il n'y en avait plus ici. Sans doute un peu de sang de cette famille coulait dans les veines d'habitants du château, mais restait-il seulement quelqu'un de vivant, parmi les occupants de la citadelle, qui soit resté fidèle ?

Rickard le savait, il lui fallait fuir. Mais fuir comment ? Et où ? Ces hommes qui le gardaient le tueraient-ils s'il tentait quelque chose ? Sans doutes pas, ils semblaient avoir des ordres à son sujet, mais était-il sensé de tenter le coup ? Et puis de qui tenaient-ils leurs ordres ?


« N'y pense même pas ! » Lui dit le garde qui fermait la marche, semblant deviner le cheminement de sa pensée. Et il poussa le garçon à la suite de ses compères dans la tour du Roi, la tour de conseil des Hightower, renommée à ce nom en faveur du Roi qui y était reçus lors de ses visites.

Ils marchèrent encore le long du couloir principal, avec toujours le même spectacle désolant des cadavres et des charognards, puis empruntèrent l'escalier.

Tout alla bien vite à ce moment là. Alors que le garde de devant passait le bord du mur, en haut de l'escalier, une lame d'acier vint séparer sa tête du tronc, d'un seul coup fort et précis.
La tête touchait à peine le sol que ses deux compagnons avaient dégainé à leur tour.


« Alerte ! » Cria celui qui fermait la marche tout en rejoignant le premier pour soutenir sa lutte.
« Hightower ! » Répondit l'homme qui leur faisait face.

A cette voix le monde reprit sa place dans l'esprit de Rickard. Ser Gowan, chef de la garde des Hightower. Ancien écuyer de son oncle Randwell Hightower, et ami en toute chose, il ne se connaissait pas plus fidèle chevalier en Haute-Marée, lui avait dit un jour Mestre Harfyn. Ni plus valeureux quand bien même il avait dépassé depuis longtemps la cinquantaine.

Ser Gowan bloqua la charge du second garde comme s'il se fut s'agit d'un enfant, avant de l'envoyer bouler contre le mur. Il reçu ensuite l'attaque du troisième et il ne fallu pas trois passe d'armes avant que ce dernier ne s'effondre, le ventre parfaitement percé en dépit de sa maille.
Malgré la chute lamentable de son camarade, le second garde revint à la charge suivit, après quelques instants, par trois autres hommes. Des hommes à tenue sombre et sans blasons comme ceux qui pendaient les gardes dans la cour, reconnu Rickard.
Mais même à quatre contre un Ser Gowan ne perdait pas pied. Taillade, contre taillade et ripostes, en quelques instants deux autres cadavres rejoignaient les quatre déjà au sol. Une simple estafilade à la joue et une entaille peu profonde au buste semblaient toucher Ser Gowan, qui revenait de plus belle vers ses piteux adversaires. Le second garde et le dernier des trois hommes en noir restant.

Rickard comprit qu'il n'avait nul besoin de s'inquiéter du sort du chevalier, et s'apprêtait à s'éclipser, quand son dos entra en contact avec du dur. Un autre homme en noir l'agrippa et le garçon sentit le froid d'une dague sur sa gorge alors que Ser Gowan embrochait de sa lame le second garde, qui s'écroulait lamentablement en libérant un flot rouge.


« Rendez vous si vous tenez à la vie du gamin Ser ! » S'époumona alors l'homme qui retenait Rickard.
Le regard acéré de Ser Gowan se reporta alors sur celui qui tenait le jeune Perlander.
« Espèce de lâche, prendre un gamin en otage, viens donc te battre !
- Je ne suis pas si sot moi, Ser. Lâchez votre arme et il ne lui sera fait aucun mal. Lui répondit l'homme en noir. « Du moins pour le moment. » Chuchota encore ce dernier, juste à l'oreille de Rickard.

Bien que peu convaincu, au vus de son regard, par la promesse de son vis à vis, Ser Gowan relâcha bientôt la pression sur sa lame et les épées se séparèrent, puis celle de son adversaire se leva et... Retomba dans le vide avec un gargouillement de son détenteur, la gorge tranchée aussi sec par l'épée de Ser Gowan.

L'homme qui tenait Rickard eu bien un geste surprit, et la force du poignard sur la gorge du garçon s'accentua un instant, mais elle se relâcha presque aussi tôt. Et l'homme en noir s'effondra en arrière laissant distinguer une lame de poignard plantée dans son dos. Une lame d'acier noir.

Celui qui l'avait lancé, un homme svelte dans une tenue complètement noire, recouverte en sus d'une cape à capuche toute aussi sombre, prit alors Rickard Perlander par la main et se mit à courir l'escalier dans l'autre sens. Rickard entendit au cliquetis de la maille que Ser Gowan s'était lancé à leur suite.
Si le prince ne connaissait pas l'identité de cet homme, il ne pouvait pas se permettre de douter d'un des seuls alliés qui semblaient encore se trouver autour de lui et se laissa guider.

Ce n'est qu'en tournant au bout d'un couloir qui menait vers des profondeurs obscures, sous le bâtiment, que Rickard distingua des formes importantes au niveau de la poitrine de son sauveur.
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Danthorïn

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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:40

Chapitre 7 : Sombres projets

« Votre seigneurie » L'homme habillé de maille bleu et d'un surcot bleu frappé d'un serpent s'agenouilla devant un autre homme, de tenue semblable mais semblant plus âgé.
« Levez vous donc Ser Willard. Quelles nouvelles ? »

Voilà quelques jours que Messire Herman Donor, seigneur de Largenham, attend ces nouvelles, ces nouvelles de l'ouest qui se faisaient tant attendre, et la patience n'avait jamais été son fort. Ces nouvelles l'angoissaient d'ailleurs comme peu de choses en étaient capables.

Herman Donor est un homme d'âge mûr, allant vers ses cinquante cinq ans, de haute stature. Large d'épaule et rien de moins que six pieds de haut, si ses cheveux gris laissent aujourd'hui apparaître son crâne en maints endroits, il porte toujours une barbiche finement taillée.
Il porte pour l'heure de simples habits de cour, aux armoiries à l'aspic des Donor. On dit que les Donor descendaient eux même de serpents, que c'est pour cette raison qu’ils possèdent ces armoiries, parmi les plus anciennes de tout Parlansia. A la vérité, l'aspic n'étaient pas dû à leur sang mais à leur fief et aux routes des Monts Nigel menant à Largenham. Des routes qui serpentent à travers des massifs montagneux, protégeant la ville de pierre bâtie en son sein par les plus anciens des hommes.
Une ville majestueuse de par sa hauteur géographique et celle de ses murs. Des murs de granit habilement disposés entre les pans rocheux, de sorte que nul passage ne saurait les dépasser. La cité ne peut par ailleurs nullement être prise à revers par une armée, étant elle même disposé devant des falaises qu'aucun montagnard en Parlansia, fut-il chevronné, n'oserait s'aventurer à escalader.

Largenham est une ville proche de Haute-Marée sur bien des aspects. En particulier du fait qu'elle possède une petite agglomération pour une citadelle immense et invincible. Bien que celle de Largenham n'égale pas celle de Haute-Marée par sa taille ou ses défenses, elle est positionnée au sommet de montagnes de telle sorte qu'une offensive soumettrai un assaillant à de lourdes pertes avant même d'attendre ses portes. Contrairement à Haute-Marée où la ville était placée hors des murs de la citadelle, la ville de Largenham, elle, est incluse dans l'enceinte de la citadelle de sorte que le peuple avait toujours été plus concerné par la défense de la citadelle contre d'éventuels agresseurs : la défense de leur foyer valant plus dans le cœur des petites gens que celle de la forteresse de leur souverain.
Enfin, la plus grosse différence entre les deux cités reste bien évidement la position de chacune d'entre elles. Haute-Marée se dresse aux bords des flots enragés de l'océan, à l'ouest de Parlansia. Largenham siège aux sommets des massifs montagneux les plus importants du sud, à l'est du royaume.

Lors de la bataille de dix ans, la bataille pour le sud, les Donors dirigés alors par le père de Herman, Messire Finlan Donor, avaient été parmi les trois dernières lignées prétendantes à la victoire, avec les Perlander, bien sûr, et les Roosheart. Les lourds guerriers de l'extrême sud.
Il avait finalement fallut, pour Erwin Perlander, qu'il dépêche la moitié de ses armées avec son frère Wilfrid à leur têtes afin d'en finir des prétentions du maître de Largenham. Attaque qui coûta un ultime siège et qu'une une vaine tentative de sortie des Donors conclu. Finlan Donor fut forcé de se déclarer vaincu
La bataille de Largenham passe pour la dernière vraie bataille de la guerre.

Finlan Donor avait alors conclu un pacte d'allégeance. Il avait toujours répondus présent lors que le Roi le quémandait, en dépit de son âge avançant. Et malgré tout le mépris apparent qu'il recevait de Perlander, il courbait l'échine. « Il y a un temps pour la gloire, et un temps pour la honte. Il suffit de veiller à ce que nous n'oublions pas le goût de la gloire », avait un jour répondus Finlan à son fils, tandis que ce dernier l'interrogeait sur son comportement à la cour.
Jamais il ne pourrait pardonner aux Perlander, il leur ferait payer leur insolence, s'était promis Herman.
Finlan Donor était mort. Il était mort pendant une nuit, durant son sommeil avait-on apprit. Une mort inattendue tant il était encore en forme la veille, et il est connu que les serpents ont la vie dure. Toujours est-il que Herman prit la succession de son père bien plus tôt qu'il ne semblait le devoir et, à la surprise de ses familiers, changea du tout au tout son comportement. Calme et serein, il entretint vingt ans durant de bons et loyaux services envers la couronne.


« Un pigeon est arrivé il y a peu. De Haute-Marée. » Répondit le chevalier à bout de souffle. De toute évidence il avait couru apporter la nouvelle dès qu'il en avait eu connaissance. « Messire Golbert Sal-Thorg se présente à tous les souverains de la couronne du sud comme nouveau seigneur et maître de la cité de Haute-Marée et de toutes les terres en dépendant. Il annonce aussi que le jeune pince Rickard Perlander est son " invité " de marque.
- Tout s'est donc passé comme prévu. Bien, portez les nouvelles à Ser Morell et Ser Talbhar. Et faites en sorte que la nouvelle de ce " coup d'état " se répande rapidement dans la basse ville... Vous pouvez disposer.
- Bien Messire. »

Sal-Thorg... Une fripouille. Chef d'un groupe de soit disant justiciers, formé d'hommes en général recherchés pour des crimes divers et variés dans leurs provinces d'origine, ou tout simplement issus des plus bas niveaux de la société. En fait, ce groupe n'est rien d'autre qu'un groupe de mercenaires et de pillards sans foi ni loi. Sans autre amour que l'or, servant la cause qui leur en donnera le plus.
Aussi haut que l'on cherche, nul ne saurait aujourd'hui lier ces hommes à aucun seigneur de la couronne du sud. Le Roi Perlander a déjà fait ordonner l'arrestation de Golbert Sal-Thorg ainsi que celle de ses bras droits, et ce depuis quelques années, mais nulle troupe royale, nul chasseur de prime, n'était parvenu à mettre la main sur eux. Ou du moins sans le payer de sa vie et de façon pour le moins barbare.

Aussi, quel meilleur homme Herman Dolor eut-il pu trouver pour cette tâche ? Prendre Haute-Marée par traitrise, après la mort de son seigneur et maître, voilà qui était facile à organiser. Mais si les Donors avaient envoyé l'un des leurs, ou l'un de leurs vassaux, prendre la tête de pareille opération, c'eût-été leur perte.
Haute-Marée ne tomberai pas facilement entre leurs mains, pas plus que ne tomberait aisément Largenham, une nouvelle fois. Mais les Perlander avaient tout le pouvoir sur le sud, et même si les Donors trouveraient assurément soutien dans leur cessation, jamais ils ne sauraient rassembler plus de forces que le Roi.

Aussi le seigneur de Largenham avait recruté les racailles de Sal-Thorg. Lui avait donné carte blanche sur le pillage et promis officiellement la seigneurie de Haute-Marée, dès lors que les Donors seraient sur le trône du sud. Tout ce qu'il avait à faire c'était de prendre la citadelle, prendre le jeune prince que le Roi avait si gentiment mit à leur disposition dans la ville de l'ouest, et clore les portes.
A ce moment là un message à toutes les cités et seigneuries du royaume sud serait à envoyer.
Erwin Perlander ne pourrait pas attaquer de front et sacrifier son fils ainsi. Fut-il le fils qui avait causé la perte de sa femme. Son honneur lui interdisait pareil geste.
Mais la nouvelle de la chute de Haute-Marée aux mains de ces brigands, et le manque de réactivité du Roi, auraient deux effets : agacer ses soutiens qui voudraient attaquer Sal-Thorg immédiatement, d'une part, et d'autre part faire passer le message que le Roi n'a pas la maîtrise totale des événements, que sa couronne reste fragile.
Les Roosheart, fidèles à leurs caractères durs et prompts aux décisions périlleuses, pourraient bien lancer les hostilités. Sinon quelques manœuvres bien ajustées feraient le travail. Le sud se retrouverait a nouveau en guerre et, cette fois, les Donors sauraient prendre leur chance.

Mais il fallait avant tout rester dans l'ombre. Nul ne devait soupçonner la présence du serpent sous le roc. Pas avant qu'il n'ait pu inoculer tout son venin.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:40

Chapitre 8 : La garde grise

L'une des lunes est pleine ce soir, l'une des deux lunes de ce monde. La nuit s'est couchée depuis un moment mais, grâce à elle, les hommes et les quelques femmes les accompagnants n'avaient aucun mal à observer le paysage et la chute des neige au dehors de leur abri précaire. Ils s'étaient abrités dans une petite caverne, sans doute creusée par l'érosion d'un fleuve depuis longtemps tari, sur le flan d'une falaise. Une falaise elle même perdue dans les arbres sans feuilles d'une forêt.

C'est sous les bruissements des arbres que Vivian Snow s'est endormit, arbres touchés par un vent froid mais avant tout par la couche de neige qui s'accumule. Emmitouflé dans des laines brunes il semblait faire un rêve. Il marmonnait quelque chose dans son sommeil mais on ne pouvait comprendre quoi. Régulièrement on pouvait entendre le bruit sec d'une branche qui cédait sous le poids de l'eau cristalline.
Entourés principalement de forêts de pins et autres résineux, les branches n'étaient pas forts solides.

Cela faisait quelques jours maintenant que le groupe s'était éloigné de Port-Parbot, mais le bruit des sabots sur les dalles de la ville sonnait encore dans l'esprit de Danthorïn. Il avait un bandage à son bras droit. Percé par une petite lame dans les affrontements, la blessure le rendait incapable de tenir l'épée pour le moment, mais la douleur n'était pas si terrible. Pas si terrible en tout cas que le froid tombé sur eux depuis la veille. Un froid que le nain n'avait plus ressentit depuis son voyage aux Pics Daimonïn, mais plus humide que celui du nord du Lorndor. Si humide qu'il n'avait pas fallu longtemps pour qu'une tempête de neige se lève et ne les rendes incapables de continuer leur route.


« Au moins avec ça les troupes de Port-Parbot ont dû faire demi-tour pour se remettre au chaud, plutôt que de continuer à nous courir après. » Disait justement Hurdan Velt, le chef des gardes gris.
« Je l'espère, je n'aime pas beaucoup monter vos chevaux. Un nain est fait pour être piéton ou éventuellement monter des griffons. Si on est plus poursuivis on pourra réduire le rythme et se contenter de marcher ! » Lui répondit Jolundarg en forme d'espoir.

Jolundarg n'avait, pour sa part, écopé que de quelques éraflures bien vite oubliées dans le froid mordant. Froid qui d'ailleurs ne touchait pas tant ce guerrier habitués à ces températures infernales depuis l'enfance.

Ils étaient passés tout prêt de la mort cette fois. Et Jolundarg avait avertit plus d'une fois Danthorïn, dans les jours qui suivirent, que la prochaine fois qu'il voulait faire son malin il lui faudrait se débrouiller tout seul pour revenir en vie.
Si l'arrivée fracassante, dans tous les sens du terme, du guerrier nain dans la mêlée avait semé un beau désordre, le nombre ne donnait toujours pas la moindre chance aux deux nains de s'en sortir. Et avec le jeune garçon à protéger en sus, le déséquilibre pouvait presque paraître comique. Après avoir séparé en deux le premier garde, arraché une partie de l'abdomen d'un second, Jolundarg avait rejoint Danthorïn au centre de la place. Danthorïn qui, lui, avait déjà le bras en feu, percé d'acier, et était déjà entouré d'une dizaine d'homme d'arme pour les trois pauvres soldats morts à ses pieds, et un dernier prostré dans un coin, sa main pleine de sang.

A ce moment là, le seigneur qui avait été nommé par le prêcheur Jol Ferwick appela au calme et ordonna la capture des poignets des deux nains. La populace, elle, avait déjà à moitié quitté la place. Mais certains se montraient prêt à égorger les deux perturbateurs, pour peu qu'ils tombent à porté de leurs fourches et autres couteaux. Alors que tout semblait perdu, et que la seule manière de survivre, un temps du moins, semblait être la reddition, une pluie de flèches cueillit les gardes concentrés sur leurs deux petits adversaires. Dans leur dos comme de face des flèches jaillirent, pour la plupart des toits mais certaines aussi de la foule restante.
Danthorïn vit le garde qui lui tenait les poings s'affaisser, trois flèches lui perçant le dos et une la poitrine. Il vit que la plupart des gardes les entourant étaient dans le même état et, prenant sa hachette de la main gauche, il la planta dans le dos du dernier garde debout à sa porté, tandis que ce dernier cherchait de toute évidence les archers des yeux.
Jol Ferwick, entouré d'une vingtaine de cavaliers en armures, reflua aussitôt vers la bâtisse, au fond de la rue opposée à celle d'où étaient arrivés les nains. Probablement la citadelle de la ville. A contre sens arrivaient une troupe d'homme d'armes, bien armées ceux-ci et d'âge mûr apparemment, tous droit sortis des casernes. Ce n'est qu'à ce moment là que Danthorïn prit conscience des cloches du temple qui sonnaient, donnant l'alarme dans toute la ville.
Le nain se sentit tiré vers l'arrière, la solide poignet de Jolundarg l'entrainait vers une autre ruelle tandis que des hommes habillés de capes grise entrainaient le jeune homme qui devait être exécuté. Après quelques instants de course, deux hommes gris jetèrent Danthorïn en croupe derrière un troisième, et il partit au galop. Jolundarg subissait le même sort derrière lui, bien que le soulever fût moins aisé pour leurs soutiens.

Ce n'est que plusieurs heures après que la nuit fut tombée qu'enfin les cavaliers s'accordèrent une pause. Ils avaient jusque là cavalé sans interruption à travers routes et ruisseaux, champs et forêts, sans prendre la peine de se nourrir ou de reposer les chevaux. Ce n'est qu'après avoir rassemblé du bois à peu prêt sec et fait deux feux, autours desquels les hommes gris se rassemblèrent, que les nains furent conduits auprès d'un homme massif.

Une musculature impressionnante se discernait derrière sa cape grise, cape semblable à celles de tous ses compagnons. Une épée était ceinte à son ceinturon, bien en évidence, et il ne faisait aucun doute que l'homme savait s'en servir. Ses cheveux long et brun sombres étaient attachés dans son dos, en natte. On pouvait discerner les restes d'une barbiche bien taillée au milieu de sa barbe de quelques jours.
Aux côtés de l'homme qui paraissait leur chef, se tenaient deux autres hommes.
Le premier était plus impressionnant encore que le chef, si c'était possible. Il mesurait plus de six pieds de haut et était aussi massif qu'un nain, son crâne chauve et de multiples boucles d'oreilles, assortis de tatouages violents dans son visage achevaient de lui donner une allure pour le moins barbare. La grande hache d'acier à double tranchant dont il tenait l’anse de sa main droite, aurait ôté le courage de guerriers plus valeureux que les deux nains de s'attaquer aux camarades de l'homme. Il portait par ailleurs le même type de cape que ses autres camarades, juste démesurée en taille.
Le second homme tranchait clairement avec le premier et leur chef. D'allure plus fine et élancée, on discernait sous sa cape les reflets de deux lames bleutée. Jolundarg fit remarquer à son compagnon, en approchant, qu'il l'avait vu combattre quatre hommes d'un coup lors de leur fuite. En quelques instants les quatre étaient au sol avec un membre en moins. Il était le seul à porter capuche, plus grande que son visage, qui cachait ses traits.

C'est par la voix du second homme que les nains furent accueillit, et ils tressaillirent.


« Qui êtes vous ? » Les interrogea une voix ferme et claire, mais incontestablement une voix de femme.

S'en suivit une conversation qui dura bien la moitié de la nuit. Non satisfaits de savoir d'où ils venaient, les hommes en gris voulurent en savoir plus sur les deux nains et sur leur ancienne patrie. Ils furent particulièrement attentifs aux récits de Danthorïn, et à ses histoires sur la magie en Lorndor et ses propres pouvoirs.
En échange les hommes, et femmes, en gris se présentèrent. Il s'agissait de " La Garde Grise " comme ils se faisaient appelés. Ou comme on les avait appelés. Eux même ne le savent plus guère aujourd'hui.
Ces combattants, avant tout connus pour leurs talents d'archers mais aussi par les armes de poing, regroupaient des gens qui se dressaient contre les cultes sombres de Parlansia, cultes qui martyrisaient les gens touchés par la magie.

Aussi, outre le fait d'accepter dans leurs rangs quelques sorciers, ils voyageaient de manière discrète à travers le continent et tentaient de porter de l'aide aux sorciers lorsqu'ils le pouvaient. Les sorciers de Parlansia n'ayant pas la même puissance que ceux du Lorndor, il leur était nécessaire de porter les armes pour assurer correctement leur service, aussi ils n'étaient pas reconnaissables parmi les autres gardes.

Lorsque la garde apprenait la capture et la mise à mort prochaine d'un sorcier, elle avait pour habitude se s'en aller voir l'exécution afin de bénir l'âme de supplicié. Et bien évidement de mettre le plus de bâtons dans les roues possible au seigneur local, sans s'exposer inutilement. Hors donc, tandis que deux nains sortis de nulle part fonçaient au secours du jeune homme qui marchait vers le bûcher, ils n'avaient eu d'autre choix que de leur prêter assistance.


« Sept hommes et une femme ont péris dans l'opération. » Leur apprit le chef qui se présenta sous le nom de Hurdan Velt.
Face aux excuses des deux nains il leur rétorqua que pareille mort était la mort la plus honorable que pouvaient espérer des gardes gris. Mais il ne leur dit pas combien le manque de renforts se faisait sentir depuis quelques décennies. Velt ne leur dit pas non plus que pour une centaine d'hommes et de femmes de la garde aujourd'hui, il y en avait jadis plus d'un millier. Et seuls deux douzaines étaient présentement à leurs côtés, les autres vacants à d'autres occupations, ailleurs en Parlansia.

Velt leur présenta ses deux officiers. Le premier et solide combattant était Grand Jon, un guerrier originaire de l'extrême sud de Parlansia, des terres des Roosheart. Le second, ou plutôt la seconde, se faisait appeler " La lame gelée ". Venue de nulle part, elle était apparue un jour dans un petit village de l'extrême nord de Parlansia du nom de Douceneige. Élevée par des paysans, Hurdan Velt l'avait remarqué lors d'un passage de la garde dans les environs, et elle les avait suivit. Bien que très jeune, pas même la vingtaine selon Velt, elle s'était vite montrée plus habile avec ses deux lames courbes qu'aucun autre membre de la garde épée à la main.
Elle ne retira pas un instant sa capuche au cours de les discutions de la soirée, pas plus que les jours suivant, empêchant les nains de voir son visage. Et tout ce qu'ils purent obtenir de plus à son sujet fut qu'elle était appelée Evangelina dans le village de Douceneige. Nom qu'elle avait abandonné d'autant plus facilement qu'il n'avait jamais été celui de sa naissance, c'était d'ailleurs elle même qui s'était trouvé celui qu'elle portait aujourd'hui.

Dans les jours qui suivirent, les nains firent route avec la garde. Port-Parbot avait assurément dû lancer des cavaliers à leurs trousses et probablement même envoyé des pigeons vers d'autres cités du nord, pour dépêcher de nouvelles forces contre eux. Finalement la tempête les avait prit et voilà qu'ils étaient bloqués dans l'ombre de ces roches.

Jolundarg avait vite sympathisé avec le chef de la Garde et passait son temps avec lui. Danthorïn, pendant ce temps, était perdu dans ses pensées tout en regardant Snow dormir. Ce qu'il avait ressenti sur la place de Port-Parbot, tandis que le garçon passait devant lui, lui revenait à l'esprit.
« Une flamme, j'ai vus une flamme derrière lui. Une flamme qui ressemblait tant à la matérialisation de mes pouvoirs, et cette ombre si familière derrière lui... Il me fallait le sauver, je l'ai sus instantanément, mais maintenant ? »

La nuit est sensée porter conseils, et demain le groupe reprendrait sans doutes la route. Les réponses viendront quand il le faudra, conclu sans doute Danthorïn avant de s'enrouler à son tour dans ses couvertures et de se laisser aller à des rêves où il possédait encore ses pouvoirs.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:41

Chapitre 9 : La forêt noire

La pleine lune seconde. Il s'agit de la phase où la seconde lune, celle qui apparaît plus petite des deux lunes de ce monde, est pleine. Aujourd'hui même pleine elle ne suffit pas à éclairer le chemin de la forêt noire.
Ce chemin est plutôt étroit, il suffirait à peine à laisser passer une carriole à la fois. Du moins sans précipiter celle qui voudrait la croiser dans les bas côtés. Il était autrefois composé de gravier, aujourd'hui la boue est bien plus présente que la caillasse et, par endroit, la végétation elle même a reprit ses droits.
La veille, la petite troupe avait même croisé un chêne qui devait bien avoir une soixantaine d'années et qui se trouvait planté en plein cœur du tracé de la route.

La végétation, par ailleurs, avait été plutôt habituelle lorsqu'ils étaient entrés dans les bois. Aux forêts de chênes, avaient succédés des forêts de bouleaux puis de pins et autres résineux, et sans qu'ils s'en rendent compte le groupe s'étaient retrouvé coupé de la lumière du soleil de part ces arbres toujours plus resserrés. Maintenant la végétation était inconnue pour Rickard Perlander et il voyait bien que Ser Gowan, en dépit de l'apparence sûre de lui qu'il voulait se donner, était lui aussi hésitant en avançant dans les bois.

La femme en tenue de combat noire, qui s'était présentée à lui sous le nom de Lleyane à la suite de leur fuite de Haute-Marée, elle aussi ne semblait pas très à l'aise dans cette environnement. Pourtant c'était bien elle qui avait insisté pour prendre cette route.
Rickard les avait entendus, elle et Ser Gowan, parler de vive voix tandis que, pensaient-ils, lui dormait.


« La voie sombre, au cœur de la forêt, est la seule route que nous puissions prendre. » Disait-elle.
« C'est faux, il y a trois autres chemins possibles pour Thorg Réal, outre la voie royale un chemin passe par le col brumeux et nous pouvons prendre un navire dans n'importe lequel des villages environnants. Ces villages ne soutiennent certainement pas Sal-Thorg.
- Vous savez comme moi que c'est impossible chevalier. » Trancha le femme elfe derechef. Sal-Thorg a assurément dû envoyer des hommes à lui sur la voie royale comme au col brumeux, quand aux paysans et pêcheurs du coin leur fidélité ne dépassera pas quelques pièces d'or, et promesses juteuses et nous n'avons pas les moyens de verser autant que Sal-Thorg. La forêt n'est pas sûre mais elle conduit au sud, vers Thorg-Réal, et nul des manants de Sal-Thorg n'oserait entrer dans "la forêt maléfique" » Conclut-elle avec un souverain méprit dans la voix.
« La forêt est sauvage depuis des siècles...
- Votre peuple a chassé le miens qui vivaient dans ces sombres forêts depuis des millénaires, c'est par votre faute qu'elles ne sont plus sûres, mais elles restent nos terres légitimes, mes terres ! » Rétorqua encore la femme.

Tout était dit, et les trois voyageurs avaient reprit la route à la nuit tombée, sortis de la crevasse où ils avaient passé la journée afin de ne pas se faire remarquer. Avant l'aube la forêt était devant eux.

Après quelques jours de marche, jours et nuits n'étaient plus guère discernables sous le couvert des sombres feuillages.

Le groupe avait, à la sortie du souterrain par lequel ils s'étaient enfuis de Haute-Marée, trouvés un poney et deux chevaux de course préparés par Lleyane à l'intention de leur fuite. Trois chevaux en fait, car elle ne savait combien pourraient se joindre à eux avant de se lancer dans l'aventure, mais ils ne prirent pas le temps d'harnacher le troisième à leur suite.
Malheureusement cette fuite avait été rapidement interrompue par une dizaine d'hommes en armes, probablement membres de l'arrière garde de Sal-Thorg, et aux affrontements qui suivirent seul le poney que montait Rickard, non impliqué directement dans le combat, survécus. Les montures de Ser Gowan et Lleyane furent tués respectivement par une lance lors de sa tentative de charge et des suites des flèches reçues lors de la fuite de la seconde. Les chevaux de leurs adversaires vaincus au combat, eux, ne purent être pris dans la précipitation.
Contraints à la marche, le poney portant le peu de provision qu'il restait de ce qu'avait préparé Lleyane, le groupe se reposait donc lors que la fatigue se faisait ressentir. Ils ne pouvaient toutefois pas se permettre de se reposer à chaque fois que le jeune Perlander avouait être faible, sans quoi ils ne seraient pas sortis de la forêt avant l'épuisement de leurs réserves, et les contes que Rickard avait entendus enfant sur la forêt où il se trouvait ne lui donnaient guère envie de mettre les pieds hors du chemin, à la recherche de gibier. D'ailleurs pas même le valeureux Ser Gowan ne proposait pareille option et il ménageait sa part de ration.

La forêt sombre, ou noire, est l'un des berceaux historiques des elfes noirs. C'est en fait le seul lieu où ces derniers vécurent qui soit directement en contact avec le monde des humains, ce qui en fit un havre de paix et de commerce entre les deux peuples... Pendant de longs siècles.
Mais petit à petit les relations entre les deux peuples se détériorèrent. La première cause est bien sûr la désapprobation de ces liens par les elfes de lumière, elfes qui combattirent aux côtés des humains de nombreuses fois quand les elfes de l'ombre, eux, restaient sous le couvert des arbres isolés. Très probablement, les elfes de lumière firent pression sur certains seigneurs des royaumes humains afin qu'ils coupent leurs contacts avec les elfes de l’ombre.
Certains seigneurs étaient aussi jaloux des richesses et des connaissances du peuple de la forêt, peuple qui était nettement plus avancé que les humain dans les traitements médicaux à base de plantes comme dans la forge de métaux d'une qualité extraordinaire.
Des contes apparurent, des légendes de même. Les animaux de la forêt noire, différents de ceux du reste de Parlansia, furent considérés comme des monstres tueurs d'enfants et autres sornettes de sorte que, finalement, des humains osèrent dépasser l'orée de la forêt et entrer dans les terres des elfes noirs. Les elfes sombres répliquèrent en renvoyant les têtes des hommes qui avaient pénétré leurs terres aux seigneurs humains incriminés et ce fut la guerre. Le peuple sombre, ne voulant pas sortir de leurs forêts pour combattre, et voulant éviter que la vie ne soit menacé autour d'eux, choisit de s'exiler au nord de Parlansia. Comme on le sait, peu d'elfes noirs reviennent du nord aujourd'hui.

Après un temps de sommeil, temps qu'il ne pouvait déterminer, Rickard s'éveilla. Les ronflements durs du chevalier s’entendaient un peu plus loin, adossé qu'il était à un arbre sombre, sombre comme tout ce qui les entourait d'ailleurs. Il leur fallait des torches pour cheminer sans risques dans la forêt.
De l'autre côté de leur campement un souffle au contraire léger se faisait entendre, celui de Lleyane.

Elle était toujours calme et polie quand elle lui parlait. D'abord évasive à ce sujet, elle avait finie par lui en dire plus sur sa présence dans la citadelle et sur son aide. Elle avait entendus des rumeurs obscures et pensé que sauver un prince était une bonne occasion de trouver rançon plus élevée auprès du roi son père que nul autre travail.
Rickard ne pouvait se résoudre à croire que telles furent ses seules motivations, toujours est-il que Ser Gowan la considérait comme telle, une mercenaire, et ne tolérait sa présence qu'à la manière d'une nécessité dans le but de mettre le jeune seigneur en sécurité.

Après quelques instants Rickard prit conscience d'une lumière. La forêt n’était plus si obscure tout à coup, une lueur éclairait son visage. Relevant ses couvertures il regarda autour de lui, l'éclair lumineux venait de la droite du chemin, au loin, on eu dit un feu... Mais en plus lumineux.
Aucune logique, aucun raisonnement, ne pouvait plus le toucher. Et il se mit à marcher vers la source de son attention après avoir juste ceint l'épée d'acier qu'il avait obtenus des mains de Ser Gowan, suite à leur fuite.

La lumière semblait toujours plus lointaine tandis qu'il avançait, stoppé régulièrement par les ronces et la végétation abondante de cette profondeur de la forêt. Pourtant lors qu'il s'effondrait au sol, le pied dans une racine, ce fut comme si la lumière l'attendait et il se relevait pour courir de plus belle dans sa direction.

Finalement la lueur s'immobilisa. Encouragé dans sa poursuite, Rickard approcha pour découvrir une clairière. Le ciel se distinguait à nouveau, un ciel étoilé et les deux lunes, deux lunes d'une étrange lueur rouge qu'il ne leur connaissait pas. Au centre de la clairière se tenait une jeune femme, une femme magnifique.
Elle devait mesurer à peu prêts cinq pieds, soit un peu plus petite que Rickard, mais était apparemment légèrement plus âgée que lui. Blonde, des yeux bleus azur remarqua le jeune prince en avançant, mouvement qu'il ne se sentait pas même faire alors qu'il était pourtant fourbu. La jeune femme portait une simple toile fine qui masquait sa pudeur et l'un de ses seins, de tailles modestes mais beaux, le reste de son corps dénudé. Ses pieds nus étaient posés sur un sol qui semblait fait de marbre tandis qu'elle se tenait au dessus d'une table.

Levant la tête tandis que Rickard arrivait à elle, elle lui désigna la table, et le prince remarqua qu'elle était couverte de mets succulents. Viandes de chevreuil, de sanglier et d'ours accompagnés de fruits de mers qu'il se savait reconnaître, il y avait là des sauces de diverses couleurs accompagnés de champignons. Une écuelle était emplie d'un saumon cuit qui reposait sur des céréales, saumon dont le fumet était couvert par celui du pain tout juste sortis des fours qui se trouvait à côté de lui.

La jeune femme fit un mouvement lui indiquant de se servir tandis qu'elle s'asseyait dans un fauteuil de branchages que Rickard n'avait pas perçu jusque là. Et Rickard se jeta sur la nourriture aussi avidement que s'il n'avait pas mangé depuis des mois. Son estomac qui avait du se contenter de maigres nourritures plusieurs jours de marche durant ne pouvait pas tenir face à cette tentation.
Il avala derechef une pomme qui trainait par là, avant de se saisir d'une cuisse de poulet dans laquelle il planta ses dents avec force, tout en tournant autour de la table pour chercher ce qui ferait sa prochaine bouchée.
Il ne remarqua que trop tard le mouvement dans son dos, et une griffure soudaine à la taille lui tira un hurlement. Son surcot fut tranché en deux le long de son dos, et son sang commença à se déverser dans l'eau qu'il l'entourait. L'eau...

Il était maintenant entrain de se débattre dans une eau boueuse, emplie d'algues diverses au cœur de la nuit. Le buffet, la table, le sol de marbre... Disparus. Il restait la clairière et les lunes rouges, lunes qui éclairaient non pas une jeune femme mais une créature longue, de couleur mêlant plusieurs tons de verts et aux ailes de chauves souris. Un dragon, fut le premier réflexe de Rickard tandis qu'il esquivait douloureusement la frappe d'une des pattes de la bête, en tentant vainement de l'atteindre d'un revers de son épée.
Mais la bête arracha bientôt son épée d'un coup de mâchoire, perforant ce faisant sa main droite. Et Rickard se rendit compte que la bête était trop petite pour être un dragon de ces légendes qu’il avait lu. La créature avait gardé la taille de la jeune fille, et ne disposait pas de membres antérieurs. Une vouivre.

Un coup violent à sa taille fit saigner sa blessure dans le dos de plus belle et le jeune homme s'effondra une nouvelle fois dans la nasse marécageuse, trop affaiblit tant pas les coups du monstre que par le manque de nourriture.
La vouivre lança alors une sorte de crie de victoire et se jeta mâchoire en avant vers la nuque de son déjeuner.

Sa mâchoire ne se referma toutefois non pas sur la nuque frêle du garçon mais sur le torse solide d'un homme adulte, et Ser Gowan s'effondra à son tour dans l'eau sale. Rickard observa alors la manière dont Lleyane se jeta à l'assaut de la vouivre à l'aide de la simple pique qu'elle avait employé jusque là pour la marche. Quelques griffures et tâches de sangs eurent beau apparaitre, bientôt, sur son vêtement sombre, sa lance de fortune ne finit pas moins par se trouver en travers de la gorge du reptile. La vouivre s'effondra dans un grondement rauque, l'eau l'environnant prit une couleur bleu-violette tandis que le sang vicié de la créature s'y déversait.

Après quelques minutes de recherches, Lleyane revint au garçon et au chevalier pour leur dire qu'il était impossible de retrouver le chemin. C'était comme si la forêt avait avalé les traces de leurs passages, il leur faudrait se passer de leur poney, des vivres qu'il transportait comme des herbes qui s'y trouvaient. Il leur fallait se soigner dans la clairière.
Lleyane tapissa le dos et le torse de Rickard d'herbes et d'une substance collante qu'elle sortie d'une fleur bleue qui poussait à proximité de l'eau marécageuse. Elle lui conseilla de ne pas faire de mouvement brusque afin de permettre à la blessure de cicatriser rapidement, elle n'était heureusement pas profonde.

La morsure de la vouivre au torse de Ser Gowan était une autre histoire. Le coup qu'il avait prit était destiné à être le dernier porté à la proie du monstre, et les vouivres avaient pour habitude de mêler à leurs coups finals un poison qu’elles secrétaient naturellement et pouvaient faire couler à volonté le long de leurs dents en pointe.
La première morsure, à la main de Rickard n'était, par chance, pas enduite de poison. La seconde l'était, et Ser Gowan en avait fait les frais. De l'aveu de Lleyane une seule herbe avait été trouvée, il y a des siècles, par son peuple pour guérir le poison des vouivres, et ce remède ne pouvait être préparé à l'aide de la végétation qui les entourait.

Se sentant partir, Ser Gowan eu encore la force de prononcer quelques mots. Ils furent pour Lleyane.
« Prend soin de Rickard Perlander ». Des mots proférés à destination d'une personne pour qui il n'avait eu, jusque là, que défiance.
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Danthorïn

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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:41

Chapitre 10 : Grand conseil

Dans l'ombre d'une bannière déployée, au griffon enflammé Perlander, se tient Kardock. Le jeune homme, allant vers ses vingt cinq ans, se tient au sommet du donjon de la citadelle de Thorg-Réal. S'il s'agit de l'un des postes préférés de son pauvre petit frère, retenus à Haute-Marée aux dernières nouvelles. Ce n'est toutefois pas pour penser à lui qu'il a grimpé les escaliers de la tour.
Kardock se tiens face à la plaine de Grundet, accompagné de Mestre Falk et une longue vue en main.


« Vous voyez les bannières à présent messire ?
- Oui Mestre, comme vous le supposiez il s'agit bien de l'aspic Donor. Et si j'en juge par les couleurs vives qui entourent la leur, les Donors sont venus avec plusieurs de leurs bannerets.
- Il fallait s'y attendre. Herman Donor a toujours été prompt à rejoindre les conseils lorsqu'on l'appelle, et au vus des événements...
- Ce serpent va être des plus vivaces...
- Oui messire. Mais votre oncle Wilfrid vous a demandé d'accueillir les seigneurs de premier rang vous même, et les Donors comptent parmi les plus importants.
- Oui, nous y allons. Venez avec moi Mestre, je ne connais guère les bannières des seigneurs du roc aux serpents et j'aimerais que vous me parliez d'eux lors de l'approche. » Puis s'adressant à un valet qui les suivait, Kardock reprit. « Veuillez prévenir Messire Dirkstone, Messire Arvenell, Ser Form et Ser Danvell que je les attend pour marcher aux devant des Donors d'ici une demi-heure. Ils devraient se trouver dans la salle du saint griffon. »

Tandis que le valet s'éclipsait rapidement, Kardock Perlander et Mestre Falk entreprirent de rejoindre à leur tour, plus calmement, la partie seigneuriale de la citadelle.

« Messire Donor et ses suivants devraient prendre leur temps pour arriver, maintenant qu'ils sont en vue de Thorg-Réal. Ils considèreront comme normal d'attendre qu'on vienne à eux, il n'y a donc pas lieu de se presser. » Reprit Mestre Falk.

Et ils ne le firent point. Une demi-heure plus tard, néanmoins, le jeune seigneur et le mestre montaient leurs propres montures en compagnie des seigneurs et chevaliers qu'avait mandé Kardock. Si la monture de Mestre Falk ne payait pas de mine, un étalon emprunté pour l'occasion à l'un des nombreux chevaliers des Perlanders, Kardock lui montait l'une des plus belles juments du sud. Un cheval à parure blanche que lui avait offert son père pour son dix huitième anniversaire et qui ne servait guère que pour les grandes cérémonies à cheval. " Une monture de seigneur "avait fort justement annoncé le roi.
Leurs compagnons, deux seigneurs et deux chevaliers, comptaient parmi les plus importantes personnalités présentes en cet instant à Thorg-Réal, du moins parmi ceux fidèles entre les fidèles au griffon Perlander.

Messire Solberg Dirkstone d'abord. Seigneur de la ville de Fer-Thorg, située en altitude au plus prêt de la source du Thorg, est le Banneret de plus important des Perlander de Parmalie. Parmalie le fief d'origine d'Erwin Perlander et actuellement en possession de son frère cadet Wilfrid. Les Dirkstones furent les principaux artisans de la victoire des Perlander à la guerre de dix ans.

Messire Arvenell est, lui, seigneur de la ville des Quatre Vents encore appelée Repère des aigles. Cette citée n'est pas, contrairement à ce que laisserait entendre ses noms, une ville de montagne, mais elle est situé au sommet des collines les plus venteuses du sud, territoire des terribles aigles impériaux qui dirigent parmi les oiseaux. Les Arvenells possèdent leur propre fief en cette Plaine venteuse, nom du fief, le territoire du sud le moins important par la taille mais l'un des plus riches, renommé entre autre pour le dressage à la chasse de ses aigles.

Ser Form, ensuite, est le maître d'arme de Thorg-Réal. Ancien chef de la garde de Grundet il fut élevé à cette dignité lors de l'accès au pouvoir d’Erwin Perlander, afin de louer ses talents militaires. Âgé à présent de plus de soixante dix ans, il n'en garde pas moins une stature impressionnante et possède le respect de tous, à travers les seigneuries du royaume. C'est aussi lui qui enseigna le maniement des armes à chacun des jeunes Perlander, raison pour laquelle Kardock est prêt à lui confier sa propre vie, et c'est aussi en partie pour cette raison qu'il l'a choisi en vue d'accueillir les Donors.

Ser Danvell complète le groupe d'émissaires. Guère plus jeune que Ser Form, le vieux Ser Danvell est un vétéran de la guerre de dix ans comme de nombreuses autres grandes batailles antérieures, parmi celles qui déchirèrent les territoires du sud. Il a en effet passé la plus grande partie de sa vie au service des Roosheart, la seigneurie le plus souvent en guerre à l'époque. Lors que son seigneur Richard Roosheart s'était rendu aux Perlanders, Ser Danvell avait été mis au service du vainqueur.

Le groupe se mit en route, la traversée de la place de la citadelle est rapide. En revanche celle de la ville bourgeoise de Thorg-Réal, nécessaire afin de rejoindre la porte de la rivière donnant sur la plaine de Grundet, face aux arrivants, est nettement plus longue. La ville fourmille d'activité lorsque se déroulent des événements extraordinaire, c'est bien connus, et aujourd'hui cela se confirme plus que jamais. Partout les auberges affichent complet, complet et une bannière différente aux armoiries d'un autre des seigneurs qui sont invités à participer au grand conseil royal. Hors comme tous les seigneurs de la couronne du sud ont été invités, même si un bon nombre ne se déplaceront pas la ville n'en est pas moins bondée d'étrangers.

A peine arrivés à la porte, celle-ci s'ouvrit pour laisser passage au jeune seigneur de Thorg-Réal. Les gardes avaient bien évidements vu s'approcher les nouveaux visiteurs et attendaient ceux qui partiraient à leur rencontre.

Pendant qu'ils approchaient des nouveaux venus, Kardock interrogea Mestre Falk sur l'identité des bannerets de Donor.


« Et bien messire, si mes yeux ne m'abusent point je distingue là la taupe rouge de Messire Thran, un petit seigneur de terres toutes proche de Largenham. A ses côtés je distingue le loup noir Ferk et ce fond jaune vif pourrait bien être la lance Gregor. Ces trois là ne sont que de très modestes bannerets des Donors, en revanche la bannière qui flotte derrière celle à l'aspic, celle violette, appartient sans l'ombre d'un doute aux Yrgoths.
- Les Yrgoths ? Mais on ne les as pas vus à la capitale depuis les serments de féodalités de la maison Donor ! Père m'a dit un jour que s'il y avait une famille qui nous aimait moins que les aspics c'était bien eux.
- En effet messire, et pour cause. Lors du siège de Largenham votre oncle Wilfrid a causé la perte du seigneur Gargol Yrgoth et de deux de ses fils et la ville de Gorthan qui est le centre du fief Yrgoth a été pillée et dévastée. Ce n'est que de par son serment de banneret des Donors que le troisième fils accepta la paix du roi. Sa présence avec cette délégation ne m'inspire rien de bon. Ni d'ailleurs le Donor que voilà. » C'est à cet instant seulement que Kardock réalisa.
« Ce n'est pas là Herman Donor en effet, cet homme est plus jeune et plus grand... Yvus Donor ?
- Il me semble, en effet. » Répondit Mestre Falk.

Quelques instants plus tard les deux groupes se retrouvèrent face à face et, comme le veulent les convenances, Kardock Perlander s'avança aux devants des siens pour être bientôt rejoint par Yvus Donor.


« Au nom de mon père je vous souhaite la bienvenue à Thorg-Réal Messire. » Salua Kardock.
« Et le miens le salut en retour. Ses affaires l'ont malheureusement retenu dans notre fief et je suis donc venu remplir ses obligations à sa place. Je suis honoré d'être accueillis par des messires Arvenell et Dirkstone. Et enchanté de rencontrer les grands chevaliers Form et Danvell ! » Son ton ne laissait pas le moindre doutes sur sa sincérité, et pourtant derrière sa froide politesse se ressentait des sentiments bien moins heureux. Laissez-moi donc-vous présenter Messire Grégor, Messire Thran, Messire Petitroc, Messire Ferk ainsi que Messire Yrgoth. Nous avons choisit de ne pas nous faire suivre d'une escorte trop importante, conscients que les auberges de la capitale seraient déjà bondée »

En fait d'escorte minime, il avait là un point de vue tout particulier au vus de la bonne centaine d'hommes d'armes, pour la plupart des chevaliers, qui les suivaient.
Mais le fait de terminer les présentations par le seigneur le plus important du fief des monts Nigel était bien plus intéressant, car ce pouvait être interprété de biens des manières, et Kardock savait combien il fallait se méfier des Donors. Seulement rien de ce qu'il pouvait en penser n'avait d'importance en cet instant. Il avait des devoirs et les seigneurs à l'aspic avait été des seigneurs les plus irréprochables du royaume dès avant sa propre naissance.


« Je suis honoré de vous rencontrer Messires. »Répondit donc le jeune prince d'un ton chaleureux et poli. « Laissez moi donc vous guider jusqu'à la ville. »

Bien plus tard, devant une coupe de vin de Solothan, Kardock pensa à ces rencontres et aux conséquences qu'elles pouvaient avoir sur le grand conseil qui devait se tenir deux jours plus tard. « Si le vieux Donor envoi son fils, fils que tout le monde sait prompt à la colère, ainsi que les Yrgoths... Cela ne présage rien de bon. Voudrait-il enflammer les choses ici qu'il ne pourrait mieux s'y prendre. Père aura les mêmes soupçons, tout comme bien d'autres seigneurs, mais ce ne sera pas suffisant pour les discréditer.
Ce conseil se profile sous un jour bien ténébreux... »
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Danthorïn

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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:42

Chapitre 11 : Grisgivre

C'est au pied d'un gouffre, où serpente un des petits cours d'eau qui alimentent le fleuve Heteth, que s'est installée la garde grise ce soir là. Le cours d'eau à moitié gelé ne réchauffant guère l'atmosphère, une fois encore trois feu avaient été allumés, dont un par Danthorïn et Jolundarg, ce dernier tentant vainement d'y absorber un peu de chaleur après une journée passée à dos de poney. Jolundarg s'était découvert une aversion pour ces animaux, dans le froid ambiant de ce pays neigeux, car si lui gelait sur la selle l'animal était réchauffé par un poil dru.

Pendant que son compagnon marmonnait dans sa barbe, Danthorïn était de son côté occupé avec le jeune Vivian Snow.


« Incantatum Braz ! »La voix, se voulant forte, de Vivian eu pour conséquence un mince filet de feu qui s'éteint à mi distance du tas de bois devant eux.
« Il n'y avait pas assez de volonté. »Lui fit remarquer Danthorïn. « Tu es encore pris par ton passé, ton envie de cacher tes pouvoirs. Il te faut désapprendre ce qui s'est enfoui dans ton esprit toutes ces années. Le feu n'est pas ton ennemi, il n'est pas un danger, il est ton âme. Ce n'est qu'en apprenant à le maîtriser que tu trouveras la paix et pour cela il faut vouloir, au plus profond de toi, que le feu prenne.
- Oui maître. Je vais essayer.
- Fais-le. Et si cela peut t'aider, dis-toi qu'en apprenant à maîtriser son apparition tu maitriseras aussi la capacité de cesser sa progression. Tu ne te feras plus surprendre par une étincelle non souhaitée. Allez réessaie !
- Incantatum Braz ! »
Cette fois la flamme se fit plus forte au départ et un mince filet parvint même jusqu'au tas de brindilles dont certaines rougirent un peu.

« Bah, c'est comme ça qu'on fait un feu ! » Leur dit tout à coup un Grand Jon sortit de nulle part, en brandissant deux pierres à feu. Les entrechoquant, il mit fin à l'entrainement de ce soir là par une volée d'étincelle et un feu de joie.
« Hurdan Velt vous demande, tous les trois. » Annonça t-il en direction des deux nains et du jeune homme.

Quelques minutes plus tard, les trois compagnons avaient rejoint le chef de la garde grise, qui se tenait prêt du feu le plus en retrait du cours d'eau, en compagnie de la lame gelée. Les invitant à s'assoir, il leur proposa des bières que les deux nains s'empressèrent d'accepter. Vivian Snow préféra prendre un verre d'eau. Puis Velt leur expliqua leur convocation.


« Nous devrions atteindre la ville de Grisgivre demain autour de la mi-journée. D'après Fork nous ne devrions plus rencontrer de tempête de neige, qui gênerait notre route, avant un moment. Il fait trop froid pour la neige à présent.
Grisgivre est une des villes les plus au nord, du royaume du nord. Elle est presque constamment sous la glace, d'où son nom, mais son isolement pas plus que ses conditions météorologiques ne diminuent son importance. Cette ville est un rempart contre les peuples barbares du nord et aussi celle qui a eu le plus de liens, au cours de l'histoire, avec le peuple nain des monts aux joyaux.
- Les monts aux joyaux ? » Interrompit Danthorïn. Velt s'était habitué aux interruptions des nains et ne s'en offusqua donc pas.
« Oui, ces montagnes sont éloignées d'environ deux semaines à dos de poney, en direction du nord-est. Une vieille route y conduit mais elle est peu usitée du fait que les nains ne se montrent pas aux visiteurs. Leurs galeries sont si bien dissimulée dans la pierre qu'on ne saurait les y distinguer et l'on a plus jamais entendus parler des quelques pillards assez fous pour s'y tenter.
- Notre peuple sait dissimuler ses œuvres bien entendus. Jamais les hommes ne se montreront à la hauteur. Les nains sont-ils encore nombreux aujourd'hui en Parlansia ?
- Le peuple des hommes ne le sait pas. Peu d'hommes encore vivants ont mis les pieds dans leurs demeures de pierres, moins encore ont acquis leur confiance au point de se voir révéler certains de leurs secrets. Jamais un membre de la garde grise n'a été jugé "ami des nains" il me semble.
Je peux juste vous dire que la majorité des nains vivent sous les monts aux joyaux. Il y en a aussi, parait-il, autour les monts du soleil tout au sud de Parlansia, dans les terres de Solothan, mais ceux-là rechignent encore d'avantage à se montrer et je ne saurais rien vous apprendre à leur sujet.

Vous pourrez sans doute en savoir plus auprès des nains qui vivent à Grisgivre. Mais revenons à nos affaires plus immédiates. Grisgivre est dirigée par la maison Kardhon depuis des temps immémoriaux. Cette famille, bien que vassale du nord et de Sire Garrack, a toujours été un peu en marge du reste de Parlansia et aujourd'hui du royaume. En particulier pour ce qui est du traitement des sorciers dans leurs terres. Ces derniers y sont accueillis et nombreux sont ceux qui développent leurs pouvoirs à Grisgivre, permettant d'offrir prospérité et force à la ville. Sans doute, d'ailleurs, cette ouverture d'esprit est-elle due à la nécessité d'avoir des mages dans leurs armées pour affronter les barbares venus du nord. Les hommes n'aimant guère le froid qui y sévit toute l'année, l'armée de Grisgivre ne serait pas suffisante pour en assurer la défense à elle seule.
- Quels sorte d'armes a t-ont par ici ? » Interrompit cette fois Jolundarg.
« Les épées ont toujours la préférence des hommes, mais des haches et des bâtons de combat sont utilisés respectivement par les nains et les mages de la ville. Il va de soit que les forgerons nains ne sont pas inactifs et forgent pour Grisgivre des armes exceptionnelles, vous pourrez bel et bien y refaire votre inventaire mon ami.
Messire Ralf Kardhon est, en outre, un bon ami de la garde grise recherchée comme une bande de brigands dans la plupart des autres fiefs du nord. Nous allons donc nous y reposer quelques temps avant de nous retourner vers le sud. Probablement vers le royaume sud où nous n'avons plus été depuis huit lunes et des échos en provenance de ce royaume m'inquiètent. Notre route va donc pouvoir se séparer ici, vous pourrez vous installer dans ces terres et le jeune Snow y trouvera tout ce dont il a besoin pour avoir une vie tranquille. Je crois savoir que c’est ici qu’il comptait aller à l’origine.
Si vous souhaitez continuer vos aventures, nous vous fourniront encore quelques vivres et des cartes, en remerciement pour la grandeur d'âme dont vous avez fait preuve à Port-Parbot. Enfin, si vous voulez prendre la cape grise vous serez les bienvenus. Nous arriveront demain et vous avez encore du temps, avant que l'on ne se sépare, pour prendre vos décisions. Vous pouvez rejoindre vos couches. Bonne nuit mes amis.
- Bonne nuit ! » Répondirent en cœur les trois autres compagnons et eux et la lame gelée rejoignirent leurs propres couches pour y passer une nouvelle nuit glaciale. Non sans rêver d'un sommeil réparateur dans une taverne bien chauffée le lendemain.

Levés de bonne heure, dans les plaintes habituelles, les nains et la garde reprirent la route. Suivant le chemin de gravier qui longeait le cours d'eau ils finirent par atteindre une route qui avait été pavée, les pierres étant à présent assez désordonnées, et, une heure plus tard, ils arrivaient en vue d'une cité blanche.


« Midi à peine passé, Hurdan avait bien évalué. Il me tarde d'avoir un bon rôti en main ! » Fût le seul commentaire de Jolundarg alors que Danthorïn, comme Vivian, semblaient plus intéressés par la cité elle même.

Aussi blanche que la neige, il s'avéra en approchant que les murs étaient en fait couverts de glace, ce qui leur donnait des dimensions des plus impressionnantes, quand le mur de support n'était déjà pas des moindres. De l'extérieur de la ville, seuls se distinguaient la fumée des habitations et une tour. Une tour aussi blanche que les murs d'enceinte qui, a vue d'œil, devait avoir une soixantaine de pieds de large à son sommet. Suffisamment pour abriter une bonne troupe de tireurs... Ou de mages lançant des sorts.
La traversée de sa porte fut comme la traversée d'un petit tunnel, tant l'épaisseur des murs était impressionnante, mais celui-ci passé le décor changea du tout au tout. Le blanc céda place à une foule de couleurs, les habitations étaient certes le plus souvent couvertes de fine pellicules de glace, mais la chaleur des foyers empêchait celle-ci de les couvrir intégralement. Il y avait autour d'eux de multiples commerces et les surcots des gardes eux même étaient de rouge et jaune, en dépit d'une chouette blanche au centre des motifs.

En entrant, le regard des nains fut attiré par des forges autour desquelles s'afféraient des nains. Mais la première étape était de rejoindre la demeure du seigneur Kardhon, pour lui présenter les respects de la garde.
Après avoir été introduit auprès du seigneur local, et avoir reçu sa bénédiction en vue de séjourner à Grisgivre pour quelques temps, les nains suivirent la garde pour prendre leurs quartiers dans une auberge à proximité de la demeure seigneuriale où elle avait ses habitudes.
Après un festin de sanglier à la broche, Jolundarg s'en alla continuer les festivités dans une taverne des bas quartiers en compagnie de Grand Jon, Vivian Snow se contenta pour sa part de rester prêt du feu à se réchauffer en regardant les flammes se former et se rabattre sur elle même. Danthorïn, lui, demanda conseils auprès de Hurdan Velt avant de se diriger vers la forge emplie de nains qu'ils avaient vus en arrivant.

La forge était elle même construite dans un style différent de celui des humains. La porte d'entrée, bien que de tout évidence faite pour accueillir des hommes, n'en était pas moins plus petite que la moyenne. L'empilement, la taille et le polissage des pierres était trop parfait pour être le travail de maçons classiques et elles avaient été recouvertes d'une sorte de vernis qui les empêchaient d'être altérés par le temps, comme l'étaient celles des maisons environnantes.
Pour autant, dans le fond de la pièce, les murs étaient noirs. Travail de la fumée des fours de forgerons constamment en action, de nuit comme de jour. Un four nain doit être alimenté en flamme sans discontinuité dit-on.

Les nains eux même se distinguaient de ceux que Danthorïn connaissait. Pour la plupart blonds alors que ceux du Lorndor étaient surtout bruns ou roux, ils avaient également une taille légèrement plus tassée, ce qu'aucun homme n'aurait sus voir, eut-il connus les nains du Lorndor. Leurs barbes semblaient plus soignées encore que celle des combattant que Danthorïn avait connus, même si rapidement tressées. Un forgeron n'a pas trop de temps pour cela.
Pour ce qui était de leurs tenus, rien de particuliers n'apparaissait au premier abord. Des tenus classiques de forgerons. Mais il remarqua bientôt que si certains portaient, sous leur tablier de travail, les mêmes couleurs rouges et jaunes que les gardes à l'entrée de la ville, d'autres avaient une tenue unie de bleu sombre et il distinguait une forme couleur or au centre de la poitrine, qui était toutefois cachée par les tabliers.

Danthorïn passa le reste de l'après midi à converser avec le chef des forgerons et son second. Le premier portant l'uniforme de la ville et l'autre celui bleu foncé, ce qui s'expliqua bientôt par l'appartenance du chef au peuple nain de Grisgivre quand le second était du peuple de La percée.
"La percée" est le nom de la résidence des nains sous les monts aux joyaux. Une résidence somptueuse, la plus grande œuvre naine en Parlansia, s'entendit dire Danthorïn.
La Percée est alors dirigée par le roi nain Firmïn VI, fils de Firmïn V et descendant de Tharbïn I casque de bronze, fondateur de la Percée. Sous son règne les nains y étaient bien moins nombreux qu'ils ne le furent au début de leur histoire en Parlansia, mais sous les monts aux joyaux ils n'en restent pas moins maîtres de leur royaume souterrain et de richesses qui font bien des envieux à travers ces terres... Même si peut savaient réellement ce qu'il en était de leurs valeurs et quantités réelle.
Danthorïn désirait en savoir plus sur leurs us et coutumes, ainsi que sur leur culture et style d'écriture. Il voulait savoir pourquoi les nains de La percée étaient si isolés. Mais pour cela il n'obtint pas de réponse.
Le maître forgeron, Jilfïn, lui répondit qu'il savait peu de choses sur la situation actuelle. Rares étaient à présent les arrivées de nains, et donc de nouvelles, en provenance de La percée. Le dernier remontant déjà à prêt de deux ans. Et de plus il n'avait pas le droit d'en dire beaucoup à un étranger. Si Danthorïn voulait en savoir plus il lui faudrait rejoindre les monts aux joyaux lui même et s'y faire accepter en audience par le roi... A considérer qu'il puisse seulement pénétrer dans les galeries.

C'est ainsi que deux semaines plus tard, lorsque la garde se prépara à partir, Danthorïn et Jolundarg préparèrent leur propre voyage vers le nord-est, vers leur peuple d'origine, puisque Jilfïn avait tout de même confirmé les liens de parenté des nains de Parlansia avec ceux venus s'installer en Lorndor, il y a des siècles et des siècles de là.
Vivian Snow avait annoncé, sans grande surprise, son désir de suivre les nains dans leur périple. Danthorïn et lui s'étaient attachés l'un à l'autre et Vivian lui devait ses progrès dans la maîtrise de ses pouvoirs. Si le nain n'avait plus sa propre mana il lui restait ses connaissances dans l'usage de celle-ci, en particulier au combat. Une maîtrise d'un style différent de ceux développés par les mages à Grisgivre, plus puissant sous certains aspects, plus brut.
La surprise fut tout autre lorsqu'une quatrième personne annonça sa décision de se joindre à eux. Bien qu'elle n'ait que peu conversé avec eux au cours de leur traversée du royaume du nord, La lame gelée annonça à Hurdan Velt sa décision de quitter la garde pour les suivre dans leur voyage.

Velt fut des plus surpris, mais la règle de la garde permettait à quiconque de quitter le service lorsqu'il le souhaitait, sans forcément donner ses raisons. Et ses raisons elle ne les donna ni à Velt, ni aux nains. Nains qui, reconnaissant envers l'aide de la garde, ne lui en demandèrent point.

Deux chevaux et deux poneys prirent la direction du nord-est à l'aube.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:42

Chapitre 12 : Les dieux du nord

Fortelmett la glorieuse cité du nord est en effervescence aujourd'hui. Tous se préparent pour assister à la cérémonie des épousailles du fils ainé du roi du nord, le jeune seigneur Lancel Garrack, qui va enfin prendre pour femme la jeune Ariella Roose de Haute-Reine.
Ce mariage, prévu depuis la naissance d'Ariella, aura pour conséquence de rapprocher le roi du nord de son plus puissant vassal, le seigneur Daniel Roose, maître des terres du lac bleu qui représentent rien de moins que le tiers est du royaume du nord et, de ce fait, tous sont d'avis que nul mariage ne pouvait mieux convenir à la stabilité de la couronne. Il a de plus le don d'apaiser les puristes et cultismes ne désirant pas voir d'avantage de " sang du sud " au sein de la famille royale.
S'il lui avait permis de conserver son trône lors des invasions barbares, grâce au soutien du seigneur de Solothan, le mariage du roi Hyvon Garrack avec la fille d'un seigneur du sud avait toujours été mal vu par le peuple du nord. Sa reine n'avait guère de popularité que celle de lui avoir donné un fils un an à peine après leur union.

Âgé de vingt et un ans, Lancel Garrack ressemblait trait pour trait à son père. De taille plus imposante que la plupart des habitants du nord, globalement moins imposants que les peuplades du sud du Heteth, il avait également de larges épaules mais était de faible corpulence. Le visage long et les traits durs, un visage coupé au couteau, nul ne l'aurait qualifié de beau mais il avait incontestablement une grande allure de seigneur.
Ses cheveux aubruns lui coulaient habituellement sur les épaules, bien qu'en ce jour de fête il les ait attachés en une queue de cheval. La plus importante différence physique avec son père qui se tenait à ses côtés était l'absence de barbe, son père en ayant une fournie et tressée comme, dit-on, celle des nains.
Aucun nain n'a mis les pieds à Fortelmett au court du siècle dernier de manière que l'on puisse en juger.

En passant les portes de Fortelmett flanquée par son père, la longue chevelure blonde d'Ariella s'en alla voler avec le vent qui l'accueillit. Elle avait finalement fleurie pour ses quatorze ans et, deux mois plus tard, elle arrivait pour célébrer son mariage.
De même que Lancel elle était fine avec un visage fin, Ariella était cependant plus jolie à voir avec encore un visage de jeune fille. En taille elle ne devait guère arriver qu'au niveau des épaules de son futur époux, mais elle grandirait encore.
Son arrivée laissa place à un instant solennel, le bruit cessa tandis que la rumeur de son arrivée emplissait les rues de la cité du nord.

La cité de Fortelmett est appelée " la citée des glaces " au sud. Pourtant contrairement à Grisgivre et d'autres villes moindres du royaume nordique, Fortelmett est une ville aux murs de pierre et non de glace.
Pour être plus exact elle est entièrement battit dans le roc, reposant en lieu et place d'une ancienne falaise taillée pendant des siècles jusqu'à ce que la falaise disparaisse au regard de tous pour ne plus laisser paraître que l'une des plus grandes cités de Parlansia. La seconde en nombre d'habitants, dépassée par Thorg-Réal, elle est la plus monumentale de toutes. Là où Thorg-Réal s'est battit de mains d'hommes, ou de nains selon les histoires, Fortellmett est sortie de la roche et de ce fait sa construction fut plus réfléchie, plus ordonnée.
Des rues droites et larges reliées entre elles par des ruelles, moins larges mais toutes aussi symétriques, voilà l'apparence de Fortelmett, la seule ville où l'on peut apercevoir la sortie de la ville opposée lorsque l'on pénètre en son sein, pour peu que la rue principale ne soit point trop encombrée de chariots et commerces.
Les quelques bâtisses non sorties directement de la roche y sont de marbre, nul incendie n'a jamais été relevé dans cette ville s'il faut en croire les écrits des anciens Mestres. Nul incendie sauf le feu du dieu Tharg, répliqueront néanmoins la plupart des gens du nord interrogés...

Si le sud s'est depuis longtemps écarté des anciens cultes et leurs dieux ancestraux pour leur préférer le culte du dieu unique, Origin, le peuple du nord est resté encré dans les vieilles traditions. Même le roi se doit d'écouter les érudits et les prêtres, roi qui ne saurait rester au pouvoir s'il s'écartait de la foi.
L'histoire fourmille de rois qui ont voulus se débarrasser des " vieilles coutumes " voir s'arroger eux même le titre de dieu. Si la famille Garrack a toujours conservé le trône, elle s'est vue amputer de biens des héritiers légitimes pour cette raison. Le châtiment réservé aux impies étant, dit-on, plus terrible que la mort. De fait, si l'on connaît le sort réservé aux mages, voleurs des pouvoirs divins, on ignore le sort que les prêtres réservent aux hommes convaincus d'hérésie car ils les emportent avec eux et jamais on ne les revoie.

C'est dans le respect de la tradition que la mariée et son père progressèrent alors, sans leur escorte restant en arrière, à travers la ville en direction du palais royal. Le peuple fit silence et haie d'honneur aux deux arrivants, lançant régulièrement des branchages divers, fonction du dieu du nord qu'ils souhaitaient honorer de leurs vœux. En fonction du dieu auquel ils confiaient le sort de leur future reine. En ce jour nombreuse furent les branches de saule, branches de la déesse des vents et de la destinée Mirvelle, afin qu'elle guide la jeune Ariella sur la voie qui lui sera la meilleure. Il y eu aussi beaucoup de branches de houx, comme toujours, symbole du demi-dieu Fyrill, dieu de la fécondité.
Plus intéressant à relever, nombre des fidèles jetèrent des branches de chêne mort, symbole du dieu Gargash, le dieu de l'hiver. Dieu pourtant redouté par le peuple, ce dieu étant le frère et opposant de toujours du dieu créateur et dieu du soleil Réalos.

Après la traversée de la ville, arrivés au devant de l'escalier menant à la citadelle de Fortelmett, Daniel Roose vint aider sa fille à descendre de sa monture puis la laissa gravir les marches, lui emboitant le pas lui même ensuite mais sur le côté afin de rejoindre les officiels de la cérémonie.
Ariella, sa robe bleu claire virevoltant au gré des vents, grimpa d'un pas sûr mais lent les lourdes marches de marbre froid la conduisant devant Lancel. Une fois devant lui elle s'agenouilla et il lui prit la main. Lancel la releva alors et ils se dirigèrent ensemble vers le chêne noir.
Le chêne noir, un chêne comme les autres, au détail prêt qu'il est la seule pousse qui ait jamais survécu au milieu de la masse de roche de Fortelmett. Et en fait de pousse, ce chêne désormais millénaire avait atteint des dimensions exceptionnelles, au point de rivaliser en taille avec la citadelle elle même, un tronc de quinze pieds de diamètre, et cette couleur noire incroyable. Il était vu de tous comme l'incarnation des dieux, le lien qui liait le peuple des hommes aux dieux. Si sacré que bien des fois des pans de la citadelle avaient été détruits ou modifié afin de laisser la place à l'arbre pour continuer de s'étendre, sans jamais s'arrêter.

Aujourd'hui, le chêne noir de Fortelmett domine tous chevalier voulant prononcer ses vœux ainsi que tous les mariages de seigneurs dans le nord. Il est le lieu de tous les serments, celui de toutes les grandes décisions.

Pour porter les anneaux qui uniront Lancel et Ariella c'est Elaïde, la jeune sœur de Lancel, qui a été naturellement choisie. Elaïde ressemble autant à sa mère que Lancel à son père, âgée d'un an de moins que la mariée du jour, elle est de taille légèrement plus importante et elle répond à la chevelure blonde de Ariella par une chevelure d'un noir de jais.

Plus tard, après la cérémonie sacramentelle, de grandes fêtes auront lieux à travers la ville. Pour l'occasion des fûts ont été apporté de toutes les cuvées du royaume et les voyageurs sont accueillis comme des frères. De nombreux visiteurs de marques ont pris une chambre à Fortelmett en ce jour, certains nobles du sud sensibles au royaume du nord ont même fait le déplacement.
Les tavernes comme les bordels ne désempliront pas ce soir, ni les trois jours à venir. Trois jours pour fêter le mariage du prince du nord, trois jours au bout desquels le prince prendra possession de sa femme et scellera la promesse faite aux cieux.

Les deux lunes observent la scène d'un regard bienveillant.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:43

Chapitre 13 : De l'ombre à la lumière

C'est avec le bruissement des feuilles hautes que Rickard s'éveilla. Si le vent ne pouvait pénétrer dans la forêt noire en raison de la densité de la végétation, il n'en chatouillait pas moins la cime des grands arbres qui peuplaient la peuplait. Souvent les feuilles tombaient, froides, sur les voyageurs qui dormaient à leurs pieds et lorsqu'il pleuvait au dessus, les arbres semblaient pleurer.

Rickard se redressa sur le lit de feuille qu'il s'était constitué la veille et rejoint le ruisseau qu'ils suivaient, lui et Lleyane, depuis le bourbier de la vouivre. Ce ruisseau d'eau claire s'écoulait en effet jusque dans le marécage sombre, ils y trouvaient depuis l'eau nécessaire à leur besoins de rafraichissement ou, comme en cet instant, pour faire un brin de toilette.
Le jeune prince étouffa un léger grognement lorsqu'il se mit l'eau glaciale dans le visage, mais il n'y avait pas mieux ici pour se réveiller rapidement. Une attitude endormie était le meilleur moyen d'écourter ses jours en ces lieux, Lleyane le lui avait bien assez enseigné.

Pour sa part, l'elfe noire se tenait sur une branche à quelques vingt pieds du sol. Les compagnons de voyages dormaient à tour de rôle et, ayant prit cette nuit là le deuxième tour de garde, Lleyane s'était installé à un poste d'observation plus apte servir ses desseins.
Elle s'était montrée plutôt froide tout au long de leur voyage, depuis qu'ils avaient mis Ser Gowan en terre, mais Rickard parvenait à présent à voir plus loin que sa froideur apparente. Le jeune homme voyait maintenant combien elle veillait sur lui, combien elle cherchait à tenir la parole donnée au vieux chevalier.

Après la vouivre ils eurent à faire face à quelques autres créatures de l'ombre, la plus terrible étant certainement cette sorte de taureau à écaille qu'ils avaient rencontré trois jours auparavant, se désaltérant dans le cours d'eau. La créature s'était montrée insensible aux flèches mais la lame d'acier sombre de Lleyane avait fini pas avoir le dernier mot. L'elfe s'était malheureusement, pour cet exploit, blessée le bras gauche. Blessure sans gravité qui l'empêchait en tout de même de bander un arc et il avait alors fallut troquer les rôtis de ces étranges créatures ailées à têtes de lièvres pour se contenter de plantes et de racines, l'heure du repas venue.

En outre, Lleyane donnait chaque soir des cours d'escrime à Rickard. Si le jeune garçon était le meilleur élève de la citadelle de Thorg-Réal, force lui fut de constater qu'il ne pouvait rien contre une femme elfe se battant pourtant avec une main amoindrie... Mais une fois ravalé son amour propre il commença à progresser de façon étonnante en particulier en matière de sang froid.
Il apprit également à se faire un arc dans la nature et à s'en servir, même si ses essais à la chasse ne furent qu'une succession d'échec. Les animaux de l'obscurité étaient particulièrement vifs et il était hors de question de s'éloigner du ruisseau qui constituait leur meilleure chance de sortir jamais des bois.
En effet, si le ruisseau leur permettait de survivre au quotidien, il devait également provenir d'un point plus élevé que celui où ils se trouvaient Lleyane et lui. L'elfe apprit en effet au jeune prince que la forêt se trouvait être une sorte de fosse. C'est ainsi que Rickard reprit courage, convaincu dès lors que la sortie pouvait être trouvée, courage qui s'estompa légèrement lors qu'il se rendit compte que la pente n'était pas bien importante, laissant penser que le chemin serait encore bien long.
Combien de fois il se maudit de sa curiosité qui leur avait fait perdre, outre Ser Gowan, leur monture et leur route.


« Te voilà levé. » Dit Lleyane en se jetant à terre. « Prépare toi vite, je n'aime pas trop l'atmosphère ici et les arbres semblent changer quelque peu. On découvrira peut-être quelque chose de nouveau aujourd'hui.
- De nouveau ? » Répliqua le garçon. « On sortirai du centre de la forêt ?
- Soit ça... Soit autre chose... »

C'est d'une manière toujours aussi encourageante que les espoirs de Rickard se voyaient cueillir, aussi c'est tous juste s'il se laissa aller à un frisson avant de rassembler ses affaires pour se mettre en chemin.

En fait d'affaires, il n'avait plus guère que son épée d'acier au côté, glissée dans une ceinture meurtrie par l'effort quotidien n'étant pas prévue pour transporter une arme. Il portait en sus, depuis le début de son entrainement avec Lleyane, un carquois de flèches à têtes de pierres noires volcaniques qu'il avait trouvé éparpillées dans les environs des marécages et avait taillé.
Son arc, lui, était des plus modestes. Composé d'une branche de saule et d'une corde que l'elfe lui avait confectionné à l'aide de roseaux poussant prêt du ruisseau.
Enfin, outre les habits qu'il portait depuis son départ, il portait dans un tissu l'épée dorée de Ser Gowan que Lleyane lui avait dit de garder, plutôt que de l'enterrer avec son propriétaire.

Ses bas de chausses n'étaient presque plus que lambeaux après s'être trop prit dans les ronces et de ce fait ses pieds, exposés, s'étaient éraflés. Il en conservait des douleurs en marchant mais sa plante des pieds se renforçaient progressivement et il se montrait de plus en plus capable de supporter les longues marches que leur imposaient les événements. Le fait qu'il se sentait responsable de leur tournure provoquait aussi en partie son mutisme face à la souffrance.
Le visage de Ser Gowan mourant lui revenait sans cesse dans ses rêves.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:43

Les bruissements du vent se firent plus intenses au fur et à mesure de leur progression. Rickard pensa un temps qu'une tempête se préparait, là bas, au dehors de la forêt, mais il finit par comprendre l'origine de ce souffle. A l'approche de midi, les deux voyageurs se retrouvèrent face à une falaise qui s'extirpait par sa hauteur de la forêt.
Elle était d'une pierre brune, couleur proche de la boue séchée. Si elle ne semblait pas faire plus d'une centaine de pieds de haut, elle était dépourvue de végétation si l'on exceptait de la zone entourant la cascade formée par la source du ruisseau qu'ils avaient suivi, de telle sorte qu'ils ne pouvaient trouver beaucoup de prises en vue d'une ascension.


« Que pouvons-nous faire maintenant ? Où va t-on ? » Demanda Rickard tandis qu'il prenait une gorgée d'eau sur le bas de la cascade qui formait un socle de fontaine naturel.
« Il n'y a guère de choix » Répondit Lleyane en jetant un regard circulaire. « Il n'y aurait plus de repères si on s'éloigne du court d'eau et il est hors de question de faire marche arrière pour en suivre un autre. Nous devons monter pour sortir. Il y a de bonnes chances que nous puissions sortir de la forêt par là et, si elle se prolonge là haut, au moins nous auront une vue d'ensemble des alentours.
- Mais...
- Il n'y a pas le choix ! Rends toi utile, cherche moi de ces roseaux que j'ai utilisé pour ton arc, j'en ai vus sur le chemin un peu en aval.
- Je... Oui... J'y vais. »

Lorsqu'il revint Lleyane lui montra comment s'y prendre pour créer des cordes solides puis, une fois qu'ils eurent tous deux fini leur travail, elle lui tendit deux dagues.

« Sert t'en pour t'accrocher au roc, cette roche n'est pas bien dure. Pendant que tu cherchais les fougères j'ai observé la typographie, on devrait pouvoir suivre grimper en partant d'une avancée de roc un peu plus loin, et il semble y avoir un pan rocheux où l'on pourra prendre du repos à mi-parcours. »

Sans attendre de réponse elle partit dans la direction qu'elle avait indiquée ne laissant plus à Rickard que le choix de la suivre.
L'escalade se fit sans encombres, l'avancée de roche qu'avait indiqué Lleyane leur permit de progresser un moment en s'appuyant sur leur dos et leurs jambes puis, au prix de quelques acrobaties, Rickard poussé par l'elfe pu se tirer sur la plate forme qu'elle avait aperçus d'en bas.

La plate forme était remarquablement lisse, remarqua t-il immédiatement, et ce n'était pas qu'un pan de roche, c'était l'entrée d'une grotte.
Lorsque Lleyane arriva à son tour à l'étage elle ne mit qu'un instant à se porter aux devants du jeune homme.


« Je ne vois pas le fond » Expliqua t-elle. « Une grotte si importante, un sol si lisse... Ce ne peut être totalement naturel. Reste ici. »

Lleyane prit en main un peu de la poussière qui maculait le sol, la laissa s'écouler entre ses mains puis arracha un morceaux de sa tunique qu'elle enroula autour du bâton qu'elle avait taillé et utilisé jusque là pour la marche. Elle le saupoudra de ce qui apparaissait au jeune Perlander comme de la poussière mais fit bientôt apparaître une flamme, à l'aide de quelques étincelles de ses pierres de silex. « De la poussière de soufre. Comme tes encoches faites de pierres volcaniques, cette poussière est le résidu d'une éruption. La montagne voisine est un volcan, ce même s'il est éteint depuis fort longtemps. » Répondit-elle à l'interrogation de son regard avant de se lancer dans la grotte.

La grotte plongeait rapidement dans l'obscurité. Bien qu'elfe de l'ombre, les yeux rouges de Lleyane se montraient incapables de discerner les parois sans l'aide de sa torche de fortune.
L'humidité ambiante donnait aux murs un reflet luisant tandis qu'elle les dépassait, les stalactite et stalagmites sortant de toutes parts comme des pointes acérés... Sauf au centre de l'allée de la grotte d'où elles semblaient étrangement absentes, ou bien même apparaissaient brisées par endroit comme si quelque chose les avait arrachés.

Après quelques minutes Lleyane arriva face à un petit lac souterrain en contrebas de la position qu'elle occupait, une sorte de sentier naturel le rejoignant en zigzaguant le long du dénivelé. Elle aperçu aussi que ce " sentier " continuait le long du lac pour rejoindre un autre tunnel. Le haut de la grotte était percé d'une vingtaine de trous, larges de deux à une dizaine de pieds et qui diffusaient une lumière tamisée sur les lieux. Une fois arrivée aux abords de l'eau, l'elfe y trempa la main et ne tarda pas à en ressortir une carpe. Une eau poissonneuse au sein d'une falaise…

C'est à ce moment là qu'elle l'entendit. Un crissement ou un hululement, elle n'aurait sus le définir, mais elle ne se jeta à terre que juste à temps pour qu'une grande créature la survole de peu, des griffes éraflant sa tunique dans le dos.
Elle se releva d'un bond en dégainant sa lame noire et n'eut que le temps de la mettre en devant de son corps pour recevoir le retour du bec de la créature. Elle ne pu toutefois réussir à absorber entièrement le choc et fut projetée en arrière contre les abords de l'eau.
La créature effectuant un retourné dans la lumière d'une des ouvertures du plafond elle pu la distinguer correctement. Elle mesurait dans les six pieds de long, des ailes de chauve-souris et un corps de reptile, de serpent, comme avec la vouivre mais si les ailes de la vouivre étaient presque de la figuration, celles de cette créature là étaient grandes et solides, et aussi vertes que le reste du corps avec des reflets jaunes. Jaune s'intensifiant en approchant de la tête, une tête étrange, une tête d'oiseau, une tête de coq réalisa t-elle enfin tandis qu'elle déviait, cette fois avec succès, l'attaque de la créature.

Le reptile se retrouva en déséquilibre et contraint de se poser un instant prêt de l'eau. Lleyane ne perdit pas un instant et se précipita pour tenter d'enfouir sa lame dans le dos de son ennemi. Mais l'ennemi la balaya à l'aide de sa queue et l'elfe s'effondra à quelques pieds de son ventre.
Une Cocatrix, une créature qui était tout sauf sacrée dans les textes anciens de son peuple, connue pour son appétit friand pour les enfants des elfes de l'ombre au temps où ils vivaient dans la forêt noire, jamais les elfes n'avaient trouvé leur cache. Certains des écrits donnaient à la Cocatrix le pouvoir, à l'instar des basilics, Gorgones et autres méduses, de pétrifier ses adversaires, mais Lleyane se souvenait d'avoir entendus son maître lui dire, autrefois, que ce n'était là que fabulation de leur peuple tandis qu'ils craignaient cette créature.
Il ne restait qu'à espérer qu'il avait raison.

Elle se jeta en arrière d'une flexion des bras, juste à temps pour voir le bec de la Cocatrix se planter dans la terre sablonneuse. L'elfe jeta alors sa lame contre la tête enfoncée du reptile, mais ne pu qu'en érafler le col tandis que ce dernier lui envoyait à nouveau ses griffes.
Les griffes lui tailladèrent le bras droit menaçant de lui faire lâcher son arme, Lleyane recula d'un pas et sortis son poignard alors que le cou de la créature se soulevait pour lui envoyer une nouvelle becquetée. D'une saccade elle s'envoya rouler à ses devant et planta sa dague dans les ailes de la bête, les déchiquetant de manière à l'empêcher de s'envoler à nouveau. La créature poussa un hululement roque mais non sans se laisser tomber au sol de manière à aplatir son adversaire, l'elfe noire n'eut que le temps de se dégager, mais sa jambe gauche fut prise sous la masse de la Cocatrix la coupant dans son élan et la collant à nouveau au sol.

Le reptile poussa un hululement de victoire en levant une nouvelle fois la tête, mais cette fois au lieu de se lancer vers l'elfe sa tête retomba droit au sol, séparée du tronc. Derrière elle se tenait Rickard Perlander, épée au poing.


« Arr... Mais il me semble que je t'avais bien dit de rester à l'entrée, que fait tu là toi ? » L'accueillit Lleyane tandis que le jeune homme s'efforçait de soulever la créature de manière à libérer sa jambe.
« Je me suis dit que je vous manquerai si vous trouviez un gibier bon à chasser, puisque vous ne pouvez tirer à l'arc actuellement. Je ne me suis pas trompé apparemment ?
- Petit imbécile, tu apprendras à m'obéir si tu veux rester en vie ! » L'elfe ne pu toutefois réprimer un petit sourire, sourire qui se transforma en grimace tandis qu'elle se mis sur ses jambes.
« Vous pourrez marcher ?
- Oui ça devrait aller, donne moi mon bâton que je prenne appuis sur lui et partons vite, je ne veux pas savoir ce qu'il y a d'autre ici. Il y a une entrée par là bas » Elle désigna l'entrée de la nouvelle galerie qu'elle avait remarqué d'en haut, qui se distinguait à peine désormais que la flamme du bâton s'était éteinte pendant le combat.

Ils se dirigèrent alors, tranquillement, vers l'entrée de l'autre tunnel et, ils l'espéraient, vers une autre sortie. Lleyane marchait difficilement, Rickard le voyait bien, mais elle avançait sans broncher et, après quelques minutes de marche, ils finirent par arriver en vue d'une lumière, une sortie.


« Voilà une issue ! » S'enchanta Rickard. « Et elle est trop lumineuse pour se trouver encore dans la forêt noire !
- Attend, tais toi un instant Rickard ! » Le garçon fit immédiatement silence devant le timbre impérieux de Lleyane.
Après quelques instants il entendit lui aussi. Un bruissement se faisait entendre sur leurs pas, un bruits qu'il connaissaient tout deux, le bruit d'ailes battant l'air accompagné d'un hululement terrible, mais c'était la première fois qu'il l'entendaient ainsi, décuplé.


« Cours ! » Imposa l'elfe et tout deux s'empressèrent d'arriver vers la sortie. Quand Rickard fit mine de vouloir l'aider à gravir la distance qui les séparaient de la sortie, Lleyane le repoussa en avant. « Cours ! »

Rickard sortit finalement de la grotte, suivit après quelques interminables secondes de Lleyane qui s'effondra à la sortie.
Rickard pu voir alors les têtes de quelques Cocatrix qui apparaissaient dans l'obscurité, non loin d'eux, mais elles s'arrêtèrent en vol et, après avoir semble t-il hésité quelques instants, se détournèrent d'eux.


« Pourquoi ne nous poursuivent elles plus ?
- Nous ne sommes plus dans leurs terres » Lui répondit Lleyane.

Rickard regarda alors autour de lui. Ils étaient toujours dans un bois, mais il n'avait plus rien à voir avec la forêt noire. Si les arbres étaient toujours aussi hauts, ils étaient désormais plus espacés de sorte que le soleil se frayait sans difficulté un chemin entre leurs branchages. La verdure était bien moins sombre et au sol, au lieu de ronces et de caillasses, c'était des fougères vert claires, des framboisiers, des fraisiers des bois et de l'herbe qui poussait par touffes.
On entendait, plus loin, un court d'eau. Probablement la source du ruisseau qu'ils avaient suivi dans la forêt noire car ils étaient montés lors qu'ils progressaient dans la grotte, ils devaient être au dessus du bois obscur. Impossible de le vérifier, toutefois, car ils gardaient derrière eux, outre l'entrée du tunnel, une falaise semblable à celle qu'ils avaient eu de l'autre côté, mais encore plus lisse.


« La forêt de lumière, la terre de nos frères de lumière. » Présenta Lleyane, non sans frémir un peu à ces paroles.
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MessageSujet: Re: Cycle second : Danthorïn, Parlansia   Ven 28 Aoû - 20:43

Chapitre 14 : Les montagnes du nord

Le soleil domine depuis prêt d’une semaine à présent. Les rares nuages blancs qui s’efforcent de combattre un peu son autorité ne durent pas et ne peuvent cacher le réchauffement de l’atmosphère qui se traduit, sur les terres du nord environnantes, par une légère fonte de la couche neigeuse. Légère car le froid reste saisissant et c'est tout emmitouflés que Danthorïn et son groupe progressent dans les chaines de montagnes du nord de Parlansia.

Les quatre compagnons avaient quittés Grisgivre une semaine à peine auparavant et déjà le paysage se résumait à des monts successifs, liés par un faible chemin au tracé très approximatif. Parfois même de petites pousses commençaient à faire leur apparition sur le chemin, donnant une excuse aux nains pour quitter leur monture un peu, le temps d’éliminer l’obstacle puisque le chemin était trop étroits pour leur livrer passage sinon. Jolundarg n’aimait toujours pas plus les traversées à dos de poney, mais force lui était d'avouer que la marche seule n'était pas possible, cette fois, sans risquer de glisser et de se retrouver cent pieds plus bas.
Si les deux nains passaient leur journées à parler, parler de toutes sortes de choses mais avant tout de bières et d’armes, c’était là l’animation principale d’un voyage qui, sinon, eut-été mortel. Snow parlait peu, tout occupé qu’il était à observer des paysages tels qu’il n’en avait jamais vu et à écouter les nains. La lame gelée, elle, restait fidèle à elle-même et si elle les avait accompagnés aucun des membres du groupe ne semblait en connaître encore la raison. Elle ne parlait que pour leur dire comment faire quelque chose ou pour signaler un événement important.

Ils avaient tout d’abord traversés des plaines couvertes de neige apercevant, de ci de là, villages ou groupes d’individus lointains. Fidèles aux conseils de Hurdan Velt, ils ne cherchèrent en revanche jamais à rejoindre l’un de ces groupes. Au nord de Grisgivre la civilisation disparaît et tout est possible.
Des plaines ils apercevaient sans mal, au loin, les monts qui étaient leur destination en dépit d'une couche de brume qui en masquait les sommets. Malgré une couche de neige importante la route était clairement dessinée dans cette direction. Cela changea finalement en dépassant le croisement qui reliait leur route, la route principale qui allait jusqu’à Grisgivre dans l'autre sens, au dernier village aux pieds des montagnes nordiques. Après ce croisement la route ne fut plus qu’un vague renfoncement dans le sol, sous la neige. Une fois arrivé dans les pentes menant en altitude la couche de neige au sol, sur la route, se fit moins importante mais le chemin ne fut plus qu’un vague sentier. Ils ne risquaient pas de se perdre pour le moment, cela dit, car ce sentier flirtait de prêt avec des falaises d’un côté et des précipices de l’autre, et il se prolongeait, il se prolongeait depuis trois jours maintenant sans que le paysage ne change.

Si les voyageurs n’avaient pas de mal à se restaurer, ils avaient prévus de quoi tenir un mois en se rationnant et ce même si la notion de rationnement n’allait pas trop bien aux nains, ils s’inquiétaient d’avantages pour leurs montures. La faible végétation qui tenait au rude climat des environs ne favorisait en effet que des arbustes et des pousses trop solides pour être broutées par les chevaux. Le manche de l’une des hachettes de Jolundarg en avait d'ailleurs fait les frais lorsque ce dernier voulut couper un peu de bois un soir, le faisait pester sur son forgeron les deux jours qui suivirent.

Ce n’est qu’après cinq jour de ces éternelles marches en équilibre aux bords de l’abîme qu’enfin l’espace sembla s’élargir pour, finalement, leur donner une vue ouverte sur une sorte de plateau en altitude, un mont dont le sommet plat était particulièrement étendu. Le plateau était, sur les deux tiers de sa bordure, arrêté par des falaises qui lui servaient de murs naturels et montaient de quelques dizaines de pieds plus haut. Il s'agissait probablement d'un ancien volcan dont une partie des bords s'étaient effondrés il y a des siècles.
Le plateau avait, sous la neige, la même apparence que les plaines qui s'étendaient à la base de la chaine de montagne du nord et présentait même un petit bois, bois qui contiendrait probablement la végétation qu’il fallait pour redonner vie aux montures du groupe et peut-être même quelques bêtes possible à chasser, histoire d'agrémenter un peu leur quotidien assez frugal au goût des nains. Ils se dirigèrent donc immédiatement vers le bois, poussés en cela aussi, chose que le jeune Snow ne prit pas longtemps à remarquer, par le fait que le vague sentier qu’ils avaient suivit jusque là s’était désormais complètement effacé !

Le bois était exclusivement composé de conifères. Avant tout des sapins et épicéas, il y avait là quelques pins et c’est sous le plus grand d’entre eux que le groupe s’arrêta pour installer un camp de fortune. Les bêtes furent attachées pour brouter abondamment dans un coin herbeux, préservé de la neige par une surélévation de roche au dessus. La lame gelée partit immédiatement à pied avec un arc dans le but de chercher d’éventuelles traces d’animaux, accompagné par Vivian Snow qui signala qu’il s’y connaissait en chasse, ayant régulièrement été amené à braconner dans sa jeunesse pour survivre l’hiver, période où il ne pouvait aider les fermiers isolés en échange d’un toit et d’une table.
Jolundarg, de son côté, n’avait rien de plus urgent que de faire le tour du bois afin de trouver une branche qui ferait un manche temporaire correct pour sa hachette brisée et, donc, finalement Danthorïn resta seul à chercher une éventuelle trace de chemin ou un indice menant à la cité naine de La percée.

Danthorïn commença sa recherche en retournant prêt du débouché du sentier, là où il disparaissait dans la neige, mais l’évidence était là : après cela tout sentier disparaissait à leurs vues et attendre la fonte des neiges n’était pas envisageable. A cette altitude les neiges ne disparaissent guère que les trois mois de l’été, dans les années chaudes, et ils approchaient de la fin de l’année.
Tout emmitouflé, les pieds douloureux en dépit d’une triple couche de tissus dans ses bottes, le nain s’obstina cependant à chercher une voie sans sa monture qui avait grand besoin de se reposer après cinq jours presque sans manger. Il longea alors la paroi qui entamait le tour du plateau montagneux où ils se trouvaient, dans le but d’y trouver une inscription quelconque, mais après deux heures de marche et avoir réalisé le tiers de la superficie du mur de roche force lui fut de faire marche arrière et de retourner au campement, avec l’espoir que quelqu’un aurait fait un feu : il était frigorifié !

En arrivant prêt du grand pin il retrouva Jolundarg qui était déjà emmitouflé dans ses couvertures auprès d’un feu qu’il alimentait nonchalamment, avec des branchages qu’il avait accumulés à ses côtés. Le temps que son compagnon ait finit de lui compter toute l'épique recherche du bout de bois parfait et de la taille de son nouveau manche, la lame gelée les avait rejoint tirant derrière elle un cerf mort d'une flèche unique dans la nuque.

Tandis que les nains la rejoignaient pour l'aider à tirer sa prise jusqu'au bout, puis que Jolundarg commençait à la découper, Danthorïn lui posa quelques questions.


« Où est passé Vivian ?
- On est tombés sur deux cerfs,je n'ai eu que le premier lors de mes tirs, le second ne réussissant qu'à blesser sa cible et Vivian a décidé de le poursuivre avec mon arc...
- Et en dehors des cerfs vous avez remarqués quelque chose d'inhabituel dans le coin ?
- En dehors de cette forêt sortie de nulle part ? Non, on se croirait en pleine campagne. »

Lorsque Vivian Snow les rejoint enfin le premier cerf était presque à point.

« Hé ben alors ? T'a pris tout ce temps et il t'a échappé ? » Se moqua derechef Jolundarg.
« Il allait encore vite malgré sa jambe blessée » Se défendit le garçon. « Et je suis tombé sur quelque chose d'autre finalement, un peu plus loin, suivez moi !
- Heu... On peut pas manger d'abord ? » Jolundarg avait tout à coup changé de façon de parler et s'apprêtait à argumenter, mais les deux autres s'étaient déjà levés pour suivre Snow. « Et zut... »

Il traversèrent alors la forêt pendant une bonne demi-heure, suivant les traces de sang du cerf que Vivian avait poursuivi et ses propres traces de pas dans la neige, pour finalement arriver à un fort dénivelé presque dépourvu de végétation.

« Le plateau était si aplati qu'on ne pouvait voir ce dénivelé de l'autre côté » Remarqua la lame gelée avant de continuer sa route en précisant. « Au vu de son apparence, je dirais qu'il y avait un lac jadis ici. »

Le groupe continua de suivre Vivian qui les dirigeait vers le bas et, ils s'en aperçurent bientôt, vers un arbre d'une taille exceptionnelle placé en contrebas. Un arbre qui apparaissait être un chêne et non un résineux, alors qu'il n'y avait pourtant que ça alentour ! En arrivant à sa base les nains regardèrent Snow, dont Jolundarg avec un air qui semblait se demander si on ne lui avait pas fait retarder un repas pour rien, et le jeune garçon s'empressa de leur indiquer le point d'intérêt qu'il fallait voir, en dehors de la seule présence d'un type d'arbre ce qui n'a que peu d'intérêt aux yeux de gens de petites taille.

« Regardez par là. » Fit-il en montrant le tronc à l'opposé de l'endroit où ils étaient arrivés. Le groupe découvrit alors des gravures dans le bois, apparemment anciennes mais pas noyées dans la mousse, comme la plus grande partie du tronc.
« Ce sont des runes. » [i]Remarqua Jolundarg, bientôt confirmé par Danthorïn qui cherchait déjà son grimoire sur les vieilles écritures dans son sac.

« Et des runes naines. » Ajouta alors l'ancien magicien. « Mais je ne saurait les lire, elles n'ont naturellement rien à voir avec celles qu'on emploi de nos jours dans le royaume nain du Lorndor, attendez... Oui... Regardez là. Ces rune sont certes légèrement différentes dans leur tracé mais elles semblent proches de celles de l'époque de la première guerre de l'alliance. C'est de cette époque qu'on garde les plus vieilles écritures naines en Lorndor et beaucoup de nos écrivains pensent que c'est l'écriture des premiers collons nains de ces terres. Si les nains de Lorndor viennent bien de Parlansia, ces écrits pourraient être dans le runique originel, celui qui a conduit à notre écriture runique actuelle !
- Heu... Et donc tu peux traduire ? » Crus devoir interrompre la lame gelée, répondant à la visible somnolence de Jolundarg qui n'avait que peu d'intérêt pour les vieilles choses.
« Heu... Oui... Je pense pouvoir comprendre, certains mots du moins. Cette rune, au début, représente la terre, dans le sens de la terre qui nous appartiens, et celle-là signifie en quelque sorte "ville" ce qui pourrait nous confirmer qu'on est sur la bonne voie. Je ne comprends pas les trois symboles suivants mais ensuite il y a le symbole pour "soleil" et un que j'interpréterais comme "machine", puis enfin le dernier signifie "racine". Ce rune pour racine peut avoir différente signification en fait, mais je pense que ce doit être les racines de l'arbre en l'occurrence. Je crois que c'est tout ce que je peut dire.
- En bref on est pas beaucoup plus avancés. » Conclus le grand râleur.
« Les premières runes doivent dire ce qui se trouve là, celles du milieux peuvent être pas mal de choses, comme un avertissement, et les dernières sans doute la manière de trouver la chose je pense. » Dit alors Vivian. « Si on réfléchit, dans ces terres gelées le soleil représente la chaleur, la machine pourrait être en fait un mécanisme qui conduirait à l'entrée et donc la racine...
- Désignerait l'endroit où il faut chercher à l'aide de la chaleur ! » Conclu la lame gelée. « Bien joué Snow ! Il ne te reste plus qu'à prouver que tu as des capacités réelles en magie du feu et à nous allumer des flambeaux ! »

La lame gelée grimpa dans l'arbre pour en tirer quelques branches à peu prêt sèche que Danthorïn entoura à l'aide des tissus composant sa cape de rechange. Après quelques essais infructueux et sur les conseils du nain Vivian finit par réussir à allumer deux des torches de fortune avant de s'effondrer trop épuisé par l'effort, après une journée assez fatigante.

« On pourrait retourner au campement, là bas il serait facile de récupérer d'autres torches » Proposa Jolundarg.
« Bah, deux ça devrait suffire, le campement est trop loin on aurait plus le temps de revenir avant la nuit tombée et je veux essayer d'éclaircir ça maintenant. » Lui répondit l'autre nain, avant de s'emparer d'une des torches et de la rapprocher des grandes racines de l'arbre en veillant à ne pas la rapprocher trop de la neige qui pouvait l'éteindre.
La lame gelée s'empara de la seconde torche et Vivian la suivit pour enlever le maximum de neige autour des racines devant elle, afin de gagner du temps. Jolundarg fit de même avec Danthorïn et ils commencèrent à faire le tour de l'arbre, qui avait un tronc d'une quinzaine de pieds de large et pouvait donc leur proposer une quantité non négligeable de racines.

Ne sachant pas ce qu'ils cherchaient réellement, les compagnons passèrent une heure en vaines recherches. Les racines frigorifiées depuis des lustres prenaient tout leur temps à réagir aux flambeaux et des couches de glace de l'épaisseur d'un doigt de nain les recouvraient souvent. Jolundarg les entama bien vite à la hache, naturellement, mais il n'était pas possible d'aller plus loin sans risquer de briser le mécanisme qu'ils recherchaient.
La nuit approchant, il fut décidé qu'ils rentraient aux campements et reviendraient le lendemain avec du bois sec pour faire un feu sur place. Tandis que les trois autres étaient déjà presque à l'orée de la forêt, Vivian qui voulait finir de dégeler une des racines poussa soudain un cri. Comme un « Oufff ». Les trois autres se retournèrent pour se rendre compte que le jeune homme avait disparus !

Revenant au pas de course, lorsque les nains arrivèrent enfin tout essoufflés, la lame gelée se tenait devant un trous sombre dans le sol.

« S'il est tombé là dedans on ne risquait pas de le voir. Les nains ont parait-il une bonne vision, vous voyez quelque chose au fond ? » Les deux nains se regardèrent et haussèrent les épaules. Pour toute réponse la lame gelée se jeta alors à son tour dans le trou.

« Hé ! Att... » Fut tout ce que Danthorïn eu le temps de dire. Se retournant vers Jolundarg il le fixa dans les yeux.

Les deux nains sautèrent à leur tour.
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