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 L'héritage de Danthorïn

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Vorondil
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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:14

Cycle premier
Le Chemin du Destin


Chapitre 1 : Le nain de Thornbalgard

Une terre isolée. Un hurlement, un cri poussé par une femme traverse la nuit et éveille le renard, endormi à côté du poulailler. Un silence puis de nouveau du bruit, il vient de la maison non loin, mais cette fois ce n'est plus la femme mais des pleurs, des pleurs d'enfant, un enfant.

« Dit maman, où qu'il est papa ? » Triste phrase que celle ci, plus triste encore lorsque la posent les orphelins qui, de part le monde, recherchent leurs parents. Sa mère n'aura pas de réponse à lui fournir, mais le monde continue de tourner. Qui sait, un jour, peut-être trouvera t-il plus qu'une réponse ?

Dix ans plus tard, Thornbalgard, petit village au nord du Lorndor niché au creux de deux falaises des Monts Brumeux.

Thornbalgard n'est qu'un petit village nain. Ridicule tant en taille qu'en renommée si on le compare à ces villes des alentours du royaume nain, ou même à certaines des forteresses naines de l'est du continent. Les maisons y sont faites de bois à toits de chaume pour la plupart. Seules les cheminées sont en de pierres brutes telles qu'on peut en trouver aux abords des falaises environnantes. Le village est entouré d'une palissade de bois hétéroclites endurcis par le froid mordant de la région. Elle abrite ses habitants contre les fauves blancs qui peuplent les monts gelés environnant.

Les nains de Thornbalgard sont d'avantage connus pour leurs menuisiers que pour leurs sculpteurs. La seule bâtisse de pierre est celle de l'ancien chef du village, inhabitée depuis sa mort sans héritier il y a de cela une décennie. Cette demeure et une statue en taille réelle représentant un nain encapuchonné, posée sur le haut d'une pente un peu à l'écart du centre du village. C'est dans une maisonnée à proximité que vit alors Thorbaldwin, un jeune nain d'une vingtaine d'année.

Thorbaldwin a atteint depuis peu sa taille adulte, soit à peu de choses prêt quatre pieds et demi de haut. Une taille somme toute supérieure à la moyenne naine et peu habituelle dans les terres gelées du nord. Les nains nordiques sont globalement plus petits que leurs frères des terres tempérées, comme ceux du Lorndor par exemple. Sa barbe, Thorbaldwin en était plus fier que de sa taille. La vingtaine à peine révolue il avait déjà une pilosité supérieure à certains nains d'une dizaine d'année ses ainés et il se plaisait fort à la tresser des heures durant. Il l'avait rousse, d'un roux flamboyant qui se reflétait dans ses cheveux. Un roux que lui avait transmis sa mère. De fait il était plutôt méticuleux quand à sa chevelure, toujours en queue de cheval, et sa fameuse barbe.
Plutôt trapus, aimant d'avantage passer du temps à table autour d'un bon gigot de loup blanc ou d'ours des monts que de les chasser, il n'était pas trop habitué à l'alcool à l'époque en revanche... Son jeune âge ne l'expérimentant guère en la matière, il avait toutefois déjà de belles histoires à raconter à ce sujet. Mais ses camarades vous les raconteraient mieux que lui qui n'en garde que peu de souvenirs.
Le plus belle concernait la jolie Galbuïn à laquelle il avait osé, un soir où il avait bu plus qu'à son tour, faire des avances mais non sans renverser son verre sur la jolie robe de la naine en trébuchant. Il est inutile de développer la réaction de la jeune naine, les femmes sont toutes les mêmes dans leur jeunesse, qu'elles soient naines ou elfes... Et Thorbaldwin n'avait plus recherché de compagne depuis.

Thorbaldwin vit seul aujourd'hui. Élevé par sa mère, sans père depuis sa plus tendre enfance, il avait dû apprendre la vie en solitaire dès l'âge de quatorze ans quand sa mère était morte d'un mal connu par les nains du nord sous le nom de " Mal du feu ". Il s'agit d'un mal habituellement anodin mais qui, parfois, emporte la personne qui l'a contracté, même un nain naturellement résistant aux maladies. Ce fut le cas pour la pauvre Bilbïn.
Enfin, vivre seul tel n'était pas exactement le cas. Thorbaldwin avait un physique puisant et imposant, il était en outre assez sage pour comprendre les paroles des vieux professeurs de Thornbalgard, en faisant l'un de leurs meilleurs élèves. En particulier en histoire de leur peuple, dans les différentes langues naines et pour la lecture des runes et la compréhension des esprits des montagnes. Si ces talents ne faisaient pas de lui le nain le plus sociable du village, ils lui permirent toutefois de trouver des camarades le sollicitant pour les aider dans leurs travaux et, de fil en aiguilles, devenir ses camarades lors de ses explorations du monde extérieur qui l'attirait tant.

Le jeune nain était doué dans les travaux de l'esprit, mais malgré une force valable il était loin d'exceller autant dans l'art des armes. Son niveau à l'arme a distance n'était qu'aussi méprisable que celui à l'épée ou à la dague. Pour ce qui était de la hache il obtenait des résultats justes suffisant pour lui éviter de se faire couper en deux par ses camarades.
Le peuple du village était contrains chasser le gibier pour la survie des villageois, au vus des faibles récoltes possibles dans les terres gelées des Monts Brumeux. Le jeune nain profitait le plus souvent de ces sorties pour s'éclipser dans un coin plus tranquille, à la recherche de quelque chose de plus intéressant que les coupures et blessures qu'occasionneraient une rencontre avec un loup blanc à longue dents, ou celle d'un de ces fichus gobelins. Il partait généralement avec son ami Harwïn. Plus jeune et plus peureux que Thorbaldwin, Harwïn avait généralement plus peur des bêtes que les adultes chassaient que des découvertes de son compagnon et il était, du coup, de toutes ses découvertes.

Si pour Harwïn ce n'était là que jeux et esquives en douce, pour Thorbaldwin ces escapades devinrent vite une vrai passion et il attendait toujours avec plus d'impatience les sorties du village. Il découvrit bien des merveilles de la nature. Un jour, par exemple, tandis qu'il fuyait la course d'un loup en compagnie de Harwïn, ils tombèrent dans une crevasse remplie de gemmes colorées. Le loup ne les suivit pas dans leurs chutes et ils en ressortirent avec des manteaux en lambeaux et quelques gemmes qui leur permirent de se croire riches. Du moins jusqu'à ce que le minéralogiste du village ne leur apprenne que ce n'était là que de pierres juste bonnes à la décoration de leurs maisons respectives.
Mais d'autres découvertes passionnèrent d'avantage notre nain à barbe rousse. La plus grande découverte, peut-être de sa vie, fut celle d'une galerie profonde dans la montagne. Après avoir laissé Harwïn, trop effrayé, sur le seuil, il y pénétra pour découvrir une ancienne mine naine. Il s'agissait très probablement d'une ancienne excavation de mithril. Les nains qui l'avaient occupé devaient avoir quitté les lieux une bonne centaine d'années auparavant mais nombreuses pouvaient encore être les découvertes en ces lieux. Et nombreuses elles furent, car dès lors Thorbaldwin n'eut plus qu'un lieu de visite lors de ses petites escapades : la mine des nains.

Lors de ses premières visites, son exploration se cantonna aux habitations présentes, creusées dans la roche, à l'entrée de la galerie. Mais le temps avançant, c'est plus en arrière qu'il se rendit. Rapidement il se rendit compte que les nains avaient laissé plus de choses trainer derrière eux dans les profondeurs obscures de ces lieux et il découvrit en effet du matériel de mineur, bien que pour la plus grande part inutilisable, ainsi que divers équipement de bois, rongés par les mites, et des instruments de fer et d'aciers pleins de rouille.
Mais il trouva aussi des manuscrits et des runes qui lui permirent de comprendre un peu mieux la vie de ceux qui l'avaient précédé en ces lieux. Des mineurs en provenance du sud, du royaume nain du Lorndor, vastes terres qui représentent la majeure partie de ce continent. Et c'est ainsi qu'il découvrit des textes vantant le climat, la diversité des cultures et la force de ces peuples. Thorbaldwin trouva aussi des écrits concernant la mythologie et les croyances anciennes et à demi oubliées qui étaient innombrables en Lorndor.
Plus il faisait de découvertes et plus le jeune nain se sentait aspiré à la visite de ces terres, de ce monde lointain. Plus il se sentait incapable de suivre cette vie qui lui était, semble t-il, destinée. Cette vie de sage parmi les instructeurs du village.

Un jour il découvrit une inscription runique à moitié effacée sur l'un des pans d'une ancienne demeure. Elle parlait de « l'héritage du sage du pic Daimonïn », pic qu'il connaissait pour avoir toujours eu une vue sur lui depuis sa maison.
Thorbaldwin alla dès le lendemain demander aux sages de Thornbalgard la permission d'effectuer un voyage. Ils ne le lui permirent pas, déclarant ce voyage trop dangereux. Les sages le déclarèrent aussi trop faible pour se sortir d'un tel périple en vie et aucun nain du village ne pouvait s'absenter pour faire une randonnée en sa compagnie. Il y avait trop de travail, les provisions pour l'hiver devaient être rassemblées. C'est attristé que le jeune nain rentra chez lui, ce soir là. Attristé mais, au fond, d'accord avec les anciens, il savait qu'il n'avait pas sa chance face au froid et aux créatures qu'il rencontrerait surement s'il se rendait sur ce pic isolé.
C'est cette nuit là que sa vie allait changer.

Comme tous les soirs, il passa quelques heures après le couché du soleil devant le feu de sa cheminée, à déchiffrer pour la énième fois des gravures qu'il avait trouvé dans les mines et dont le sens échappait aux connaissances qu'il avait acquise auprès des anciens. Puis il se rendit d'un pas lourd, épuisé, dans son lit. Malgré la fatigue il ne dormirait guère cette nuit là.
Après quelques minutes à peine, un grondement, une vibration se fit ressentir et il s'éveilla en sursaut. La choppe qu'il avait posé sur son bureau s'était brisée sur le sol alors qu'il eut pourtant juré qu'il l'avait placé bien loin des bords de la table. A peine commença t-il à nouveau à se laisser aller à un sommeil réparateur qu'une nouvelle vibration se fit sentir et cette fois c'est son lit qui s'effondra, trop usé par les années sans doutes. Ce n'est qu'après avoir enlevé les débris de bois qui s'étaient éparpillés autours des anciens pieds du meuble qu'il reprit position dans sa couche au sol. Pas pour longtemps. Il était encore bien conscient cette fois, quand il sentit ses membres se crisper et s'agiter étrangement. Conscient, malgré la faiblesse de la lueur lunaire qui traversait sa fenêtre, de ce qui se passait autour de lui, de cette fissure qui se propageait sur le mur face à lui, puis soudainement au sol. Il n'arrivait plus à contrôler ses mouvements, la fissure grandissait et lui n'arrivait plus à rien. Elle grandissait et commençait à passer sous son lit tandis que de fissure elle devenait une faille sur le sol. Le lit tremblait et, progressivement, s'enfonçait. S'enfonçait vers un abîme sans fond.
Thorbaldwin, lui, tremblait d'une manière impossible à stopper, comme prit d'une peur ou d'un froid irrépressible, il s'enfonçait dans le sol, ses yeux grands ouverts le voyaient, bientôt il rejoindrai les démons du feu qui régnaient en profondeur, ceux qu'il avait découvert dans ses manuscrits. La porte de sa chambre commença à se craqueler et puis un bruit sourd se fit entendre, puis un second. Et soudainement la porte céda laissant place à un individu dont le jeune nain ne pouvait distinguer que l'ombre, une ombre massive.

Le nain arrivé se jeta vers lui, évitant les fissures du sol avec une habilité extraordinaire en dépit de l'obscurité qui régnait dans la pièce à cette heure tardive, puis il souleva le jeune Thorbaldwin du lit, le fit décoller du sol d'un geste, d'un bras, d'un bras solide. D'un bras unique. Et tout s'arrêta. Les vibrations cessèrent alentour comme dans le corps de Thorbaldwin et le jeune nain perdit connaissance.

Bien plus tard il ouvrit les yeux. La fenêtre voisine déversait sur lui des rayons d'une rare intensité. Il faisait beau au dehors pour une fois, mais il y avait quelque chose qui clochait. Ce n'était pas sa chambre. Et quels étaient ces souvenirs, cette destruction qui lui restait en mémoire ?


« Tu vas mieux ? » Le nain qui avait prit la parole se tenait assis sur un tabouret, à ses côtés. Il était d'une carrure rare, sans aucun doute la plus importante de tout le village, et sa barbe brune était taillée au couteau. Son apparence était colossale et rendu plus terrible encore, si cela était possible, par la cicatrice qui lui barrait l'œil droit et son bras gauche qui lui manquait. Mais son regard était celui d'un nain doux et inquiet.
« Jolundarg c'est ça ? » Exprima maladroitement Thorbaldwin. « Où... Où suis-je ?
- Tu es ici chez moi, dans l'ancienne maison du chef du village. Il était aussi mon cousin autrefois, alors je pense que je peux me permettre de lui emprunter un peu sa demeure aujourd'hui. Je n'ai guère pioché dans un héritage qui me revenait à mon retour à Thornbalgard après tout.
- Mais, qu'est ce que je fais là ? Que s'est t-il passé ?
- Tu ne te souviens pas ? »

C'est ainsi que commença une longue discussion, qui durerait pendant toute la journée qui suivrait.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:16

Chapitre second : Le nain des montagnes

« Aieuhhh...
- Bon sang, mais esquive donc !
- Mais vous êtes trop rapide pour moi !
- Je croirais entendre une vieille connaissance... Il ne s'agit pas de suivre mes mouvements pour esquiver, il faut les prévoir ! Je te l'ai déjà dis, lorsque tu sera capable de deviner les mouvements de ton adversaire avant qu'il ne les entames, alors tu auras un niveau suffisant pour affronter la majorité des ennemis de ce monde.
- On recommence alors !
- Tu es déjà plein de bleus...
- Je ne m'arrêterai pas avant d'avoir réussis à esquiver vos frappes deux fois de suite ! »

Ce soir là, comme les précédents, Thorbaldwin finirait par s'effondrer de fatigue plutôt que de reconnaître son incapacité à poursuivre plus longtemps les exercices pour le moins physiques de Jolundarg.

Le jeune nain s'était vite remis du choc qui avait suivit le réveil de sa puissance magique. Il s'en était même réjouis se disant qu'ainsi, peut-être, les anciens le jugeraient capable de s'en sortir dans des aventures. Seulement cela n'avait pas été si simple.
D'abord les anciens lui firent remarquer qu'il n'arrivait pas à lancer ses sorts quand il le souhaitait pour le moment, ensuite qu'il ne maîtrisait pas le résultat de ses "attaques". La vieille maison de Thorbaldwin s'était en effet effondrée pour de bon lors de sa seconde tentative de boucher la faille qu'il avait ouverte en dormant, ce qui n'était pas très probant comme démonstration de ses capacités.

Depuis le second refus des anciens, le jeune nain vivait avec le guerrier manchot Jolundarg. Jolundarg exerçait sur lui une sorte de fascination. C'était un grand guerrier mystérieux qui avait, semble t-il, fait le tour du monde, connus, vécus plus d'aventure qu'on ne saurait le dire et, en sus, se montrait plus mystérieux que personne sur la nature de ces dernières. C'est tout juste si Thorbaldwin sut lui tirer quelques détails de sa vie passée.
En plus de l'accueillir chez lui, Jolundarg avait sans mal accepté de donner des cours de lutte au jeune nain. Si les livres avaient toujours été le principal centre d'intérêt de Thorbaldwin, ce dernier était conscient que s'il voulait faire des découvertes il lui faudrait s'exposer à des risques. Que pour ramener ses découvertes il lui faudrait surmonter bien des obstacles. Cela ne pouvait pas passer par autre chose que le combat, la maîtrise de son corps et de la magie qui semblait devoir s'offrir à lui.

Après deux mois Thorbaldwin maîtrisait à peu prêt le combat à main nue, sans être véritablement un guerrier émérite, mais semblait toujours incapable de maîtriser quelque arme plus développée que ce soit. Jolundarg, manchot de son état, le ruait de coups impitoyablement avec un bâton encombrant contre une hache courte. Par ailleurs, si il se forgeait peu à peu un physique de battant, ses pouvoirs magiques, eux, restaient une énigme. S'ils se réveillaient de plus en plus fréquemment, c'était le plus souvent encore inconsciemment et le jeune nain se montrait bien incapable de les maîtriser. Mieux valait ne pas imaginer le combat contre l'une des créatures qui hantaient les montagnes, du moins c'était toujours là l'avis des dirigeants du village.

C'est après trois mois en compagnie de Jolundarg qu'il décida de partir. Jolundarg fut le seul à qui Thorbaldwin en fit la confession et ce dernier, à la grande surprise de son élève, ne tenta pas de s'y opposer.


« Je savais que ce jour arriverai. Tu as été un bon élève Thorbaldwin, bien qu'un peu têtus. Je crois que tu arrivera à trouver ta place dans notre monde. Tu étais prédestiné à ce départ en tous cas. Trouve ton chemin. S'il te ramène à nous un jour j'espère que je serais toujours là pour t'accueillir et, sois en sûr, tu auras en tous cas toujours une maison pour t'accueillir ici. Va et veille à ne jamais rien regretter du passé. »

Ainsi donc le jeune nain partit de bon matin, avant l'aube, avec un simple baluchon de provisions, des gants de travail en cuir renforcés et quelques livres anciens. Il portait à par cela une cape de voyage relativement quelconque sur une vieille tenue de combat de cuir bouillie que lui avait laissé son maître d'arme. Des simples bottines, de cuir toujours, complétaient son équipement. Un équipement digne de ces jeunes gens qui partent à l'aventure et dont il faisait partis désormais.

Comme il en avait l'intention trois mois plus tôt, Thorbaldwin prit la direction des montagnes à proximité du village de Thornbalgard, la direction du fameux pic Daimonïn.
Il marcha alors pendant la journée qui suivit. La nuit tombant alors qu'il commençait à prendre de l'altitude, il eu la chance d'apercevoir une petite grotte qui s'avéra bientôt être une ancienne tanière d'ours mais inhabitée depuis des mois, sinon plus. Le nain s'y installa donc pour la nuit. Il réchauffa une potée dans le chaudron qu'il avait emporté à l'aide de brindilles à peu prêt sèches qui se trouvaient dans et aux alentours de son abri. Le feu brûla encore plusieurs heures pour lui permettre de réchauffer le nid plus ou moins douillé où il passa la nuit, enroulé dans les modestes couvertures qu'il possédait.

Le lendemain Thorbaldwin se leva avec l'aube. Le ciel était haut et blanc, mais la faible clarté matinal lui suffit pour trouver dès le début de sa route un chemin agréable vers sa destination. Il arriva au seuil de l'ascension du pic Daimonïn en milieu de matinée et, ne trouvant guère d'indication portant à croire qu'un être civilisé y vivait ou y avait vécut, il continua à grimper. Ce n'est qu'en début d'après midi, et après un modeste déjeuné, que le jeune nain trouva l'entrée d'un souterrain.

L'entrée était particulièrement bien taillée dans la roche, d'un cercle si parfait qu'il eut juré, de loin, que des nains l'avaient taillé. Pourtant, une fois devant, il remarqua qu'aucun artisan qu'il put imaginer ne pouvait avoir taillé la roche avec un telle perfection et même les artisans nains des légendes qu'il avait pu lire lui semblaient incapables de la merveille qui se tenait devant lui. En effet en passant l'entrée de la galerie il se rendit compte que ce n'était pas seulement la porte, mais toute la grotte qui était ainsi taillée. Il se tenait dans une pièce colossale, sans blocs de pierres mais bien ouverte dans le roc. Une salle illuminée d'une dizaine de torches, qui semblaient brûler ici sans consumer le bois.
La salle qui s'ouvrait dans l'entrée était circulaire, grande d'une cinquantaine de pieds de diamètre et haute de vingt. Elle n'avait, en outre, pas de décorations mais un puits fait de marbre se trouvait en son centre. Le jeune nain vit que ce puits, dont se dégageait une intense chaleur, était illuminé au fond de rayonnements orangés. A l'opposé de l'entrée se tenait un petit couloir capable d'accueillir des humains de taille moyenne mais, de toute évidence, fait pour des visiteurs nains.

Aucune gravure, aucune indication n'apparut pour conforter le jeune nain dans l'idée que c'était bien là le lieu qu'il recherchait, néanmoins il n'avait pas de doutes lorsqu'il s'engagea dans le couloir. Des doutes, c'est ce qui ne tarda pas à l'assaillir toutefois, tandis qu'il avançait dans un couloir sans fin, si parfait qu'il pouvait penser n'avoir pas progressé depuis le début ! D'abord à droite, puis à gauche, l'emportant vers le haut avant de se mettre en pente, la route était toutefois tout sauf synonyme d'un parcours reposant et ce n'est qu'après des heures de marche que le jeune nain n'aurait sut chiffrer qu'une salle apparut finalement devant lui.

Cette salle était en tous points semblable à celle de l'entrée, tous sauf deux. Le premier était une ouverture dans le plafond de la nef pour l'aération de la salle. L'autre était qu'au lieu d'un puits, cette ouverture laissait un rayon de lumière tomber sur une grande dalle de marbre.
En approchant, le jeune nain remarqua que la dalle était gravée de runes naines anciennes, des runes de la même époque que celles que Thorbaldwin avait trouvé dans la bicoque de la vieille mine. Quelques minutes lui suffirent pour prendre connaissance du texte qui y apparaissait :


« Celui qui recherche dans le passé un avenir qu'il ne connait pas, celui qui hérite de la bravoure et de la volonté, celui là seul pourra trouver sa voie ici. Celui qui n'a pas de destiné, celui qui a été libéré de la trame divine, celui là seul trouvera son chemin ici. »

Sans comprendre le sens de ces mots, Thorbaldwin resta toutefois pendant quelques longues heures à les ressasser dans l'espoir qu'elle s'éclaireraient. Comme cela n'arrivait pas mais que la fatigue de sa journée s'emparait de lui, le jeune nain choisi de s'étendre dans ses couvertures à l'entrée de la salle, sous la modeste chaleur des flambeaux.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:17

Le lendemain matin, ou du moins au moment où Thorbaldwin se sentit suffisamment reposé et où il remarqua que l'ouverture au plafond de la salle exhalait une lumière blanche agréable, il prit la direction de l'ouverture qui se trouvait à l'opposé de la salle.
Il ne comprenait pas plus l'inscription de la dalle que la veille, mais il n'y avait surement qu'ainsi que la signification pourrait lui apparaître.

Après quelques heures de marches, dans les mêmes conditions désagréables que pour accéder à la salle précédente, le jeune nain arriva enfin, un peu essoufflé, à une nouvelle salle. Cette salle se présentait comme la précédente, au détail prêt qu'il ne voyait pas de porte sur le pan de roche opposé. Il n'attendit pas d'avoir observé les lieux plus en avant pour se diriger vers la stèle qui siégeait au centre de la pièce. Des inscriptions an runique ancien se trouvaient à nouveau sur celle-ci...


« Celui qui hérite des plus grands présents, celui là n'est digne de se les faire reconnaitre que s'il prouve qu'il n'a pas besoin de les recevoir pour les posséder... »

La fin de cette nouvelle énigme, pour lui, était recouverte d'une poussière épaisse, une poussière qui comblait complètement les gravures qui suivaient cette première phrase. Sans attendre, Thorbaldwin passa sa manche sur la pierre dans le but de révéler ces écritures.
A ce moment là la salle se mit à trembler, et ce fut comme si elle se déplaçait, comme si la salle se renversait. Le jeune nain fut renversé lui même, repoussé de la stèle jusqu'au mur qui se dressait derrière lui.
Tandis que Thorbaldwin se relevait péniblement, il entendit un cris strident. Le sol de la grotte, sous la dalle de marbre, se fissura soudain. Le nain eu le réflexe de stopper le débit de son énergie magique, l'une des rares choses qu'il sache maîtriser concernant ses pouvoirs, mais il se rendit aussitôt compte que ce n'était pas lui qui provoquait cette fissuration et il n'avait pas fait deux pas que le sol absorbait le marbre. Et alors il la vit.

Une créature, à la fois belle et horrible. Une femme qui était tout autant un monstre. Une créature aux formes de femme mais ayant une queue en lieu et place de jambes. Son crâne était couvert de cheveux larges qui bougeaient de manière que l'on eut dit des serpents et son visage... Son visage était magnifique, avec des yeux d'un rouge flamboyant, un rouge...

Thorbaldwin poussa un cris d'horreur à ce moment là. Il venait de sentir sa main gauche qui s'engourdissait tandis qu'il observait les yeux de la créature qui lui faisait face, et voilà que sa main était de pierre !
La méduse commença à glisser à la manière d'un reptile. Le nain eut le réflexe de reculer mais son dos tapa immédiatement contre le mur et il était à l'opposé de la sortie ! Le jeune nain reprit trop tard ses esprits pour éviter convenablement la queue que la créature jetait bientôt vers lui, en se jetant au sol sa main gauche, de pierre, fut touchée par l'attaque qui la brisa en mille morceaux.

Dans un hurlement de douleur Thorbaldwin se souleva de sa main restante pour tenter de courir dans l'autre direction. Vainement. La créature était déjà sur lui qu'il s'était à peine remit sur ses jambes. Le nain se souvint de ses lectures sur les méduses, il lui fallait éviter son regard ! Il voulut alors la repousser d'un coup de pied pour gagner du temps, lorsqu'elle était concentrée sur sa charge, mais même en pleine charge elle s'avéra trop vive pour lui et le nain fut projeté en arrière avec un craquement sonore : sa jambe s'était brisée sur le coup.
Toutefois il était à présent à quelques pas seulement de la porte de sortie et la créature s'était redressée à l'autre bout de la salle. Elle attendait... Quoi ?
Thorbaldwin avisa son matériel de voyage, posé à proximité, et il rampa pour se saisir de son bâton de marche grâce auquel il se redressa péniblement. Il n'était pas debout que la méduse laissait entendre un cris strident et fonçait à nouveau sur lui. Quelques pas et il était hors de la salle, la créature était trop grande pour se mouvoir convenablement dans le couloir. Le jeune nain se mit alors à se trainer rapidement vers la sortie... Le crissement que laissait entendre la créature tandis qu'elle glissait sur le sol rocheux se rapprochait... Plus que quelques pas à cloche pieds et le couloir s'ouvrait à lui... Et Thorbaldwin se souvint.

Il se souvint que si la méduse avait sus sortir du sol elle saurait sortir de la montagne. Que Thornbalgard était le village le plus proche. Qu'elle pourrait s'attaquer aux siens, tuer ceux qui lui étaient cher... S'il avait réveillé cette horreur, il devait veiller à ce qu'elle ne face pas plus de mal.

Il s'était arrêté dans sa course, sans même y faire attention, tandis que ces pensées lui venaient. La méduse, elle, avait continué sa course et elle était maintenant sur lui. Le jeune nain saisi son bâton de tout ses forces, serrant les dents tandis que sa jambe brisée reprenait contact avec le sol et il se servit de l'énergie de sa chute en avant pour asséner un coup de toute ses forces à son assaillante. Futile. La méduse arrêta sa course à quelque pas de lui, le laissant mouliner dans le vide et s'effondrer sur lui même.
Tandis que Thorbaldwin tentait de lever à nouveau son bâton vers elle, la méduse le balaya d'une nouvelle frappe de sa queue. Le bâton fut instantanément brisé en deux.
Un instant tenté de se rejeter en arrière, le nain se maîtrisa et s'envoya, au contraire, droit vers la créature. Cela au moins elle ne s'y attendait pas ! Thorbaldwin attacha sa main à l'un des serpents qui faisait office de cheveux à la créature, ce dernier eu beau mordre le nain ne le lâcha pas, au contraire il plaça encore sa jambe restée valide de sorte à entourer son adversaire à la manière d'un... Reptile. Bien que nain son poids ne pouvait suffire à bloquer les mouvements d'un tel ennemi bien longtemps et cela le jeune nain le savait, aussi Thorbaldwin n'attendit pas et il lança son regard directement dans la pupille ensanglantée de la méduse.

Celle-ci ne comprit pas d'abord et profita de ce regard pour lancer toute son énergie dans la pétrification du nain. Mais bientôt, tandis que la jambe enlacée à elle se faisait pierre, tandis que le buste et l'épaule du nain commençait à se pétrifier à leur tour, la créature reptiliène s'affaissa. Le poids de la pierre se faisait trop sentir et bientôt elle tombait en arrière et fermait ses yeux. Mais il était trop tard. Thorbaldwin l'avait trop fixé et tout son corps se pétrifiait de lui même. Il eut un hurlement sourd tandis que sa jambe se brisait sous la méduse, alors que celle-ci s'effondrait en arrière. Son buste était complètement prit dans la roche à présent, son bras droit aussi et il sentait la malédiction monter à l'entame de son cou. Ce serait bientôt finit et, sous son poids, la créature serait bloquées, blessée, et incapable de s'en sortir.

Ce serait bientôt finit.

La lumière devint nuit et Thorbaldwin perdit conscience, au comble de la douleur, une douleur qu'il ne pouvait plus exprimer par une bouche paralysée.

Une lumière... Une lumière semblait toutefois poindre au loin... Dans l'obscurité... Et Thorbaldwin ouvrit les yeux. Il était seul, couché sur le dos les yeux sur l'ouverture au plafond de la salle. Se relevant, de ses deux mains valides, il se redressa. Ses jambes comme ses mains étaient bien là, là comme la dalle de marbre qui se dressait devant lui.
Le jeune nain avança vers cette dernière et remarqua que les lignes qu'il avait dégagé de la poussière étaient bien visibles à présent.


« Celui qui hérite des plus grand présents, celui là n'est digne de se les faire reconnaitre que s'il prouve qu'il n'a pas besoin de les recevoir pour les posséder. La bravoure comme la volonté peuvent être reconnus par l'héritage, mais seule l'épreuve saura montrer si l'héritage a bien été obtenu. »

En lisant ces mots le jeune nain remarqua aussi qu'un couloir était mystérieusement apparu à l'autre bout de la salle. Il rassembla ses affaires avant de s'y engager.

Thorbaldwin marcha encore de longues heures, longues mais qui lui parurent moins importantes que les traversées précédentes, tandis qu'il était perdus dans ses pensées. Finalement, il pénétra dans une nouvelle salle. Comme la précédente cette salle n'avait nulle ouverture pour poursuivre son chemin, mais en revanche elle n'était pas au cœur du pic. Elle était ouverte, sur un tiers de son contour, aux vents des montagnes et sur une abîme infernale.

Cependant elle n'était pas ouverte uniformément. Au centre de la faille vers l'extérieur se tenait un pan de glace avec d'étrange couleurs en son centre, couleurs qui poussèrent le nain à se diriger vers lui avant même de constater qu'il n'y avait pas, cette fois, de plaque de marbre au centre de la salle.

Au centre des glaces se tenait le corps d'une naine. Une belle naine. Elle ne devait pas avoir plus d'une cinquantaine d'année, avait des cheveux blonds, chose rare chez les nains, et une fort jolie barbe naissante. Assez svelte pour une naine elle avait néanmoins une poitrine abondante et des rondeurs très agréables au regard. Mais son ventre était, lui, d'une rougeur écarlate qui ne laissait aucun doute quand à son état : cette glace était son cercueil éternel.

Il remarqua bientôt une petite gravure runique au bas du pan de glace.


« Ci-gît Filïn. Sa courte vie aura été plus éblouissante que les vies éternelles. »

Thorbaldwin ne trouva rien d'autre dans la salle, rien qui lui laisse penser qu'il y ait jamais eu une autre porte dans la salle que celle qu'il avait emprunté lui même pour y arriver. La tombe seule occupait les lieux.
Il n'était peut-être pas sensé trouver sa route ici, finalement.

Il fallut plus d'un jour à Thorbaldwin pour sortir à nouveau de la vaste caverne, en sens inverse et sans la moindre aventure. Lorsqu'il eu rejoint la lumière il remarqua toutefois quelque chose d'étrange : sans qu'il n'ait pensé emprunter un chemin différent de celui qui l'avait conduit à l'intérieur, de fait il n'y avait qu'une voie possible, il était désormais en un autre lieux que celui par lequel il était entré.

Face au jeune nain ne se tenaient pas les vastes terres gelées de son enfance mais des terres vertes, au loin, les terres qu'on appelait chez lui le Lorndor.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:17

Cycle second
Le nain d'Elendra



Chapitre 3 : Le nain sans passé

Au sud du Lorndor se tient la région désertique du Lornsoth et à l'est des régions barbares, connues pour abriter un grand nombre de clans qui se disputent une suprématie précaire. Mais entre eux, au sud-est des terres du Lorndor, entre le grand continent et l'océan, se tient une vaste plaine fertile. Cette plaine a eu bien des noms au cours de l'histoire, si bien humains qu’elfiques, orcs ou même nains parfois. Au final son nom s'est perdu tandis que sa population émigrait presque intégralement vers les riches cités de Lorndor, quittant leurs petits villages du sud. C'est ainsi pour raisons purement économiques que cette terre fut vidée de ses quelques habitants, qui ne laissèrent derrière eux que quelques " originaux ".

Mais ces originaux ne restèrent pas seuls bien longtemps. Lorsqu'une peuplade d’elfes arriva dans leurs terres, fuyant guerres et désolations, ils y virent l'espoir et l'avenir. Elendra, la magnifique cité du sud, naitrait bientôt de leurs efforts.

Pendant un siècle et demi cette cité évoluera en nombre d'habitants. Principalement peuplée d’elfes mais aussi soutenue par des humains, natifs ou réfugiés dans la région. Elendra évolua aussi en force commerciale et, enfin, la cité devint une grande forteresse, considérée par beaucoup comme imprenable. Ses hauts murs blancs reflétaient le soleil à des lieux à la ronde et même les clans hordeux, présents à seulement une trentaine de lieux au nord, en Lorndor, ne se laissaient plus tentés par l'idée de venir la piller.
Nombreux furent les orcs, trolls, taurens et toutes autres créatures de l'ombre qui y moururent de façon bien risible. Mais même dans ces races on trouva bientôt des habitants d'Elendra, car même parmi les races qui, jadis, jurèrent leur foi à la horde, parmi elles nombreux sont les individus qui en fait n'aspirent qu'à la paix. Et la paix régnait en Elendra.

Lors de la construction d'Elendra, les elfes qui furent à l'origine de ce projet se choisirent parmi eux un roi, celui qui les avait conduit jusqu'à cette terre d'accueil, et ce roi deviendrait le dirigeant de la cité tout au long son existence. Il était bon et sage. Il était droit et juste. Et tous l'aimèrent, elfes, humains, nains, gnomes, trolls, taurens ou orcs
Ce roi était aussi l'un des rares parmi les habitant d'Elendra à être arrivé avec une famille. Il arriva en effet avec sa jeune sœur et le fils de cette dernière, un jeune elfe du nom d’Illidane. Le jeune Illidane était fougueux encore, ayant à peine un siècle c'est tout juste s'il avait atteint sa pleine maturité physique. Il se plaisait à parcourir les plaines à pieds, n'hésitant pas à se risquer jusqu'au nord et aux terres de la horde. C'est ainsi qu'un jour, aux abords de la frontière du Lorndor, il tomba sur deux orcs en bivouac. Ces derniers riaient et discutaient de leurs derniers pillages, de leurs derniers faits d'armes. Illidane n'avait pas de haine particulière pour les orcs, il en fréquentait même certains en Elendra, mais il ne savait que trop quelle sorte d'orcs vivaient en cette région et il choisit de se faire discret et d'écouter leur conversation.


« Ah, et, dis Barrdaf, pourquoi qu'on doit s'garder ce môme avec nous ? Sa viande est fraiche, ça nous changerai de ce bout de hyène qui...
- Non ! On doit ramener s'tas d'viande à la maison. Le chef va pas apprécier sinon, d'jà qu'on r'mène pas d'butin. »

A ces mots l'orc qui venait de parler tira un sac de laine vers lui, pour l'enlever de la portée de son compagnon et Illidane se rendit compte que le sac bougeait. Un cri retentit alors en provenance de ce balluchon, un cris de nourrisson !
Sans attendre, le jeune elfe dégaina lentement, sans bruits, sa lame courbe, puis il entreprit un déplacement silencieux de manière à se placer sans être vus derrière l'orc qui avait amené prêt de lui le ballot. La région était assez désertique et rocheuse ici, à proximité des terres de la horde, aussi Illidane n'avait aucun problème à se cacher à la vue de ses vis à vis, surtout avec la cape de couleur rocheuse que lui avait remis son oncle, et l'orc ne le vit même pas avant que de sa gorge ne s'échappe un violent jet de sang chaud.
L'autre orc fut plus vif. Avant que l'elfe n'ai pu seulement se mettre en position de garde, devant le bébé, le peau verte avait déjà levé une lourde hache au dessus de sa tête et l'envoyait cogner contre son adversaire. Illidane esquiva l'assaut mais la hache brisa le rocher qui se tenait derrière lui et des débris de roches lui lacérèrent la jambe droite. Inexpérimenté encore, l'elfe se tint la jambe quelques seconde avant de se reprendre, trop tard. L'orc frappait à nouveau, latéralement cette fois. Illidane n'eut que le temps de se baisser et, posant le pied gauche sur de la mousse, il se sentit s'affaler.

« Pas maintenant ! » Aurait-il voulus crier... Mais ce ne resta qu'une ébauche de pensée tandis qu'il tombait sous le torse de son adversaire, adversaire qui forçait sur ses bras afin de soulever à nouveau son arme et la lame de l'elfe vola donc afin de faire en sorte que jamais plus il ne la lève. Le bras droit de l'orc fut sectionné net, le gauche suffisamment entamé pour être inutilisable.
Illidane se releva péniblement, tandis que l'orc tombait à genoux, le moignon secoué de spasmes violents. L'elfe abrégea ses souffrances d'un coup net, la tête de son adversaire tomba à côté du tronc. Puis le jeune elfe se dirigea vers le nouveau-né.
Lorsque Illidane releva le tissus qui en cachait le visage, et dès avant à sa taille, il sut que ce n'était pas là un enfant elfe ou humain. L'enfant était un nain, un nain à des centaines de lieux du bourg nanesque le plus proche, un nain quand il n'y en avait presque aucun en Elendra. Un nain qui serait des leurs désormais.

Trois décennies passèrent et le jeune nain grandit, bien que peu aux yeux d'un Illidane moqueur. Le nain à poil brun laissa pousser sa barbe dès qu'elle apparu, telle qu'il pu lire dans les livres de la citadelle d'Elendra que les nains en avaient l'habitude. Cette dernière prit des allures quelque peu sauvages, n'ayant en revanche personne pour lui apprendre à la tresser puisque les elfes qui l'entouraient n'avaient aucune connaissance en la matière. Les cheveux du nain étaient de même laissés un peu trop libres au goût de certains... Il détestait perdre du temps à les faire couper à la perfection et se les tranchait plutôt à la dague... Quand il en prenait le temps.
Son physique était plutôt robuste, de taille plus grande que la moyenne naine, il avait en outre des bras solides et une allure assez noble. Parfois les elfes plaisantaient en disant qu'il devait descendre de rois nains. Ces plaisanteries n'étaient toutefois pas du goût du nain qui, même si il s'efforçait d'en rire, était touché par le manque de connaissance de ses origines.

Il grandit dans une cité d'Elendra qui avait atteint le sommet de sa splendeur. Le roi lui même le considérant comme des siens suite à son sauvetage enfant par son neveu, le jeune nain avait un accès libre à la quasi totalité des connaissances accumulées dans la bibliothèque de la citadelle. Mais ce que le jeune nain appréciait le plus c'était de passer du temps avec Illidane, traverser les plaines entourant Elendra, voir aller un peu plus loin.

Sans maîtriser réellement l'art des armes il se rendait aussi utile que possible. Il avait bien tenté d'apprendre l'art de l'épée ou de la hache mais avec un moindre succès, le nain parvint à se battre suffisamment pour... Emmener une lame avec lui sans se blesser. Et parfois parvint-il ainsi à aider son ami elfe que ce soit à la chasse ou même, parfois, lors d'escarmouches avec des hordeux, encore que ce fut bien plus souvent Illidane qui lui sauva la vie.
Le nain n'avait pas été baptisé de manière définitive, on usait alors de surnoms divers, avant d'avoir montré ce que serait sa vie, selon la tradition elfique. Au vus de son évolution et de la longueur de la vie d'un nain, il fut choisit lors de son trentième anniversaire, le trentième anniversaire de sa découverte par Illidane en fait, que son nom de vie serait Vorondil, " Fidèle Ami " en elfique, et sa vie serait une éternelle preuve de sa fidélité en amitié, quitte à en souffrir parfois.

Trois ans et demi plus tard, Vorondil annonça à la mère de Illidane, qui l'avait adopté officiellement entre temps, ainsi qu'au roi d'Elendra son intention de quitter les terres du sud pour rejoindre d'autres contrées. Il désirait commencer par visiter le Lorndor, de manière à découvrir d'autres choses que ne sauraient lui apprendre les manuscrits de la citadelle. Découvrir son peuple et, peut-être, ses origines. Sans doute cette dernière raison devait-elle l'obséder dans son jeune âge, comme c'est le cas pour tous les orphelins.
Les elfes furent attristés de son départ, à commencer par Illidane, ils ne lui en souhaitèrent pas moins bon voyage et Vorondil partit vers le nord avec sur lui assez d'or pour vivre quelques mois en auberge et, outre des habits de soie, une dague et une hache de grande valeur.

Il partit droit vers le nord-ouest, en direction des terres naines en passant par le royaume elfique. C'est là qu'il connu la première désillusion de sa vie en se faisant prendre ses biens par des elfes noirs, quand il avait de tout temps considéré les elfes comme sa famille. Cela ne le découragea pas et, au terme d'un voyage de prêt de deux mois, il arriva, en piteuses conditions, en bordure du royaume nain du Lorndor, au devant d'une statue représentant un solide guerrier nain. L'image de ce guerrier nain sur un piédestal de pierre devait rester dans sa mémoire comme son premier vrai contact avec sa race, malgré les quelques nains fréquentés à Elendra qui avaient, d'ailleurs, des coutumes fort différentes de celles qu'il trouverait en Lorndor. Ce n'est que plus tard qu'il apprit que la sculpture représentait le dieu guerrier Balgrim, car à cette époque Vorondil ignorait encore tout de l'écriture runique qui ornait la dite statue. Ainsi, bien plus tard, il dira que le premier nain qu’il eu rencontré en Lorndor fut Balgrim.

Arrivé au royaume, le jeune nain se mit en devoir de découvrir le fameux breuvage qui revenait dans tous les écrits portant sur sa race qu'il avait lut en Elendra et il trempa pour la première fois ses lèvres dans une choppe. Cela lui valut trois jours de plonge pour l'avoir fait sans avoir de quoi payer, mais lui laissa néanmoins un sourire sur les lèvres en y repensant. Après cet épisode il choisit de rejoindre l'un des clans regroupant des nains afin d'apprendre, enfin, à se battre convenablement et éviter ainsi l'épisode fâcheux des elfes noirs, au sud. Et aussi, naturellement, pour obtenir de quoi vivre.

D'après les histoires qu'il avait lut, un clan avait une grande histoire dans le cœur des nains, c'était le clan de la Moria, aussi il choisit de le rejoindre et, bientôt, de se soumettre aux conseils de ses instructeurs.
L'épée et la dague étant mal vus chez les nains, Vorondil ne s'y essaya point. Au lieu de cela, il essaya le combat à la hache, pour faire plaisir à ses camarades nains. Après avoir détruit une poterie fétiche de son maître et s'être presque amputé d'un doigt le jeune nain abandonna l'idée. La hache ne convenant pas il se laissa tenté par une arme moins lourde mais pouvant être très tout aussi efficace, le bâton. Un bâton assorti de pics de fers étant une arme très efficace, bien que plutôt peu utilisée par les nains en raison de leur taille, il pouvait se trouver ainsi un nain d'exception, capable d'utiliser une arme que peu de ses confrères maîtrisaient... Mais cela ne fut pas puisqu'il ne parvint pas à seulement retourner son bâton pour contrer une attaque par derrière.
« Une arme qui empêche de combattre sous tous les angles est un poids plus qu'autre chose. » S'entendit-il dire par son maître d'apprentissage. Après cette expérience, Vorondil tenta le combat au poing, des barres de mithril en pointe ajoutées au bout de chaque doigts telles des griffes est l'un des modes de combats rituels appréciés des nains. Vorondil n'y trouva pas un franc succès, sa première tentative sur le terrain le faisant perdre pieds face à un jeune combattant orc. Puis le jeune nain tenta l'usage d'armes contondantes, le gourdin puis le marteau. Le premier rencontrant un succès mitigé et le deuxième presque aussi minable, Vorondil envisageait désormais de laisser de côté la vie guerrière.

C'est à ce moment là que sa vie basculait. Lors d'un énième exercice au marteau, de rage face à son incapacité à contrer son adversaire, qui lui taillait sa cotte de maille d'entrainement en lambeaux, Vorondil frappa le sol. Une conséquence inattendue en ressortit, le sol vibra pour venir déséquilibrer son vis à vis. Ce dernier s'écroula comme un fétu de paille, sous le poids de son armure. Vorondil se rendait soudain compte qu'il y avait une autre force en lui qu'il n'avait pas envisagé.

Quelques semaines plus tard il annonçait son intention de quitter le clan de la Moria. Il leur avait causé assez de soucies comme ça, et puis pour apprendre à maîtriser ces pouvoir sans causer d'avantages de destructions matérielles il lui valait beaucoup mieux s'écarter un peu des zones du clan.

Vorondil voyagea alors pendant plusieurs semaines, apprenant à maîtriser un peu les chocs terrestres qu'il provoquait. S’il ne comprenait pas encore tout, son affinité à la magie de la terre le comblait et il n'était pas mécontent de sa journée, même si cette dernière l'avait vu engloutir dans une faille son déjeuner et se casser le bras en tentant de faire exploser un rocher. Il sentait enfin que, un jour, il serait utile en temps de guerre.
Au titre des anecdotes de cette époque, un elfe noir fut si impressionné de voir Vorondil accidentellement, mais ça l'elfe l'ignorait, engloutir dans le sol un chariot transportant un brave fermier humain et sa famille, que l'être sombre proposa au nain de se joindre à lui. Vorondil choisit alors de prendre la poudre d'escampette avant qu'il ne lui arrive une nouvelle mésaventure.

C'est dans l'auberge du poney qui tousse que les pas de Vorondil le conduisirent alors. Dans ce lieu, outre une bonne choppe de bière, le jeune nain rencontra un nain guerrier au poil noir sombre du nom de Borador. Ce nain portait sur sa poitrine de maille un écusson représentant un palais nain, de rouge et d'or.
Borador passa la soirée à discuter avec Vorondil, il lui parla de son clan, le clan NAINS, clan rassemblant le plus grand nombre de combattants nains dont un certains nombre de magiciens talentueux qui sauraient, si Vorondil le souhaitait, lui apprendre à maîtriser un peu mieux ses sorts encore très approximatifs. Le lendemain les deux nains partaient en compagnons et Vorondil inscrivait son nom à la liste de ceux servant dans l'armée NAINeS. Liste que son nom ne quitterait, un jour, que pour aller à celle du panthéon des plus grands NAINS. Vorondil n'en espérait pas moins tandis qu'il gravait son nom dans les tables d'inscription au clan.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:18

Chapitre 4 : Les nains, l'amitié, l'alliance

Borador conduisit le jeune nain à travers les prairies qui séparaient l'auberge du poney qui tousse du palais du clan NAINS. Ce jour là le temps était beau sur le royaume nain, un soleil généreux et chaud se posait sur les deux nains à pieds tandis qu'une légère brise leur permettait de ne pas en souffrir.
Ils prirent un repas frugal, composé des restes de leur repas de la veille à l'auberge, à la mi-journée, et ce n'est que le soir qu'ils arrivèrent en vue de la bâtisse tant espérée.

Le palais NAINS compte parmi les plus glorieuses et anciennes des constructions du Lorndor. Nombreuses sont les batailles qui se sont déroulées sous ses murs ou dans le but de l'atteindre, mais jamais il n'est tombé à ce jour. Ses murs d'enceinte faisant une trentaine de pieds de haut, sa porte d'entrée une vingtaine avec un pont levis colossale, le visiteur est en droit de se poser la question de l'identité de ses bâtisseurs tant il semble inconcevable que ce soit des nains qui aient construit si grand !
Au dessus de la poterne se trouve gravé et coloré à l'aide de pigments le même symbole que celui qui ornait la poitrine de Borador, le palais nain de rouge et d'or NAINS.
Une fois le pont levis et la herse passés, Vorondil se vit présenter à un garde, un vieux nain à barbe blanche du nom de Popeye, puis tout du long, tandis qu'il marchait vers la salle de recrutement NAINS, il croisait de nouveaux nains que Borador lui présentait tour à tour. Les noms tournoyaient tant autour du jeune Vorondil qu'il en avait oublié les premiers lorsque la moitié seulement du chemin était parcourue. Il rencontra toutefois plus particulièrement un nain blond d'âge moyen qui se présenta sous le nom de Ribère et qui accompagna les deux voyageurs jusqu'à la salle des écrits. Après en avoir finit avec les longues et éreintantes formalités naines, puis avoir prêté allégeance au chef NAINS présent à ce moment là au palais, Logibics, Vorondil fut conduis à ses quartiers par Ribère qui, encore une fois, lui présenta un bon nombre de nains sur le chemin. Le clan NAINS était alors proche de son apogée en terme de nombre de membres.

L'histoire des premiers pas de Vorondil dans ce clan ne fut pas des plus impressionnantes, ni des plus mouvementées. Il passa un temps d'abord avec Trosken, l'un des chefs NAINS mais surtout le seul chef NAINS magicien à l'époque, qui lui appris à maîtriser ses sorts pour ne pas tout détruire alentour. Ensuite, ayant déjà son propre apprenti, Trosken conseilla à Vorondil de se trouver un ainé qui saurait lui apprendre à focaliser sa concentration sur un point précis et, par ailleurs, à trouver sa voie dans l'école de magie.
Trois voies ancestrales existent chez les mages NAINS. La première est celle des mages de guerres, plutôt minoritaire en raison de la relativement faible relation des nains avec la magie destructrice. La seconde consiste à suivre la voie du clerc, une voie qui suis un équilibre entre création et destruction. La dernière, enfin, conduit à être ordonné moine ou prêtre nain, et à passer sa vie à soigner ses frères de tous leurs maux. Vorondil choisira sa voie et son maître en même temps, il deviendra clerc comme Ribère.

De la vie de Vorondil pendant son instruction on ne connaît alors pas grand chose. Il fit la connaissance de Boulette, elle même ancien maître d'apprentissage de Ribère, qui prit le jeune Vorondil en affection et lui enseigna bien des choses elle même. Le jeune nain se mit au service du Nainpital et par là même de son chef, la charismatique maître moine Kesh la Grande. Kesh la Grande serait un soutien de tous les coups durs de Vorondil dans ses jeunes jours et n'oubliera jamais de lui faire des cadeaux lors des occasions ou, tout simplement, pour lui faire plaisir.
Il obtint ainsi un beau griffon de la part de Kesh lors de sa nomination officielle au rang de clerc NAINS, griffon qui le servirait bien des années. Et dès lors la vie de Vorondil fut celle du clan NAINS, il suivait les guerres avec ses soins et quelques sorts d'attaques pour achever des ennemis si nécessaire. Il suivait les discussions des officiers avec respect et sans les interrompre. Il passait enfin le reste du temps dans la chambre du Nainpital à soutenir les malades et renforcer les connaissances des arcanes régénérateur, par son assistance aux recherches de Kesh la Grande en compagnie de Ribère.

Durant quelques jours un gnome du nom de Titoc, gnome connus chez les siens, viendra en visite au royaume nain. Vorondil apparaît alors parmi ceux qui lui firent bon accueil, quand d'autres nains voulurent plutôt le reconduire à la porte, et c'est en partie grâce au jeune Vorondil que Ttitoc parviendra à faire bon voyage et à repartir en paix. De l'avis de ses fréquentations de l'époque c'est à partir de ce moment là que Vorondil commença à nouveau à s'intéresser aux autres races qui entouraient les nains, en Lorndor, et sans doutes là la naissance de sa motivation à combattre pour l'alliance. Aider les gnomes mais aussi les elfes comme ceux qui l'ont aidé jadis, aider les humains puisque ces derniers combattent à leurs côtés. Toutefois il se passera encore plusieurs années pendant lesquels le nain restera la plus grande partie de son temps cloitré dans les bâtiments de soin NAINS. Sa personnalité il se la forgea seul et non sous une influence quelle qu'elle soit.

Le Consortium Minier vint alors à faire parler de lui. Cette assemblée de nains de tous horizons fut crée à la suite, et en remplacement, d'une taverne spécifique dans laquelle les nains étaient accueillis de manière neutre, quelque soit leurs origines. Vorondil, avide de connaissances et motivé par l'idée de réussir à unir les nains en un peuple solidaire à nouveau, choisit de siéger très régulièrement à l'assemblée du Consortium.
Rarement cité comme intervenant, il passait toutefois beaucoup de temps dans les couloirs et il fit connaissance de quelques nains importants dans la politique de l'époque. A commencer par Amonli, qui deviendrait célèbre comme maître brasseur plus tard, mais il échangea aussi quelques mots avec le célèbre Nalin, l'un des fondateurs du mur de lumière allianceux et de la taverne qui avait conduit à la fondation du Consortium Minier.
A cette époque nombreux étaient les représentants NAINS qui siégeaient au Consortium. Parmi les plus importants étaient le grand prêtre de Balgrim, et ancien chef NAINS, Logibics, mais aussi Yuri le stratège, Kiloubye, un des vétérans les plus anciens et reconnus des NAINS. Il y avait aussi un autre NAINS à barbe rousse du nom de Danthorïn.

Danthorïn était un nain particulier. Plus jeune que la plupart des intervenants du consortium, il s'était fait sa place dans les discussions malgré tout, à force d'arguments sensés et de présence là où l'on avait besoin de lui, de sorte qu'à présent il était estimé comme l'un des membres les plus actifs du Consortium et son avis était toujours demandé dans les projets de celui ci, même s'il n'était pas au rang des dirigeants. Il représentait, en fait, tout ce que Vorondil pouvait rêver d’être, lui qui avait bien des idées à défendre mais n'osait prendre la parole face à ces grands noms des nains. Danthorïn avait juste un caractère de tête brûlée qui lui avait permis de trouver sa place.
Les deux nains ne s'étaient guère rencontrés auparavant, du fait de leurs emplois du temps très peu semblables chez les NAINS. Danthorïn faisait partis des rares mages de guerre et était toujours en vadrouille. Aussi c'est paradoxalement hors de leur palais que Vorondil et Danthorïn eurent leurs premières vraies conversations. Ces conversations ne devaient plus se finir, et ils ne devaient plus guère se séparer par la suite, pas même lorsque l'un ou l'autre s'éloignerait de son clan ou choisirait une voie différente de celle qu'il avait respecté jusque là.

Malvoort, alors officier important des NAINS et en outre membre du Nainpital, permettra à Vorondil de trouver sa place parmi les NAINS les plus reconnus de son ordre. Dans le même temps ce dernier commençait également à percer au Consortium Minier en la compagnie de Danthorïn, chez lequel Vorondil trouvait la plupart des idées qu'il avait lui même développé. Vorondil devenait petit à petit l'une des personnalités naines du moment, malgré sa nature encore réservée.
Les années passaient, et les deux amis Vorondil et Danthorïn n'étaient bientôt plus tout jeunes, plus tout jeunes lorsque Vorondil s'engageait derrière son ami qui, lui même, soutenait la création d'un partis d'ultra proches de l'alliance et proposé par Nainbécile au sein du Consortium Minier, dans une période de politique accrue chez les nains.
La politique ne sera pas un succès, Danthorïn nommé conseiller de son parti, puis promus comme l'un des trois chefs du Consortium, en l'absence de Nainbécile, trouvera bien des conseils avisés auprès de son ami mais sera aussi l'un des premiers à reconnaître l'inefficacité de la politique pour unir les nains. A constater qu'au contraire elle les divisait, créait une sorte d'élite. Il se retira bientôt de son poste pour rejoindre les Disciples de Balgrim, groupe de combat NAINS, où il fit intégrer Vorondil comme soigneur permanent.
Vorondil allait désormais voyager à travers le Lorndor avec les Disciples de Balgrim, ou DB comme ils se faisaient appeler, et connaître bien des aventures, sauver un nombre incalculable de fois la vie de ses compagnons Galraugh, Bobo, Vivi ou encore même Evadakedavra, pourtant l'un des plus importants mages de guerre de l'histoire des NAINS. Mais il ne sauvera jamais autant ces derniers que ses soins n'aideront un Danthorïn par trop tête brûlé.

« C'est bien jolis d'être le premier au combat, mais si tu pouvais ne pas être aussi le premier à la nainfirmerie... » Dit un jour Vorondil à Danthorïn, fort à propos.

C’est vers cette époque qu’un jeune magicien, un peu enrobé et plus résistant que puissant, qui se faisait appeler Redmago s’engagea chez les NAINS. Il ne payait pas de mine mais se montra dès son plus jeune âge actif et réactif au sein du clan. Il montrait une ambition positive que même les chefs du clan le manquèrent pas de remarquer pour lui donner bien vite quelques petites missions. Vorondil, pour sa part, fit plus et encouragea l’intégration du jeune nain au sein du Nainpital avant de devenir lui-même son maître d’apprentissage.

Après quelques années encore ainsi, Vorondil connaissait le Lorndor aussi bien que tous les plus grands voyageurs de ces terres. Son ami Danthorïn ayant choisit de se retirer des affaires des Disciples de Balgrim, pour s'intéresser à divers points qu'il avait laissé de côté tels que l'alchimie, la bière puis même la religion, Vorondil partit lui aussi de son côté, mais pour le palais NAINS et ses salles de magie de vie qu'il avait déserté bien trop longtemps à son goût. Bien trop longtemps car entre temps elles s'étaient désertées. Boulette et Ribère avaient quitté les NAINS par amitié pour les gnomes et dans le but de développer un clan qui favoriserait le contact entre ces deux races. Et bien d'autres membres avaient choisit de vaquer à d'autres occupations, laissant les locaux vides, vides d'apprentis aussi : dans cette période le royaume nain s'était stabilisé et la demande en soins avait baissé, entrainant une moins forte propagande pour les rangs du Nainpital.
Kesh la Grande, commençant à vieillir et affaiblie suite à un accident de griffon, avait aussi choisit de se séparer de la lourde tâche de diriger les nainfirmiers. Martoc, clerc toujours à ses côtés au point de l'épouser, accepta de prendre une part de ses responsabilités pour lui, mais il se savait incapable de les assumer toutes. Kesh étant irremplaçable. Vorondil proposa alors son aide et elle fut bienvenue. C'est ainsi qu'à peine de retour au palais NAINS, Vorondil était nommé officier du Nainpital, officier des NAINS, dirigeant des affaires internes du Nainpital. Son dévouement et sa motivation avaient finalement portés leurs fruits, il était l'un des NAINS les plus reconnus.

Dans sa tâche, Vorondil préférait de loin s'occuper des jeunes nains, tâche dans laquelle Kesh la Grande restait d'ailleurs très investie. Vorondil passait ainsi souvent du temps avec les jeunes nains en opérations éclairs ou en camp d'entrainements dans le nord, hors des terrains civilisés du Lorndor, pour leur apprendre le nécessaire à la survie au court d'une guerre. Redmago évoluait à ses côtés et fut bientôt nommé recruteur du clan NAINS et du Nainpital.

De temps à autres une guerre éclatait et à ces occasions Vorondil ne manquait pas de passer du temps avec Danthorïn. Il trouva son ami changé, devenu prêtre de Balgrim comme son ancien guide spirituel Logibics, mais leur amitié dépassait de loin ces changements. Danthorïn restait le même en sa compagnie.
Une autre citation montrant bien le caractère de Vorondil lui est prêté vers cette époque. Kiloubye, le guerrier vétéran des NAINS, lui aurait posé la question de savoir pourquoi Vorondil aimait tant combattre aux côtés des jeunes. Pourquoi il ne préférait pas plutôt suivre les campagnes des plus grands combattants nains, avec l'expérience qu'il avait acquise chez les Disciples de Balgrim. Vorondil lui a alors répondus en ces termes :

« Je mise plus sur l'inconséquence de la jeunesse que sur la sagesse des aînés. »

Vorondil participa à la tentative d'extermination de la secte du Dark Mogwaïs, une secte anti-nains, avec un groupe de jeunes nains entourés de moins d'une dizaine de combattants expérimentés. Ce n'est alors que devant l'arrivée d'alliés de la secte que l'ordre de replis fut donné, pour sauvegarder la vie de leurs jeunes combattants nains.

Dans la retraite, comme à son habitude, Vorondil resta un peu en retrait pour couvrir les arrières des siens. C'est ainsi qu'il rencontra, un soir à l'auberge, une humaine du nom de Nenar, membre d'un clan de roublards. Sans qu'on ne sut jamais comment, le nain et l'humaine firent connaissance et passèrent la soirée à discuter de bien des sujets. Le lendemain, à l'heure de se séparer, Vorondil attrapa sa main et lui demanda s'ils pourraient se revoir un jour, chose que Nenar accepta avec empressement.

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Vorondil
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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:19

Un an plus tard, après une nuit passé ensemble, Nenar trouvait à son réveil Vorondil qui lui présentait une bague. Le mariage qui suivit fut des plus calmes et anodins, peu en entendirent parler mais Vorondil, lui, était plus heureux que jamais dans sa vie. Il semblait avoir atteint tout ce dont il pouvait rêver.
Nenar et Vorondil ne se retirèrent toutefois pas de leurs activités pour vivre ensemble. L'humaine étant jeune encore, ils avaient le temps et l'envie de vivre encore bien des aventures. Le nain partit ainsi combattre une hideuse araignée en compagnie de certains de ses camarades. Il ne fut pas renommé pour ses exploits contre Xatrio, la créature, mais cette aventure eu une conséquence assez importante dans la vie de Vorondil tout de même en cela que le monstre lui dévora son brave griffon. C'est d'ailleurs Nenar qui lui offrit une nouvelle monture, quelques temps plus tard.

Trois ans environ après son mariage, Vorondil se rendait à une taverne pour rejoindre sa moitié quand il fut abordé par un individu tout de noir vêtu et encapuchonné. L'homme était en fait un elfe, et malgré quelques marques dues à des années de combats Vorondil y reconnus immédiatement son vieux frère d'enfance, Illidane !
Après ces retrouvailles, Vorondil signala qu'il comptait s'absenter des affaires naines, et du Lorndor, pendant quelques mois. Le temps de visiter les terres du sud d'où il était originaire. Sa requête fut bien évidement validée à peine déposée et il partit en compagnie de son frère, en ayant juste prit le temps de saluer Danthorïn au passage qui, lui aussi, partait en voyage mais pour le nord.

Au court de la semaine de voyage qu'ils prirent pour passer les frontières sud du Lorndor, Illidane parla à Vorondil de tout ce qui s'était passé au court des années précédentes. Vorondil apprit ainsi que de nouvelles citées avaient émergés dans les alentours d'Elendra... Mais que cette émergence de cités avait attiré l'attention des forces sombres de la non-vie. A présent plusieurs cités avaient été désertées ou ravagées, et il ne faisait plus bon s'aventurer dans les plaines de nuit.

Le destin ne devait pas permettre à Vorondil de contempler à nouveau la douce cité de son enfance. Même lors qu'il prenait enfin un temps de retrait de la guerre qu'il menait contre la horde, la guerre revenait à lui. C'est ainsi que les deux frères tombèrent sur un convoi. Un convoi horrible, un convoi de mort en marche mais organisé, avec de l'équipement de siège. Et pire que tout : en marche en direction d'Elendra !
Tandis qu’Illidane lançait sa monture, un grand tigre, en direction de la cité pour les prévenir de la prochaine attaque, Vorondil, lui, resta en arrière pour en suivre la progression, noter des indices qui permettraient de prendre l'ennemi par surprise avec une troupe d'élite d'Elendra. Mais les deux frères avaient sous-estimé l'importance de l'attaque : ils n'étaient tombés que sur l'arrière garde tandis que l'attaque était déjà commencée. Lorsqu’Illidane arriva à la salle du trône les forces de l'ombre passaient déjà les portes et Elendra était perdue.

Ce n'est qu'à l'aube que les deux amis se retrouvèrent, pour constater les dégâts.


« Comment a-t-on pu ? C'est impossible, notre cité était invincible, comment ont-ils fait ? » Se demandait Vorondil, une fois arrivé et face aux décombres de ce qui avait été Elendra.
« Je ne sais pas mon bon ami, je ne sais pas... Essayons de retrouver des rescapés, et essayons de retrouver le Roi. » Répondit Illidane, blessé au bras droit, qui avait survécu en se cachant lorsqu'une épée de l'ombre l'avait rendu incapable de continuer la lutte.

Ils trouvèrent bien le roi, mais ce ne fut que son cadavre. De même que pour le reste de la cité : tout n'était plus que mort et désolation. Vorondil et Illidane enterrèrent ensemble leur mère, puis les deux amis revinrent ensemble en Lorndor, où Vorondil annonça son départ du clan NAINS dans le but de veiller à ce que la horde soit toujours combattue dans le sud et de veiller à ce que Elendra puisse se reconstruire. Danthorïn n'étant pas encore revenu de son voyage au nord, cette décision lui fut facilitée.

Dans les années qui suivirent, les deux frères trouvèrent des amis et alliés dans leur désir de vendetta contre les forces de l'ombre au sud. Ils parvinrent à construire les bases d'une colonie à proximité des ruines d'Elendra. Ribère, l'ancien maître des jeunes années de Vorondil, devenu un maître nain reconnu chez les gnomes, fut l'un des renforts que trouva Vorondil dans son entreprise. La lumière commençait à renaitre en Illidane et cela faisait le bonheur de Vorondil aussi. Une ombre passa toutefois à l'annonce de la disparition de l'éternel ami, Danthorïn, qui avait semble t-il quitté le Lorndor.
A l'idée de ne plus jamais le revoir, Vorondil eut bien unes période noire, mais finalement le but de sa juste quête lui redonna le courage de combattre sa perte. Et la disparition de Danthorïn lui permit aussi de se séparer une bonne fois pour toute des NAINS et de se concentrer sur sa tâche, déjà bien assez colossale sans voir son cœur tranché en deux.

Une vingtaine d'année passèrent.

Lorsqu'un soir Vorondil dinait seul, tranquillement, dans la taverne du Maraud, il reçu une étrange visite. Un nain incongru et colossal qu'il n'avait encore jamais vu s'adressa à lui.


« Serais-tu le nain du nom de Vorondil mon bon ami ? »

Si Vorondil était bien certain de ne jamais l'avoir vu, c'était chose facile. Le nain qui se présentait à lui, outre une apparence massive, sa cape cachait l'absence d'un bras et il avait l'œil droit borgne, barré par une énorme cicatrice. L'inconnu avait par ailleurs une barbe brune si mal taillée qu'elle aurait fait honte à tous les nains de Lorndor que Vorondil connaissait, mais qui collait bien à l'apparence de celui qui s'affichait face à lui.
Après avoir confirmé son identité, et lui avoir offert une bière selon toutes les civilités naines, Vorondil présenta une chaise au nouveau venu. Ce dernier se présenta alors plus en avant.


« Je me nomme Jolundarg, et je suis comme vous vous en doutez un guerrier nain. Je suis originaire d'un village du nord du Lorndor, Thornbalgard est son nom.
- Thornbalgard ? » L'interrompis brusquement Vorondil. « Mais c'est le village où...
- Le village où votre vieil ami Danthorïn se rendit il y a une vingtaine d'année, en effet. Mais je ne viens pas de ce village, j'y retourne seulement après bien des années, des années passées d'abord dans les terres barbares de l'est, puis sur le continent de l'est, en Parlansia. »

Le nain s'interrompit pour prendre une gorgée de bière. Vorondil à présent avait complètement oublié son rôtis de lapin et attendait la suite avec le cœur qui battait la chamade… Se pourrait-il que...

« J'ai passé ces dernières années en allant d'aventures en aventures voyez vous. Et pour cela j'ai été accompagné d'aventuriers de grandes valeurs, mais en particulier d'un vieux nain originaire du Lorndor. Danthorïn lui même.
- Est-il vivant ? » lâcha d'un coup Vorondil, sans pouvoir se tenir une seconde de plus. Il sentait comme un fantôme de sa jeunesse reparaître.
« Je l'ignore. » Lui répondis simplement le nain lui faisant face. « Laissez moi, s'il vous plais, continuer mon récit sans m'interrompre ou nous y seront encore demain.
Danthorïn m'a fait promettre de ne pas tout vous raconter de nos aventures communes dans les terres de Parlansia car, m'a t-il dit, il espère bien vous les compter lui même un jour. En fait je pense qu'il désirait avant tout que vous ne cherchiez pas à le retrouver, je ne vous le cacherais pas. Néanmoins je tiendrais la parole que je lui ai donné et ne vous révélerait que ce point : je n'ai jamais voulus le quitter, mais il me l'a ordonné... Lorsque nous nous sommes séparés nous ne savions s'il serait encore en vie le lendemain et il est probable que la réponse soit non. Mais quoi qu'il en soit son nom restera gravé dans la pierre en Parlansia et, un jour, je suis certains que ses aventures nous parviendront ici. Vous aurez alors réponse à toutes vos questions. »

Vorondil se tortillait à présent sur son tabouret, mais n'interrompis pas le guerrier. Il était trop âgé pour les gamineries.

« S'il m'a envoyé ici c'est parce qu'il tenait à vous confier une mission. Une mission en souvenir de votre grande et éternelle amitié a t-il dit.
Lorsque Danthorïn voyagea la première fois dans le nord il vécut bien des aventures, et il vous les as comptés à son retour. Mais il a omis un détail : sa relation avec la naine BilBïn n'est pas restée sans un fruit. Neufs mois après son départ de Thornbalgard, Bilbïn a donné naissance à un enfant, un jeune nain qui fut nommé Thorbaldwin. En l'honneur de son père, d'où le Thor, et d'un de nos dieux du nord, Baldwin, le dieu Étranger. Cela veut dire « Le Thor venus de l'Étranger » en quelque sorte. Si Danthorïn a eu connaissance de cet enfant, s'il est passé plusieurs fois dans le nord pour le voir et subvenir à ses besoins, il n'a jamais été prédestiné à fonder une famille et il en était trop conscient. Il a donc préféré se tenir à distance au possible du destin de son enfant. Ce n'est qu'alors que la mort pouvait bien sonner quelques heures plus tard que Danthorïn m'a dit ces mots :
« Je voudrais que mon ami de vie, Vorondil, s'occupe de mon fils. J'ai vus une part de son avenir, et je sais qu'il viendra en Lorndor. Si Vorondil est là pour s'occuper de lui lorsqu'il viendra, alors je pourrais vivre sereinement le temps qu'il me reste. »

Je part demain pour le nord » Reprit Jolundarg. « Je veillerai alors sur l'enfant qui doit être presque un adulte à présent. S'il vient effectivement un jour en Lorndor, j'espère que vous serrez prêt à faire ainsi que Danthorïn l'a souhaité, plutôt que de vous lancer à la recherche de votre ami. »

Vorondil interrogea pendant encore plusieurs heures Jolundarg sur ce qui s'était passé ces dernières années, mais il n'obtint que peu d'éléments de réponse. Ils partirent tout deux se reposer dans leurs chambres respectives, Vorondil bien décidé à délier la langue de Jolundarg dès le lendemain matin.

Levé à l'aube, Vorondil apprit du tenancier de l'auberge que Jolundarg était partit peu après qu'ils soient montés à leurs chambres.
Il ne le reverrai jamais.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:20

Cycle troisième
Terre nouvelle



Chapitre 5 : L'héritage

Deux jours après son départ de la base du pic Daimonïn, Thorbaldwin arrivait enfin au niveau de la frontière nord du Lorndor. Les neiges éternelles ils les avait alors déjà quitté depuis un moment et c'est sur un sentier caillouteux qu'il marchait à présent, au beau milieu de plaines vertes. Parfois des zones de steppes étaient séparées de terrains boisées. La nature semblait encore maîtresse des lieux, des lieux encore tels que les dieux les avaient créés. Le ciel s'était séparé des lourds nuages blancs que le nain avait connu en montagne tout au long de sa route pour devenir de plus en plus bleu, un bleu qui était uniforme désormais.

La frontière passée et après quelques lieux en solitaire, Thorbaldwin rencontra le premier être vivant du Lorndor de sa vie. Ce fut un marchand gobelin. Il eu ainsi droit également aux premières conversations commerciales de sa vie et le gobelin accepta, après moult négociations, de le laisser s'embarquer dans la charrette marchande en direction des terres centrales du Lorndor. C'est ainsi, entre divers équipements de combat et de la volaille salée, que Thorbaldwin entra triomphalement dans la civilisation du Lorndor.

Après le voyage en compagnie du gobelin, qui lui coûta la moitié des piécettes qu'il avait pu emmener avec lui, le jeune nain ne désirait qu'une chose : rencontrer les autres espèces qui vivaient en Lorndor. C'est ainsi qu'il eu d'abord une discussion avec avec un être filiforme et assez grand qui disait appartenir au peuple des humains. Si cet individu ne se montra pas bien loquace, il pu au moins indiquer à Thorbaldwin une taverne à proximité, où le nain se rendit immédiatement. L'auberge se nommait Montargis et elle accueillait quelques individus de races différentes. Thorbaldwin échangea ce soir là quelques mots avec un troll, mais il ne comprit pas grand chose au dialecte parlé par celui-ci. Il recontra deux elfes au bord de la cheminée avant de sympathiser avec un nouvel humain. Finalement Thorbaldwin s'incrusta dans un petit groupe de gnomes. Il parla même un court moment avec un orc lorsqu'il chercha des boissons pour le groupe au comptoir. C'est finalement lorsqu'il remarqua un nain dans le fond de la salle que la situation dérapa légèrement.
Le nain, un nain d'allure sombre, à l'image de la couleur qui prédominait sur sa tunique, se montra aussi peu enclin à lui accorder de l'attention qu'à donner réponse à ses interrogations. Finalement Thorbaldwin décida qu'il lui valait mieux rejoindre sa chambre où il dormit assez peu paisiblement, pensant à toutes les choses qu'il avait vu et tout ce qu'il verrait encore le lendemain. Et également gêné par quelques insectes dans sa literie.

Réveillé de bonne heure, à l'aube, Thorbaldwin enfila rapidement ses habits de fortune et rejoint la salle principale de l'auberge. La salle était plutôt vide à cette heure, il n'y avait guère que quelques poivrots humains qui ronflaient encore sur un banc, dans un coin sombre de la salle à manger. Après s'être fait servir un bout de pain et une cruche d'eau, le nain demanda au responsable du bar la direction du royaume nain et, après se l'être fait indiquer, il quitta les lieux pour courir au nord. Il n'alla pas bien loin ce matin là.

Après avoir dépassé le tas de bois qui se tenait au bord du chemin, à quelques pieds de l'auberge, d'un coup, d'un seul, il sentit un lourd mal de tête l'envahir et il s'effondra. Juste avant de perdre connaissance il pu voir une cape noire, comme celle que portait le nain croisé la veille dans la taverne, s'éloigner.

La lumière l'éblouit lorsqu'il se réveilla enfin. Il était couché sur un lit de paille, comme celui dans lequel il avait dormit la veille, face à une fenêtre qu'éclairait un beau soleil au zénith. Il avait donc perdu connaissance pendant de longues heures. Voulant se redresser pour voir où il était il se rabattis immédiatement sur sa couche avec un mal flagrant au centre de son dos.


« Ne bouge pas. » Dit calmement quelqu'un à côté de lui. « Tu as de la chance d'être encore en vie. Si il avait frappé plus fort il explosait ta tête et mes modestes talents de guérisseur n'auraient rien pu faire pour toi. »
Un nain fumait calmement la pipe sur un tabouret à deux pas de sa couche. Il avait tout de l'aventurier, mais de l'aventurier confirmé avec un équipement de qualité. Sa barbe légèrement grisonnante trahissait un nombre élevé d'années, sans doutes avait-il voyagé en bien des lieux. Il le regardait, là, avec un visage serein et plutôt attendri, comme s'il le connaissait.
« Excusez moi mais, qui êtes vous ? » Articula difficilement Thorbaldwin.
« Je me nomme Vorondil, mon jeune ami. Je ne suis qu'un nain du Lorndor, un vrai nain. Je suis désolé que tu ais été exposé en tout premier à un être méprisable de notre race...
- Qui ?
- Il se nomme Rrat. C'est un " nain sombre " comme on les appelle. Ces nains n'ont plus le moindre sentiment pour leurs frères de race. S'ils ont encore des sentiments pour quelqu'un en fait. Mais il ne représentent qu'une toute petite minorité des nains du Lorndor, rassure toi. Je t'ai porté quelques soins et j'ai payé l'aubergiste pour qu'il veille à te soigner comme il faut. D'ici deux jours tu devrai être sur pied, n'essaie pas de partir d'ici là.
- Comment puis-je vous remercier ?
- Tu n'as pas à le faire, c'est à moi de m'excuser pour les actes d'un individu de mon âge et de ma race. » Le nain se leva alors. « Je dois partir malheureusement, les affaires de mon clan m'imposent de me retourner au sud. Nous nous reverront surement. Si tu a besoin de quelque chose je serai à l'auberge du Bon Odet dans une lune précisément. Remet toi bien Thorbaldwin.
- Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait, vous n'aviez pas à...
- C'est tout à fait normal pour nos frères. Porte toi bien. »
Ce n'est que bien après le départ du nain que Thorbaldwin se rendit compte que ce dernier connaissait son nom, sans qu'il ne l'ai prononcé.

Suite à cette rencontre, et après deux jours de convalescence, le jeune nain reprit la route vers le nord et les terres naines de Lorndor. Sur cette route il devait rencontrer quelques individus divers. Certains lui permirent de se restaurer, d'autres tentèrent de le détrousser. Heureusement il ne tomba plus sur un combattant d'expérience qui en veuille à sa simple existence.
Il dû toutefois courir pour échapper à la mort lorsqu'il tomba sur un Grizzli déchainé et c'est dans un arbre qu'il trouva refuge. Parallèlement à cela il mit aussi au tapis son premier adversaire en la personne d'un humain qui avait dégainé son épée devant lui pour lui prendre sa bourse. Malheureusement pour ce dernier, c'est à ce moment là qu'une décharge de mana prit Thorbaldwin. Le jeune nain pu alors observer les effets que pouvaient avoir les secousses qu'il provoquait dans le cadre d'un combat. Le pauvre voleur, lui, blessé à la jambe et sa pauvre épée broyée, s'efforça de s'enfuir. Son adversaire ne chercha pas même à le poursuivre. D'ailleurs il en eut-été incapable, tout épuisé qu'il était par l'effort de maintenir son pouvoir sous son contrôle.

Thorbaldwin rencontra plusieurs célébrités des nains, sans même en être conscient, dès son premier passage en terres naines. Il y gouta aussi ses premières bières du Lorndor. La bière il la connaissait bien chez lui, à Thornbalgard, mais qui restait un met d'avantage réservé aux nains d'âge plus avancé et on ne reviendra pas sur les expériences du jeune nain avec l'alcool du nord. En Lorndor de bien plus jeunes barbes que Thorbaldwin avaient déjà but des barriques entières en une seule et même soirée. Thorbaldwin après trois choppes, pour sa part, perdit le contrôle de son esprit et son pouvoir de terre se matérialisa pour commencer à secouer la taverne du château des nains où il se trouvait. Les mages présents, des mages nains à barbe blanche, n'eurent aucun mal à le contrôler et le priver de son afflux de mana.
Le jeune nain fut alors placé sous la responsabilité d'un nain portant un blason représentant un palais nain, de rouge et d'or, le blason des NAINS, l'un des clans nains les plus importants apprit-il. Ce sage lui apprit à maîtriser correctement sa mana et, à défaut de savoir combattre correctement car en apprenant seulement à le maîtriser, son pouvoir devint moins brut et donc un peu moins dangereux. Thorbaldwin ne fut désormais plus un danger pour son entourage.

Lorsque cet entrainement se termina, une lune s'était à peu prêt écoulée depuis son arrivée en Lorndor. Le jeune nain décida de rejoindre la taverne que son sauveur lui avait indiqué un mois auparavant pour le rencontrer et en savoir plus sur la vie d'aventurier en Lorndor, pour les nains.

Il trouva Vorondil attablé, une choppe sur sa table et la pipe dans la bouche, lors de son arrivée dans la taverne. Sans marquer la moindre surprise à son arrivée, le nain d'âge mûr lui désigna le tabouret qui lui faisait face et Thorbaldwin s'assit.
Il discutèrent de bien des sujets ce soir là, de bien des aventures qu'avait vécus Vorondil, principalement, mais le mage nain s'intéressait également beaucoup à la vie de Thorbaldwin dans le nord et à ce qu'il savait de ses origines. Pas grand chose en fait.

Le lendemain les deux nains partirent ensemble vers le sud. Vorondil enseignait au jeune nain la signification des bâtisses qui les entouraient, ce qui passionnait Thorbaldwin évidement, et comme le mage nain était également un adepte des arcanes terrestres il put apprendre à son jeune compagnon à maîtriser un peu mieux ses sorts. Thorbaldwin devint capable de créer des rochers et les propulser sur ses adversaires.
Les deux nains passèrent quelques semaines ensemble. Thorbaldwin fut reçus en invité dans les terres des Héros, le clan auquel appartenait Vorondil où il fit la connaissance d'autres combattants de ce groupement dont celle du frère elfe du vieux nain, un elfe du nom d'Illidane. C'est au sein des Héros que Thorbaldwin eu pour la première fois une vraie occasion de s'intéresser aux goûts diverses que pouvaient avoir la bière en fonction de ses origines, grâce aux variétés de bières présentes dans les caves du clan. Le jeune nain se promis de dédier un de ses carnets de voyage à ce breuvage et aux établissement qui en produisaient.
Après une petite semaine passée au sein du petit palais du clan des Héros, Thorbaldwin repartit en solitaire explorer le Lorndor à sa façon. Des manuscrits plein son sac pour retranscrire tout ce qu'il voyait. Il quitta le palais Héros avec une bourse pleine de pièces d'or qui lui permit, outre de s'équiper un peu plus correctement en s'achetant une tunique de maille, de s'acheter une monture. Cette monture, comme le lui avait conseillé Vorondil, c'est au palais des nains qu'il se rendit pour la choisir.

Dans les écuries du palais des nains se tenaient une dizaine de nains responsables de l'entretiens et de l'entrainement des griffons. Des griffons de tout âges et de tout niveau. Il y avait là quelques bébés griffons le jour où le jeune nain y entra, nés la veille et Thorbaldwin fut attendrit par leurs cris. Le miracle de la vie.
En réponse à ses questions l'instructeur général conseilla à Thorbaldwin de faire le tour de l'écurie et de voir si une bête l'intéressait plus particulièrement. C'est tout au fond, dans un coin sombre de l'écurie, que la rencontre se fit. Thorbaldwin n'en crut pas ses yeux la première fois. Le griffon qui se tenait face à lui, avait, en dehors de son teint sombre, une crinière de feu. Sa crinière était tout simplement embrasée, un feu constant qui pourtant ne se consumait pas. Lorsqu'il posa des questions à son sujet, l'instructeur le plus proche lui défendis d'en approcher.

« Cette bête là n'est pas possible à monter, pas plus plus qu'à dresser. Elle a perdu son maître il y à des années et depuis quiconque tente de la monter se brûle le derrière et voilà tout. »
Thorbaldwin annonça qu'il retournait à l'auberge, souhaitant réfléchir au griffon qu'il allait s'offrir. Le lendemain matin, cependant, il rejoint de bonne heure les écuries naines et, tandis que peu de gardiens étaient déjà présents et qu'ils ne pouvaient donc veiller à ses faits et gestes, le jeune nain s'aventura dans l'étable du fameux griffon enflammé. Le griffon était accroupi sur le sol. Lorsque le nain approcha de lui il ouvrit ses grands yeux marrons, droit sur lui, mais il ne bougea pas. Thorbaldwin, non sans une dernière hésitation, sauta alors sur le dos de l'animal et alors, rien. Les flammes dansaient sous lui, à travers lui, mais elles ne le brûlaient pas. Et le griffon lui même ne bougea pas d'un pouce.
Lorsque le jeune nain lui parla, lui dit de se lever, le griffon obéi immédiatement sans protester et se dirigea vers la porte de son étable.

Après avoir déjeuné et échangé quelques pièces d'or, Thorbaldwin s'envola sur Fire-Griffin vers les plaines du Lorndor.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:21

Chapitre 6 : La vie d'aventurier

Une semaine n'était pas passé que Thorbaldwin découvrait déjà quelque chose d'étrange. Ou une créature étrange plus exactement.
Alors qu'il voyageait aux alentours des terres elfes et trolls du Lorndor, le jeune nain eut la surprise de découvrir une étrange créature. Un être de taille importante et recouvert d'un poil sombre. Malgré sa carrure imposante, la créature était courbée, elle était comme tordue de douleur, aussi le jeune nain se sentit le devoir de lui proposer son aide et s'approcha.

Il n'avait fait que quelques pas dans sa direction quand une branche craqua sous son poids et la créature se redressa aussitôt. Elle était encore moins humaine qu'il ne l'avait pensé, en fait elle tenait d'avantage du loup que de l'humain. C'est pourtant avec une voix claire et humaine qu'elle s'adressa à lui. Une voix presque féminine.


« N'ayez pas peur, je ne vous ferai pas pas de mal » Lui dit alors la créature.

Après qu'il se soit approché elle lui expliqua qu'elle était touchée par une malédiction ancestrale qui avait, par deux fois déjà, été répandue en Lorndor. Elle était touchée de lycanthropie. Cette malédiction donnait en principe une grande force aux êtres maudits tout en leur enlevant leur caractère individuel pour le remplacer par un instinct animal.
Seulement cet état ne touchait normalement les gens que la nuit tombée, hors au moment où Thorbaldwin avait trouvé la créature le soleil était proche de son zénith ! Et cela elle même ne pouvait le lui expliquer. Ni pourquoi le loup-garou avait gardé son caractère propre au lieu de le perdre en se transformant. L'explication pouvait provenir du fait que la créature était, semble-il, la dernière de son espèce.

Toujours était-il qu'elle était à présent condamnée à errer en solitaire, rejetée de tous, ne pouvant rejoindre son peuple d'origine. Et sans savoir si, d'ailleurs, elle ne représentait pas réellement une menace : ses morsures pouvaient elles transmettre sa malédiction ? N'ayant pas été contrainte à en faire usage jusque là, elle l'ignorait.

Thorbaldwin ne pouvait pas rester sans rien faire face à ce malheur. Non seulement il avait face à lui une personne pensante qui avait besoin d'aide, mais il avait également le risque d'un fléau retirant la faculté de réfléchir, de faire de l'art et de retranscrire l'histoire ! Ce fléau devait être éradiqué !
Préférant aider la créature que chercher à la détruire, ce dont il se soupçonnait d'ailleurs d'être tout à fait incapable, Thorbaldwin lui proposa alors son aide. Le Loup-garou ne se fit pas prier.

Après avoir indiqué un trou dans le sol herbeux, un peu plus loin, le lycan expliqua au nain qu'une créature légendaire vivait plus bas. Une créature divine, disait t-on, capable de vivre et revivre à partir d'une eau sacrée. Cette créature était appelée Zioul et, bien que de toute évidence intelligente, elle était incapable de discourir ni même de quitter son antre. Privée de l'eau qui lui donnait naissance elle ne pouvait survivre.
Zioul était donc vue comme un test pour les combattants désirant s'aguerrir. Son eau était aussi vue comme une possible bénédiction pour le loup-garou. Lau, car c'était son nom, expliqua alors à Thorbaldwin que, selon ses recherches, aucun remède actuellement au point ne semblait pouvoir la guérir. L'eau sacrée qui donnait naissance à Zioul, elle, était considérée par les sages comme une sorte d'eau de jouvence, une eau qui pouvait faire revenir à l'origine. Elle pouvait donc, peut-être, lui rendre son état originel.

Thorbaldwin se dit prêt à tenter l'aventure et Lau le remercia en lui promettant un beau bijou qu'il tenait autour de son coup en récompense. Le nain sauta sans attendre dans la faille pour se retrouver dans une obscurité relative.
La faille de Zioul était au départ une simple grotte, juste éclairée par le trou par lequel il y était entré, mais après quelques pas les bords des lieux devenaient plus cadrés, pour finir par devenir de véritables murs formant une sorte de salle. Au centre de celle-ci se tenait une source étincelante de lumière, une sorte de source si bien lumineuse qu'acqueuse : une fontaine donnant une eau pleine de lumière. Et devant la fontaine il y avait une créature difforme, ayant vaguement des bras et une tête et semblant venir de la fontaine, Zioul. Devant elle, encore, se tenaient des combattants.

Il y avait là quelques nains, mais aussi un humain, un orc, un mort-vivant et deux elfes. Tous de jeunes aventuriers au vu de leurs habits, et moins chanceux que lui pour ce qui avait été des aides de la part d'aventuriers chevronnés. Si Thorbaldwin portait sur lui une maille elfique ce n'était pas le cas de ces jeunes guerriers et mages qui semblaient, pour certains, déjà à bout de force.
Sans chercher à en savoir plus, Thorbaldwin fonça sus à Zioul. Il fit reculer de quelques pieds la créature grâce à un jet de pierre surprise, avant que la créature ne remarque l'arrivée d'un nouvel adversaire, et profita de la surprise pour tirer l'un des nains qui étaient avachi devant elle vers l'arrière, afin de lui prodiguer quelques soins.
La réplique ne se fit pas attendre, Thorbaldwin s'étant détourné de la créature pour se concentrer sur un soin magique, discipline qu'il maîtrisait encore trop peu et qui lui demandait donc toute son attention, ne vit pas venir l'attaque. Zioul avait en effet riposté presque immédiatement en envoyant une sorte de bras aqueux vers lui qui frappa le jeune nain au beau milieu du dos et l'envoya bouler contre les murs.
Les autres combattants, qu'il ne connaissait pourtant pas encore, se relancèrent contre la créature pour le couvrir, tandis qu'il se relevait. L'unité était de vigueur ici.

Trois semaines allaient passer avant que Thorbaldwin ne revoit la lumière du jour.

Thorbaldwin, après des débuts difficiles, sut trouver son rythme au combat. Il passait le plus clair de son temps à soigner ses compagnons de combat, bien que préférant soigner les nains et un gnome qu'il y rencontra que de s'occuper d'autres individus dont les races lui inspirait méfiance, sinon défiance concernant le mort. Il avait lut les écrits des Héros qui décrivaient les morts-vivants comme des créatures pouvant être terribles.
Le jeune nain était toutefois aussi l'un des plus actifs en attaque parmi les combattants qui faisaient face à Zioul. Cela se vérifia avec l'expérience qu'il acquérait et qui lui permettait de combattre de plus en plus, ayant une plus grande endurance, en une seule journée.
Thorbaldwin considérait désormais Zioul comme un monstre. Le nain ne pouvait plus le considérer autrement désormais puisque nulle pensée évoluée ne semblait pouvoir en être tirée. Il avait bien tenté, au début, de récupérer de l'eau bénite à la source en tentant de faire passer le message à la créature qu'il ne lui voulait pas de mal. Sans l'intervention des autres nains, Zioul lui aurait brisé la nuque ce jour là.
Le monstre faiblissait toutefois, cela se voyait à vu d'œil désormais. Ses attaques, bien que toujours aussi fortes, se faisaient moins rapide et parfois moins précises. Les pouvoirs croissant de Thorbaldwin lui permettaient désormais de secouer le sol pendant de cours instant, et cela suffisait souvent à déboussoler Zioul. C'est finalement sur une de ses secousses que la chose arriva : la créature magique, comme d'habitude, encaissa l'attaque de magnitude, mais elle ne riposta pas. Au lieu de cela elle commença à trembler et son être perdit sa forme. Finalement elle s'effondra en une grande flaque d'eau. Le jeune nain ne se fit pas prier, il s'élança en avant, trempa un flacon dans la source d'eau divine puis courut dans l'autre sens. Sous ses pas de retour il sentit l'eau qui cherchait à se consolider, Zioul renaitrait bientôt. Il vit aussi ses compagnons se diriger vers la source. Mais il ne sut jamais qui de ces derniers avaient eu le temps de récupérer, comme lui, un flacon d'eau sacrée, car lui était déjà presque à la sortie.

Le soleil le frappa de front. Une attaque que le jeune nain accepta toutefois avec le sourire. Le temps, au dehors, était beau, un ciel presque sans nuages, un ciel de printemps. L'hiver était définitivement passé pendant qu'il combattait dans l'obscurité.
Après quelques instants pour se remettre, Thorbaldwin se mit à la recherche de Lau. Le loup n'était pas directement à la sortie du trou, comme lorsqu'il était entré, mais il le trouva néanmoins un peu plus loin, à l'écart du chemin.

Face à son regard interrogatif le nain sortit de son sac, en approchant de Lau, la fiole d'eau sacrée. Le loup-garou s'en empara presque aussitôt, son regard étincelant. Il allait enfin revivre, pouvoir retrouver la liberté de vivre où bon lui semblait, sans être traqué.
Thorbaldwin n'eut pas le temps de lui dire un mot que Lau avait déjà retiré le bouchon et levait la fiole. La créature engloutit tout son contenu en quelques instants puis rejeta la fiole vide au sol, où elle se brisa avec ce qui restait d'eau sacrée.


« Je ne sens rien... » Dit-lors Lau. « Était-ce vraiment de l'eau sacrée ? Attendez, voilà, je sens... »

Le loup-garou sortit alors un hurlement dont le nain ne l'aurait jamais cru capable. Thorbaldwin tomba à la renverse, mais Lau fit de même quelques instants plus tard. Tandis qu'il se relevait le nain le vit qui se débattait, comme possédé par un démon. Le nain voulu alors de lui lancer un sort de soin mais avant qu'il n'ai finit l'incantation, Lau avait fini de se débattre. Il ne bougeait plus.
Le jeune nain s'approcha alors et constata l'inévitable : Lau avait cessé de vivre, son âme s'en était allée. Peut-être l'eau était-elle un poison pour sa condition ? Peut-être aussi Lau avait-elle, en réalité, toujours été un loup auquel cas cette eau ne pouvait lui donner une autre forme que celle qui était son origine, l'origine de la vie donc, le néant. Jamais le nain ne le saurait, sans doutes, mais l'aventure lui ferait une histoire à compter dans ses manuscrits.
Avant de partir, Thorbaldwin remarqua quelque chose qui brillait autour de coup de la défunte créature.


« Bah, il n'en a plus usage et, après tout, je l'ai bien gagné. »

Le nain détacha l'amulette qui ceignait le coup de Lau et la glissa dans son sac, avant de se remettre sur le chemin du royaume nain. Il avait encore une longue route et Fire-Griffin devait toujours l'attendre dans l'écurie de l'auberge du Poney Fringant. D'ailleurs il n'était pas contre une petite bière.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Jeu 2 Juil - 22:22

Dans les semaines qui suivirent, Thorbaldwin voyagea à travers le Lorndor et, surtout, son centre fort animé. Avec Fire-Griffin il pouvait voyager presque autant qu'il le souhaitait. La limite de ses petits pieds s'effaçait. Le jeune nain prit comme repère les tavernes et il allait de l'une à l'autre, enrichissant en chemin ses manuscrits sur la nature des environs, sur les plantes qui l'entouraient, sur la qualité de la bière une fois la soirée arrivée, une fois attablé à l'auberge. Sa vie était-celle d'un aventurier comme un autre, au détail prêt, peut-être, qu'il passait plus de temps à écrire qu'à incanter ses sorts.

Parfois il croisait des voyageurs qui lui proposaient de faire un bout de voyage ensemble et jamais il ne refusait. Parfois ces gens lui proposaient de s'engager au service d'une cause et toujours il refusait.
Thorbaldwin n'avait qu'un désir, étudier et retranscrire ce qu'il voyait de la façon le plus neutre possible.
Ce ne fut toutefois pas possible éternellement. En particulier lorsqu'il se décida à visiter les terres aux abords des terres désolées des morts-vivants et chaotiques des orcs. D'abord il fut choqué du désordres ambiants, mais ensuite Thorbaldwin remarqua que les bâtisses étaient non seulement peu évoluée mais récentes : il n'y avait là aucune culture de la durée. En outre le nain dû lutter pour survivre face aux assauts réguliers des hommes verts ou de créatures sombres. Un jour même un tauren, perdus dans ces terres, le chargea. Encore une fois Vorondil couru à son secours et c'est en prenant appuis sur les épaules du maître nain que Thorbaldwin termina son voyage, rentra se reposer au royaume nain quelques temps.

N'étant plus guère en mesure de se déplacer seul pour les temps à venir, et moins encore capable de se battre, Thorbaldwin fut contraint de se contenter d'écumer les bibliothèques du royaume nain. Ce qui ne le gênait pas tant que cela somme toute. Lorsqu'il souhaitait se libérer l'esprit c'est dans les écuries, en compagnie de Fire-Griffin, qu'il trouvait la sérénité. C'est là qu'un jour Vorondil le rejoint. Et la réaction de son griffon les prit tous deux de court. D'abord Thorbaldwin eu peur : Fire-Griffin se précipitant sur le maître, Thorbaldwin étant conscient que lui seul pouvait approcher du griffon sans se brûler. Mais pour Vorondil la réaction fut tout autre, car il savait ce qui allait se passer.
Fire-Griffin lécha le visage de Vorondil.
Le maître nain pouvait lui aussi toucher les flammes du griffon sans se brûler, et il allait falloir qu'il s'en explique.


« Que... » Fut tout ce que Thorbaldwin put, d'abord, articuler. « Comment est-ce...
- Possible ? » Termina Vorondil, un brin de tristesse dans la voix. « Je crois qu'il est temps, à présent, pour la vérité.
- De quel vérité ? De quoi voulez vous parler maître ? » La voix de Thorbaldwin se fit un mélange d'appréhension mais aussi d'un peu de colère. Il sentait que Vorondil lui avait caché quelque chose depuis le début. Au sujet de son griffon. Il était loin toutefois de se douter de la vérité pleine et entière.
« Je veux parler de toi Thorbaldwin. Tu n'est pas simplement un jeune nain voyageur que j'ai rencontré au cours de mes voyages. . » Reprit alors le maître nain. « Tu es aussi l'héritier, le fils, de mon meilleur ami. »

La réaction ne se fit pas attendre et le jeune nain frappa le maître d'un coup de poing en plein torse avant de quitter les lieux pour rejoindre sa chambre. Ce n'est que plusieurs heures plus tard que Vorondil put réussir à lui parler à nouveau, à s'expliquer.

« Je ne pouvais te le dire tout de suite. Je voulais... Je voulais être sûr de qui tu étais. Pas seulement de ton identité de sang, mais aussi de ton caractère. Danthorïn, ton père, était un nain à part et j'avais tout à craindre d'être déçus par le fils qui m'arriverait.
- Et alors ? Je vous ai déçus ? » Lui répondis le jeune nain, avec agressivité.
« Loin de là. » répondit Vorondil. « Au contraire. Tu as hérité de la soif de connaissance de ton père comme de son côté aventureux. Tu cherche à rendre service, comme lui, au mépris de ta propre vie. Tu es admirable pour cela. Pour autant... Tu n'es pas ton père. Ta vision est différente, jamais Danthorïn n'a cherché à comprendre les chose à ta manière. Il avait une vision du monde idéal et combattait pour elle. Il fonçait au mépris du danger, tandis que toi tu semble vouloir connaître le monde et défendre ou faire ce que tu peut pour ce que tu juge beau...
- Vous préfériez la vision de Danthorïn ?
- Je partage sa vision, mais je peux être admiratif de la tienne. Elle peut permettre de mieux juger les possibilités d'avenir. La nôtre est peut-être dépassée, il est peut-être temps de réfléchir plus avant d'agir... »

Les deux nains se parlèrent longuement et, en fin de compte, Thorbaldwin en vint tout de même à vouloir en savoir plus sur cet inconnu, sur ce Danthorïn qui lui avait donné la vie. Sur la vision défendue par le maître nain Danthorïn en Lorndor et sur son devenir.

Thorbaldwin comprit que son envie de protéger l'histoire et les traditions était, finalement, très proche du but de la vie de son de son père qui avait continuellement lutté pour protéger une cause. L'alliance, une " cause" que Vorondil et son père avaient voulu aider de toute leurs forces n'était peut-être pas la plus juste. Elle n'était pas parfaite et ne pouvait suffire au monde. Mais l'alliance avait pour elle de ne pas renier le passé, de vire avec lui et pour la mémoire des anciens, alors que les destructeurs qui lui font face ne voient que l'avenir. Alors que ceux qui se présentent comme une nouvelle manière de vivre ne voient que le présent et les erreurs dans le passé. L'alliance pouvait bien être le lien le plus évident entre la pensée du père et du fils.

L'alliance des jours de Thorbaldwin est divisée et nombreux sont ceux, parmi ses anciens défenseurs, qui ont perdus de vu sa beauté. Pour lui permettre de sauvegarder la culture qui a été apportée par leurs ancêtres, le meilleur partis ne pouvait qu'être, paradoxalement, de rejoindre un groupement qui cherche à préserver le passé mais est trop jeune pour avoir dérivé. Un partis de la jeunesse de Thorbaldwin.


« Il y a un clan qui fait parler de lui ces temps-ci. » Lui compta Vorondil. « Il regroupe des idéalistes et des combattants qui désirent faire avec leur histoire. Ce clan se fait appeler Avalon, du nom d'une vieille citadelle qui les abrite... Peut-être ont-ils la voie que tu cherche ? Il est temps, pour moi même de te suivre. De suivre le voie d'une nouvelle génération, de l'accompagner. Ce serait sans doute le désir de Danthorïn d'ailleurs. » Conclut Vorondil, devant la cheminée de la salle d'arme du palais nain.

Le lendemain matin, les deux nains se mirent en route.

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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   Dim 19 Juil - 15:14

J'en ai commencé la lecture je continuerai très bientôt. Mais je poste ce message pour dire que j'aime bien le style. Je trouve qu'il est agréable tout en étant soutenu, comme l'histoire.
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MessageSujet: Re: L'héritage de Danthorïn   

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